‹ Contre la terreurChapitre 43 sur 400 · Procès-verbal des sections · texte numérisé non relu

Procès-verbal des sections

VOUS proposons de faire une suspension d'armes jusqu'à demain, jour auquel nous espérons que nous nous embrasserons tous.

Les citoyens membres du district et du département^^

Thonion, Maillau, Bertrand, maire, AcHARD, Bertachon, Bourbon, procurcur-syndic.

« Si vous voulez nous rendre les représentants du peuple et autres prisonniers, qui vous ont porté des paroles de paix, nous vous rendrons tous ceux que nous avons faits.

Thonion, Pipon.

Les membres du Département qui, sauf un seul, siégeaient à FArsenal, durent éprouver quelque étonnement de voir ainsi usurper leur adhésion. Toutefois ils ne rédigèrent aucune protestation écrite, se bornant à communiquer la pièce en question aux deux représentants qui ne les quittaient plus. Les commissaires des sections n'imitèrent pas cet excès de réserve et répondirent :

Citoyens,

Notre réponse à votre lettre consiste dans l'arrêté des corps administratifs supérieurs réunis aux représentants du peuple, nous vous invitons et requérons au besoin de vous conformer à cet arrêté, de cesser sur le champ toutes fonctions et de renvoyer une force qui n'aurait jamais dû être requise contre les citoyens, elle ne sera pas inquiétée dans sa retraite.

Les citoyens représentants du peuple sont libres au milieu des administrateurs du département et du district réunis ; nous requérons que leurs secrétaires soient à Tinstant renvoyés

1. Nous donnons le texte môiiio de la pièce qui est au dossier du Comité de Salut public aux Archinw nntiounles (AFi», 330-344.43;'. Sur la copie reproduite par Morin, dans son Hislttin' de Li/nn depuis la Hémlutinn (t. II, p. 539), il y a, avant les signatures : « Les citoyens membres du département du district et de la municipalité. »

auprès d'eux conformément à leurs arrêtés. Nous requérons également que vous exécutiez Tordre qui vous a été donné par les citoyens représentants du peuple pour mettre en liberté ceux que vous détenez depuis hier si illégalement et ceux que vous retenez depuis ce jour.

Les commissaires des sections réunies de la ville de Lyon *.

Cette réponse ne suffisait pas aux représentants des sections, ils voulaient une réparation plus sévère et plus efficace; ils invitèrent donc les membres de Tadrainistration du département et les représentants du peuple à ordonner « Tarrestation du Conseil général de la Commune et d'autres citoyens désignés, tous coupables d'avoir fait couler le sang des citoyens et d'autres délits mentionnés dans un acte remis aux administrateurs-». Ces derniers se décidèrent à prendre les mesures de rigueur qui leur étaient demandées et ils nommèrent Tun d'entre eux, Rozier, et le procureur syndic Martinière pour proclamer, dans les rues et sur les places de la cité, la suspension de la municipalité -^

A onze heures du soir, les deux délégués sortirent de TArsenal, entourés d'un grand nombre de citoyens, dont plusieurs portaient des torches, escortés par la gendarmerie et précédés d'un trompette^. Sur leur passage, les fenêtres s'illuminaient, les habitants sortaient des maisons, les acclamations retentissaient. On criait : Vivent nos frères de Lyon! Vivent les sections ! Vivent les administrateurs du département !

Lorsque l'administrateur et le procureur-syndic arrivèrent sur la place des Terreaux, ils furent reçus par Madinier et ses ofliciers. L'humblo ouvrier en drap était

\ . Prncès-verhal des fterlions.

>. Ihifi.

3. Prncès-verhanr des conseils ffénôiaux du déparlement et des districts.

Page 1