J. Morin, Histoire de Lf/on, t. II, p
3. Procè.S't'erbau.r des conseils ffénërauj' du département et des (tisfricfs.
52 l'insurrection de lyon en 1793
vainqueurs cherchassent à les arrêter ou à les molester. Quelques Jacobins étaient rentrés dans THôtel de Ville, annonçant la dispersion de leurs camarades, ce qui avait achevé de démoraliser Bertrand, Duchambon et leurs compagnons.
Aussi, quand Thonion revint navré de sa mission, il n y avait plus qu'un mince cordon de sentinelles devan l la façade de l'hôtel. Il pénétra dans la salle des séances et remit au président l'écrit qui constatait l'entière soumission des deux Conventionnels. Les Jacobins qui siégeaient encore, membres ou défenseurs du Comité de Salut public, ne songèrent plus qu'à leur salut particulier... Profitant de l'obscurité, ils s'évadèrent par les issues qui ne donnaient pas sur la place des Terreaux et que les sections avaient négligé de garder. Seul un membre du district, qui répondait au singulier nom de Maccabeo, refusa de s'enfuir.
Quelques ivrognes dormaient dans les couloirs ou dans les cours. On les Oublia, ainsi que les factionnaires de la place, une vingtaine environ. Il était trois heures du matin.
Une demi-heure après, le jour parait, les bataillons sectionnaires qui ont bivouaqué se réveillent, rompent les faisceaux, s'alignent.
Le commandant général Madinier, ses chefs dîe légion, ses chefs de bataillon reforment deux colonnes. L'une se masse rue de la Cage, l'aiitre au coin de la place des Terreaux et de la place des Carmes. Madinier, à cheval, se porte devant la première colonne, il a mis le sabre à la main et montrant à ses troupes l'Hôtel de Ville, il leur dit d'une voix vibrante : « Citoyens, voici votre Capitole! Jamais combat ne fut plus légitime, jamais triomphe ne fut plus glorieusement acheté. En avant, citoyens* ! » Les tambours battent le pas de charge, les bataillons s'ébranlent. Les factionnaires jacobins s'enfuient ou rendent leurs armes '*.