CHAPITRE V
ACCUSATIONS, TEaiPORISATIOXS, PROVOCATIONS
Sur lavis mystérieux du Comité fédéraliste en formation« M. de Fréminville et quelques-uns de ses collègues restèrent à Paris ^ Les autres délégués revinrent à Lyon; les nouvelles qu*ils apportaient : la défaite de la Gironde et Tintransigeance de la Convention épurée causèrent dans la ville une vive émotion. Le piirti jacobin releva la tète: pour Tintimider* les nouvelles autorités ordonnèrent des exercices militaires '. Le 5 juin il y eut une grande revue de l artillerie et des exercices de tir au canon au champ de tir, en présence d'une afÛuence considérable de spectateurs.
l'a député ^irondiiu Birotcau, évadé de Paris, arriva à Lvon : dans si>u indii^nation à Téirard des Jacobins, il prêcha ouvertement la lutte contre la Convention, affirmant qu'une insurrection générale aurait raison de ce pouvoir despotique. Les uutorilés lyonnaises décidèrent en
l. Le séjour proloa^» de Kreiiiiaville à Paris, est luentioimé daD;» Toavrajîe de Juntf. Uuô*us-Crancif, t. L p. io^. — V. b'rvoiiQ ville. Rapport à la tùiie '/> L>/ofi, i Ui Bibliothèque uiunicipule. — V . aus;^. J. Morin. Ht»- ■Oir** te L'ion. t. Ul. p. iU.
i. tiueriot de Rué, uiaiuteau liirecleur de lartillerie a l'Arsenal, .ivait '-e«*u le ♦ juin lonlre suivant doutci-jouit la copie au.v Arv/uves du département :
- Nous, maire et ofliciers uiuuicipaux de la \iile de Lyou provisoires, :*''.jinn.ni< le ruiuuiandant du po>te de l Arseual. de laisser sortir la poudre, les b«»ulet5. les atrCils et tous les usteuMles îieeessoires pour les ••|.»reuves le 12 pteees de < aiiou du calibre de ♦ «|ui aur»,»ul lieu deuiatn 5 au caamp d'epr»'U\es leeoutuuies.
J/ '.-'lire* iepaift'ue maître.
principe qu'elles enverraient des députés dans TAin, le Jura, risère, les Bouches-du-Rhône, le Gard et la Gironde*. Fréminville, Jacquet et Peizîn furent avisés qu'ils auraient à se rendre h Marseille, Subrin et Girard devaient aller à Bordeaux.
D'instinct les Montagnards de la Convention réclamaient des mesures de rigueur contre Lyon. Dès le 5 juin, 'le haineux Marat écrivait au présidentde la Convention que la contre-révolution venait d'être proclamée h Marseille, à Lyon, à Grenoble. Les ennemis de la Nation ne s'étaient pas contentés de faire périr un grand nombre de patriotes, ils avaient jeté dans les cachots les plus zélés républicains, etc. '^. Sa lettre était renvoyée au Comité du Salut public.
A la séance du 0 juin, à la Convention, Thiriot déclarait, au nom du tout-puissant comité, que les événements avaient « les mêmes caractères que ceux de Marseille ^). Il était ensuite donné lecture d'une lettre des représentants Dubois-Crancé et Albitle, en mission à Tarmée des Alpes, annonçant « que le mouvement qui s'était fait à Lyon paraissait aux yeux des juges les plus impartiaux d'origine contre-révolutionnaire. Beaucoup de sang a déjà été répandu. Les patriotes sont assassinés ou forcés à la fuite. Des citoyens ont été massacrés au moment où ils faisaient entendre les cris de : Vive la Nation ! Vive la République! Les commissaires de la Convention nationale ont été incarcérés, l'arsenal national a été pillé. » Dubois- Crancé et Albitte ajoutaient que des mesures urgentes s'imposaient « pour empêcher cette contre-révolution de se consommer ».
Sur la proposition de Jeanbon Saint-André, la Convention rendait le décret suivant :
1. U. Wallon, la Révolution du 3 )nui et le Fédéralisme en 1793, ou la France vaincue par la Commune de Paris, Paris, Hachette, ,1880, t. 11, p. 239.
2. Moniteur, Compte rendu de la séance du 5 juin, numéro du 10 juin,