Rapport de Venet, papiers de Barthélemyypréciiés
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Trévoux et, après avoir rié traqués dans les marais des Dornbes, gagner la Suisse, l/adjudant-général de Champreux fut assez heureux pour y parvenir et pour rejoindre l'armée de Condé, où il avait déjà servi '. Le lieutenantcolonel Révérony avait pu s'échapper aussi et gag:ner Zurich, où il devint Tun des directeurs d'une importante fabrique de soierie - en attendant qu'il pût rentrer à Lyon et donner h Tarmée franc^aise, h la veille de Tinvasion, son fils, qui lit bravement la campagne de 1813 et de 1814 dans un régiment de gardes d'honneur -^
Précy revit bientôt un véritable revenant, son neveu Cudel de Montcolon. Certains historiens ont décrit d'après la tradition et en termes fort émouvants, son exécution... La tradition s'est trompée, Montcolon a été condamné mais a certainement pu s'évader. Son dossier au ministère de la guerre à la date de 1815 ne laisse aucune hésitation à ce sujet'*.
Comment échappa-t-il h l'hécatombe? Peut-être pen-
\. Il prit part aux complots royalistes <lu Midi et fut eujprisonm* à Marseille.
2. Ortifirat du hourj^niestre, 18 aoûl. C.onimunicalion de la famille (î ranger- Ii«'Vt'rony.
3. Certificat du colonel Houville. constatant « que Joseph llévérony a servi au 4* régiment «le gardes dlionneur avec bravoure et dévouement » (dossier Uévérony).
4. Le dossier en (fuestion ne porte pas mention du siège de Lyon, ce qui n'a rien de surprenant, la raison en est que l'insurrection lyonnaise n'eut jamais un caractèn* royaliste, et beaucoup iroflîciers appartenant à celte o]»ini«>n ne firent pas mentionner leur coopération h la défense de la ville.
Les contrôles de l'armée de Condé disent (pie Montcolon, émigré en 1791, avait fait la campagne de 1702 à la compagnie des anciens officiers du régiment de Penthièvre, par consé(|uent ii l'armée du duc de Bourbon, et qu'il n joinf Inrnnu' r/r Cotxh^ \v. \\ août 1701.
Ses états «le service le portent, il est vrai, comme appartenant à l'armée de Coudé de 1792 à 17!>.">. et ne mentioiment ]>as son congé mais déclarent <pie. de noii à 1800, // a confinité srs sririres jnf's de Sun oitcle^ le ctnnte de Prt'ci/. Nous n'avons i)as trouvé sur les contrôles de l'armée d'autre Cudel de Mont<'olon. Le jugement de la commission militaire relate son prénom de Claujle et son âge vingt-quatre ans. 11 s'appelait en etfet Claude-Gilbert- .Marie r.udel de Montcolon et était né le \\ juillet 176Î). ce qui lui faisait bien l'Age de vingt-quatre ans. Tout concorde donc.
La Restauration lui donna la croix de Saint-Louis 'décret du 27 dé-
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dant le trajet de la prison au champ d'exécution. Grùce à la foule toujours bien disposée pour la jeunesse et le courage, peut être en achelant un geôlier qui substitua un autre condamné h Tancien sous-lieutenant du régiment de Penthièvre. Précy avait obligé beaucoup de Lyonnais, les rapports des agents de la Convention en font foi, pourquoi son neveu n'en aurait-il pas bénéficié?
Plus lard d'ailleurs quiand les exécutions se firent en masse, quelques condamnés purent se dissimuler sous les corps des victimes. C'est ainsi que sur quatre frères, beaux jeunes gens pleins de force et d'intelligence, les Barbier de Charly, lils de l'ancien seigneur de Vernaison ^ la fusillade en épargna un -qui eut la présence d'esprit de rester caché sous les cadavres de ses infortunés compagnons. Le soir venu, il put se dégager et gagner la campagne.
Le capitaine Volet, qui combattait à la Croix-Rousse sous les ordres de Grandval et de Virieu, put s'évader pendant le trajet de la prison de Roanne aux Brotteaux et plus tard se réfugier en Savoie et en Suisse. Le capitaine Baraillon, de l'ancienne armée, fut sauvé par un de ses anciens soldats devenu officier lui-môme. D'autres s'évadèrent en creusant une ouverture dans une des caves de l'hôtel commun, l'un d'eux, Gabriel, ancien secrétaire du département passa la nuit en plein hiver dans les marais de Perrache. Quelque temps auparavant, l'ancien maire de Mâcon, M. Merle, qui avait échappé comme M. de Charly aux pelotons de fusilleurs, fut rejoint par
ceinbre 1X14; el le brevet «le capitaine honoraire et sans solde (lettre du 21 janvier 1815).
Cette double récompense n'avait certes rien d'exagéré.
1. Conseiller secrétaire du Roi près la cour des Monnaies de Lyon.
2. Louis Barbier dr Charly, né le 4 décembre 1768, qui vécut justiu'en 1835. Il adressa une requête au roi Louis XVIII, pour obtenir un emploi dans les fondions publiques, en compensation de la perte totale de sa fortune séquestrée et vendue naliunalement, et rappela l'exécution de ses trois frères et la mort à laquelle il n'avait échappé que par un hasard providentiel. [Communication de M. le comte de Deaufranchet.)
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une patrouille de dragons et massacré à coups de sabre. Plus heureux furent Madinier Tancien commandant de la garde nationale, Fleur de Lys, Taide de camp de Précy, Larderot ' , Boulard de Gatelier, Dugas des Varennes, Hervier de Romans, Camille Jordan, Rusaud, Richard, qui tous s'étaient distingués pendant le siège et que Ton rechercha activement après leur évasion. Presque tous se cachaient dans les montagnes du Forez ou du Bugey.
Parmi ceux qui s'échappèrent, il convient aussi de citer le fils du marquis de Poncins, Tofficier forézion tué le 29 septembre. Grâce à un avertissement inespéré donné par une femme du peuple, M. de Poncins, bien jeune-, il avait seize ans, put éviter une arrestation imminente et sortir de Lyon. Il devait un jour retracer de la façon la plus émouvante la périlleuse campagne à laquelle il avait pris part.
Que d'évasions mouvementées apprit le général de Précv sur ce sol de la Suisse où il était arrivé le dernier des défenseurs de Lyon. 11 y retrouva encore l'un des administrateurs de la ville, Jérôme-Joseph de Momigny • qui s'était caché longtemps chez des paysans des environs de Rourg et le vieux liiiigenne amputé et gutTi*.
Un jeune homme qui avait vaillamiuent combattu sous
1. M. Larderet de Foiitaiiès. lils du (l«';fcnseur de Lyon, existe encore et a conservé le souvenir très précis des récits de son père sjir plusieurs incidents du siège.
2. I^e fils cadet du marquis de Poncins, le comte Léon de Poncins. a publié entre autres études remar()uab!es. les (\ihirrs île 8!) im les rrais jH'itici/if's Hhènnij\ m'i se trouvent mai,nslralement condensés les va'ux <|u"ont formulés alors les bons Krançais. De nombreuses pièces justificative>, annexées, pour la plupart inédites, augmentent encore l'intérêt de ce beau livre. 'I^aris, Picard. 1887, 2* edit.
'^. Sous TRuipire. .M. de .Momigny assistait à Paris au mariage d'un de ses fils, à l'église Saint-Kustat:he. .\u moment de la bénédiction nuptiale, il reconnaît dans le prêtre qui ofliciait. curé de la paroisse, son ancien compagnon du siège <le Lyon, échappé providentiellement à la morl.u son corps avait été retrouvé dans un monceau de cadavres, et il n'avait du la vie qu'à la générosité de deux dames charitables (jui, le cachant, avaient soigné ses graves blessures. •> finnniufiicnfion de M.E. de Momif/n;/.)
4. La Hestauratinn le fit chevalier de la Légion d'honneur (Perenon, p.i2 . (iingenne figure |tar erreur sur plusieurs listes d'exécution.
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les ordres de Précy, M. Vincent de Vaugelas ' avait été dénoncé, arrêté et emprisonné dans une maison particulière, faute de place dans les prisons. Malgré la surveillance des geôliers, ses compagnons touchés par son âge, dix-sept ans, et par son courage, entreprirent de le faire évader. On l'enferma muni d'un couteau dans un matelas et on le jeta dans une voiture placée devant la maison. M. de Vaugelas put sortir de Lyon, gagner le Vivarais, émigrer et servir à l'armée deCondé'-*. Son père et son oncle, M. de Marniolas, périrent sur l'échafaud.
Un de ses cousins, Jacques Vincent de Saint- Bonnet, âgé de vingt-deux ans, put échapper aussi, en gagnant le midi par étapes, mais, ramené à Lyon, il fut incorporé dans l'armée des Alpes ^ Beaucoup de jeunes Lyonnais trouvèrent un refuge dans les rangs de l'armée qu'ils avaient combattue mais qui, de l'autre côté de la frontière, redevenait pour eux l'armée de la France.
Les blancs étendards de l'armée de Condé attirèrent la plupart des soldats de Précy : d'Assier de la Chassagne, Carton de Gramont, Duguet, Giraud des KcheroUes, fils du général. « Plus de 300 des réchappes, dit haineusement le policier de la Convention h Lausanne, ont déjà été répartis dans la troupe. On leur a refusé de former un corps à part, sans doute pour mieux s'assurer de leurs sentiments et les surveiller plus aisément '*. »
Là revenait aussi un officier qui portait un des noms les plus honorés de l'ancien corps royal de l'artillerie, Texcapitaine Claude du Teil, qui avait contribué, sous la direction des colonels de Chénelelte et de Maubou, à l'armement et à la défense des redoutes de Saint-lrénée, Trion, Saint-Just et Sainte-Foy. II avait eu la douleur