M'in!f--ur numéro du 10 juin séance du 5;iuiedi îJ juin
voit éclater aujourd'hui la môme coalition que nous avons si souvent dénoncée. » Parade sanguinaire qu'applaudissaient impudemment ses complices !
A Lyon, les administrateurs et la population reprenaient un peu de dignité et de courage, en voyant avec tristesse succomber encore quelques blessés de la journée du 29 mai et en les honorant par de solennelles obsèques. M. Cortasse de Sablonet, le maréchal de camp de l'ancienne armée, qui avait entraîné la colonne de gauche hésitante et préparé ainsi la victoire définitive', n'avait pu survivre à ses terribles blessures. Plusieurs de ses frères d'armes étaient morts aussi, malgré les soins dévoués du docteur Cartier et de ses collaborateurs. Une double cérémonie fut célébn^e le 7 juin. 11 y eut un service dans Téglise Saint-Polycarpe-, rue de la Vieille-Monnaie. L'assistance était restreinte, des mariniers du Rhône, des jardiniers de la Croix-Rousse, des commerçants de la place des Terreaux et des rues environnantes en formaient la plus grande partie. Le curé constitutionnel de là paroisse, l'abbé François Rozier, prononça un sermon belliqueux qu'il termina ainsi :
« Rappelez-vous que le salut de la Patrie, celui de cette cité, de vos femmes, de vos enfants, enfin de ce que vous avez de plus cher au monde est dans vos mains, mais que vous touchez au moment critique et décisif. »
Une autre assistance beaucoup plus nombreuse se pressait dans l'église dos Jacobins, le vieil édifice en bordure sur l'un des trois côtés de la place du Confort, devant la fontaine édifiée par Antoine-Michel Perrache-^
i. Vallès, Tancien commissaire des guerres de l'armée lyonnaise, qui a laissé sous le nom de Réflexions historiques (Paris, Maurice, 1825), d'intéressants souvenirs sur la défense de Lyon, attribue principalement la victoire du 29 mai à l'attitude et aux dispositions de M. de Sablonet, qu'il appelle par erreur M. de SahlonUres, maréchal de camp (p. 15).