Gonon. Bibliographie historique (te Lyon, pièce
96 l'insurrection de lyon en 1793
Sous rimpression de ce sentiment patriotique, le président de la Commission, Gilibert, écrivit au général Kellermann* que ses collègues et lui-môme offraient de déférer avec empressement, pour le service des approvisionnements, aux seules réquisitions du général en chef de l'armée des Alpes, ajoutant avec une amertume bien justifiée que les ordres de Dubois-Crancé et d'Albitte leur étaient suspects : « Us nous ont forcé de résister à l'oppression, disait le président... ils menacent en despotes, ils cherchent à allumer le flambeau de la guerre civile, nous ne pouvons ni reconnaître, ni adopter leurs projets perfides et sanguinaires -. » Après avoir protesté de sa fidélité à la République, Gilibert ajoutait : « Nous vous demandons une correspondance directe. Nous n'entendons retenir que ce qui peut être d'une nécessité absolue pour la sûreté de notre département 3. » Il terminait en renouvelant l'assurance « des sentiments des vrais républicains qui composent la Société populaire. »
Biroteau, le député des Pyrénées-Orientales, que nous avons vu assister aux obsèques du général de Sablonet et qui avait quitté mystérieusement Lyon pour travailler à l'extension de la fédération girondine, revient dans cette ville, le 3 juillet et se présente à la commission populaire, dès le lendemain^. Il s'étonne que les préparatifs de résistances ne soient pas plus avancés et s'efforce de désillusionner les incrédules et les optimistes, sachant de source certaine que les Jacobins préparent contre la ville rebelle des mesures de répression.
En effet la municipalité était avisée directement qu'un agent de Dubois-Grancé nommé Teisserre, distillateur connu '', cherchait à soulever contre elle la population dans
1. Archives historiques delà Guerre; Armée de Lyon, Gilibert à Kellermann.