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80 l'insurrection de LYON EN 1793

Celte protestation ne désarmait pas la Convention qui, par décret du 17 juin, appelait à Paris le représentant Lindet, le procureur général syndic du département de Rhône-et-Loire et celui du district de Lyon^

Trois jours après, à la séance de la ConVention, le 20 juin, les auditeurs les moins prévenus pouvaient constater un sentiment général d'hostilité contre la ville qui ne craignait pas d'affirmer son indépendance. Lindet, qui avait déjà rendu compte de sa mission au Comité de Salut public et pris ses instructions, demanda la parole et s'exprima en ces termes :

« Citoyens, dit-il, vous avez décrété que je me rendrai dans votre sein pour vous rendre compte de Tétat de la ville de Lyon, de la situation des esprits dans cette ville et les ordres de votre comité m'imposent Tobligation de garder le silence sur tout ce que j'ai vu jusqu'à ce que les fonctionnaires publics que vous avez mandés aient obéi à votre décret. Au reste, je puis assurer la Convention que si la nouvelle autorité, qui s'élève à Lyon, tient les rênes de l'administration avec fermeté, il n'y a rien à craindre pour la liberté, mais beaucoup à observer. En attendant voici le projet que je suis chargé de présenter au nom du Comité de Salut public :

« 1° La Convention nationale met sous la sauvegarde de la Loi et des autorités constituées les citoyens arrêtés à Lyon dans les derniers troubles qui y ont eu lieu ;

« 2° 11 sera sursis à toute instruction et poursuite commencées contre ces citoyens^. »

Personne ne s'y méprit, Lindet changeait d'impressions par ordre, les Jacobins de Paris voulaient entrer en lutte avec les vainqueurs du 29 mai. La proposition de Lindet fut adoptée à l'unanimité ^

A peine le vote était-il recueilli que le président do l'Assemblée donnait lecture d'une lettre que Marat adressait à la Convention :

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