Balleyclier^ Histoire du peuple de Ly>n, 1. 1, p
2. BaUeydier, Histoire du peuple de Lyon, l. I, p. 211. — Cf. Morin, Histoire de Lyon depuis la HévoluHnn, I. II, p. oil-o43.
50 l'insurrection de LYON EN 1793
Après avoir prononcé la suspension, Tam^té décidait que les présidents et secrétaires de chacune des sections de Lyon exerceraient provisoirement et par intérim les fonctions du Conseil général de la commune de Lyon. Le président arrêté devait être envoyé par un courrier extraordinaire, tant à la Convention nationale qu'au conseil exécutif*.
Les membres de la municipalité et leurs partisans furent très impressionnés*. Aussi le Conseil général de la Commune, cherchant à obtenir une dernière concession, envoya-t-il vers deux heures du matin à TArsenal où les délégués des sections siégeaient en permanence, un membre du Comité du Salut public, nommé Thonion. Celui-ci déclara que ses collègues et lui étaient disposés à reconnaître l'autorité des sections s'ils en recevaient Tordre des représentants et si ces représentants affirmaient qu'ils étaient réellement en liberté.
En même temps, deux officiers municipaux de Caluire et le commandant du bataillon de cette commune venaient annoncer que ce bataillon, empressé de venir au secours des citoyens de Lyon, attendait à la porte de la Croix. Rousse Tordre d'entrer. Il lui était aussitôt enjoint de se mettre à la disposition du commandant général Madinier.
Nioche etOauthier ne virent pas le messager de THotel de Ville, mais, informés de sa mission, ils lui firent remettre les instructions qui suivent :
La véritable situation de Lyon nous est connue ; il n'y a pas à ditîérer de vous rendre à la décision du Conseil général du déparlement, portant suspension du Conseil général de la commune et du Comité de salut public. Si vous différez, vous vous rendez responsable des événements... nous sommes libres et
1. Morin, Hisfoirc dr Li/nn depuis la Hfh'ttlufion, t. II. p. "43.
2. Un membre du Comité des sections avait eu ladaufrereuse mission de remettre rette sommation. 11 courut les plus grands dangers, d'après ce (juil déclara en rendant compte de sa mission an Comité, lorsqu'il revint à une heure du malin. (!*roc('s-r(*rhaft.r des antseils (jéuéranx du départeffieut et des disfrir/s.)
nous le serons partout, I/ordre sera donné par le Conseil général du département, de protéger voire vie et vos propriétés, si vous obéissez. 11 attend votre réponse définitive. I^es moments sont pressants. Profitez-en. Les malheurs sont déjà trop considérables. Ils deviendraient encore plus affreux, par la grande masse de forces qui vous entoure et qui augmente par renvoi des districts et des campagnes voisines *.
Los deux représentants n'hésitaient pas à contresigner encore un arrêté des corps administratifs, ordonnant au commandant d'un bataillon dévoué à la municipalité qui occupait le magasin à poudre « de se retirer sous les ordres du commandant général provisoire et de céder ce poste au commandant du bataillon de Vaise, requis pour en prendre possession- », ce qui se fit sans la moindre résistance.
A trois heures du malin, Thonion rentra tristement à l'Hôtel de Ville. Lorsqu'il était parti, les bataillons Jacobins de la Côle, de Sainl-f^aul, de Pierrescize, de Saint- Georges, de la place (Confort, de rHùtol-Dieu, du Rhône, de Belle-Cordière, de Bonne-Rencontre, de la rue Thomassin, de Saint-Vincent, de la rue Juiverie et du Gourgiiillon-^ étaient encore représentés par des fractions considérables, soit dans l'édifice municipal, soit dans les maisons qui l'entouraient. Le bataillon du Mont Blanc restait massé sur la place. Depuis que le feu avait cessé, de nombreux gardes nationaux, du parti de la municipalité, étaient sortis des maisons où ils s'étaient embusqués et s'étaient à leur tour formés en bataille devant leurs adversaires.
Malheureusement pour la cause de la municipalité, les sectionnaires leur avaient communiqué la réquisition du Département, qui leur enjoignait de quitter leurs postes et de se retirer dans leurs domiciles particuliers. La plupart y avaient obéi et s'étaient éloignés sans que leurs
i. J. Morin, hisioiie ilf Li/on depuis la lierulufion, t. Il, p. .jt8.