‹ Contre la terreurChapitre 74 sur 400 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

3. II. V^'allon, la Révolution rfu 31 mai et le Fédéralisme en 1*293, t. II, p. 233.

assemblées représentatives, exciter la guerre civile, détruire l'unité, l'indivisibilité de la République, etc. », et pour prouver sa déférence et sa soumission à la soupçonneuse Convention, elle ajoutait :

« Mais nous voulons que ce centre de puissance existe dans toute son intégrité, qu'il ne s'élève pas autour de lui des autorités qui le dominent ; que cette assemblée représentative soit inviolable, que ses membres qui, réunis de tous les points de la République appartiennent à la Nation entière, ne soient soumis qu'à la volonté générale et qu'une fraction du peuple n'agisse pas sans cesse comme si elle faisait seule la nation entière.

« Tels sont nos principes, nous les burinerons sur le bronze; nous les soutiendrons dans nos camps et dans nos foyers; nous périrons tous plutôt que d'y être infidèles; nous en déposons l'expression franche et loyale, dans le sein de tous les amis de Tordre et des lois^ »

A cette péroraison emphatique et larmoyante succéda, le môme jour, une brève adresse du Comité de Sûreté générale de la môme Commission à toutes les autorités constituées du département et à tous les citoyens qui s'y trouvaient en résidence. Le style en est plus simple et plus fier :

« 11 n'est plus temps de délibérer. Aux armes, citoyens, aux armes! Soutenons de tous nos moyens et de tout notre courage la République Une et Indivisible, protégeons les personnes et les propriétés, faisons régner les lois et terrassons l'anarchie^?»

Rien n'était plus correct, plus constitutionnel et cependant au club des Jacobins de Paris comme à Grenoble dans l'entourage vindicatif et violent des représentants en mission, on déclara que décidément Lyon voulait la gueiTe !

Dans la séance du l"" juillet tenue à l'Hôtel de Ville, dans

!. J. Morin, Histoire de Lyon^ t. III, p.ol-o2.

2. GoDon, Bibliographie historique de Lyon, pièce 1239 : Adresse du Comité de sûreté générale de la commission populaire^ républicaine et de Salut publie du département de Rhône-et-Loire.

9i l'insurrection de LYON EN 1793

la salle publique du Conseil général, la Commission populaire, républicaine et de salut public du département du Rhône-et- Loire que, par abréviation, nous appellerons dorénavant la commission départementale^ fut saisie d'une motion de plusieurs de ses membres demandant de substituer le mot de « Représentation Nationale » à celui de la Convention ; cette motion fut rejetée. Après avoir voté des félicitations aux citoyens du Jura, de TAin et du Doubs-, qui avaient fait preuve d'une conduite ferme et courageuse, la Commission déclara que les citoyens Royer et Roselette, députés de Grenoble, étaient à Lyon, et même dans le sein de l'assemblée, mais sous la menace d'être enlevés sur des ordres arbitraires donnés par Dubois-Crancé et Albitte. Il convenait donc de mettre les citoyens Royer et Roselette sous la sauvegarde de la loyauté et de l'honneur du peuple de Rhône-et-Loire, et d'étendre cette même protection à tous ceux qui « dans le désir de veiller au maintien de la Liberté et de la République, voudraient fraterniser avec leurs amis du département-^». Sur cette affirmation, un membre de la Commission demanda que l'Assemblée se déclarât officiellement en état de résistance à l'oppression. Par prudence, la Commission départementale ajourna cette proposition et la renvoya au Comité des rapports. Cependant devant les inquiétudes évidentes de la population, il fallait prendre quelques mesures ostensibles de préservation de la cité.

Un arn'té de la municipalité, portant la date du 1" juillet, décida que 1.800 gardes nationaux, choisis à tour de rôle dans les bataillons fourniraient un service actif et seraient casernes^. La générale battit, aussitôt des gardes

\. Le conseil général de la Commune était venu déposer ses pouvoirs entre les mains de la Commission départementale.

2. Qui avaient manifesté leur réprobation de la mise hors la loi des Girondins.

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