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4. M. Jung, dans son ouvrage sur Dubois-Crnncé^ commet plusieurs erreurs au sujet de Précy ; il l'appelle « François Perrin », alors que i'étatmilitaire de 1789 le mentionne sous le nom dv « M. de Précy». Le futur général des Lyonnais n'était pas « arrivé péniblement lieutenant-colonrl ; gràice àla Révolution », comme le dit M. Jun^j^, puisqu'il l'était depuis nso. Sa famille était de vieille souche. A l'assemblée de la noblesse de B(Mirgogne par les Etats-Généraux, en 17X0, fi^^ure un cousin du général, le marquis de Précy, pour le baillage de Semur. (Cf. La Hocpie et Barthélémy, Catalogue des (jentilshommes de Bourgogne.)
enseigné dans le régiment de Picardie, le 20 mars 1757. Lieutenant un an après, il avait pris part aux campagnes d'Allemagne et de Corse. Nommé capitaine en 1776, il avait été promu après huit ans de grade et sur la proposition des officiers du corps, major aux chasseurs des Vosges. En décembre 1785, Précy devenait lieutenant-colonel commandant de ce corps d'élite ; il y avait maintenu une discipline sévère jusqu'aux premiers désordres occasionnés par la Révolution. Le bataillon des chasseurs des Vosges avait môme tenu quelque temps garnison à Lyon et son commandant avait été apprécié pour sa fermeté et son esprit de justice. On voit que les Lyonnais ne l'avaient pas oublié.
A la réorganisation des régiments désignés désormais par des numéros, M. de Précy fut nommé colonel du 35* régiment d'infanterie à la date du 21 octobre 1791 K Le nouveau colonel constata les progrès de Tesprit révolutionnaire dans les rangs de l'armée. L'indiscipline dominait chez les soldats, les bas-officiers et même chez quelques officiers ambitieux qui se déclaraient bruyamment partisans des idées nouvelles. Quand Précy apprit la formation d'une garde constitutionnelle du Roi, sous le commandement de M. de Cossé-Brissac, il obtint d'être affecté à la garde à pied avec son ancien grade de lieutenant-colonel-'. La dernière escorte de la monarchie fut licenciée le 20 mai 1792, mais l'ex-commandant des chasseurs des Vosges resta à Paris avec tous les officiers et une par-
1. Archives administratives de la fjuerre : états de service du sieur Perrin comte de l'réci/, attestés par le chef de bureau Nique.
2. Voici quelle était la composition de l'état-inajor de la garde constitutionnelle du roi» d'après la Revue du commissaire des guerres; MM. de Cossé-Brissac, lieutenant-général, commandant général. Garde à pied : MM. de Pontlabbé. maréchal de camp, commandant la ganle à pied, Dasilly, adjudant général : Dubois Ghanterenne, Dalenson, Gappy, colonels: I^errin-Précy, Falgueretle, Thabouret-Crespy, lieutenants-colonels de 1" classe, Montleîcun, Cadriel-Charleval. Boisdeffro, lieutenants-colonels de 2» classe, etc. Garde à cheval : De (îarsault, Bourgeois, de Margiierie» colonels, etc. On remarquera que sur cet état, pour certains nom.<; comme celui de Perrin de Précy, la particule est supprimée.
lie des gardes dans l'espoir d'être utile au Roi ^ et à la famille royale.
A la journée du 10 août, Précy et ses camarades payèrent vaillamment de leur personne, sous les ordres de M. d'Hervilly. 9 officiers et 150 gardes périrent en défendant l'entrée des Tuileries-. En quittant le château, le Roi avait remarqué le colonel et lavait salué de celte exclamation, qui était un remerciement: «Ah! fidèle Précy "^î »Alanndu combat, celui-ci, avec un détachement des grenadiers suisses, parvint à se faire jour à travers les assaillants'* et gagna les Champs-Elysées. Gi*âce à son habit de ville, il ne fut point remarqué et put s'échapper sain et sauf, ainsi que La Rochejaquelein, Charelte, Lescure, Marigny et quelques autres qui devaient, comme lui, combattre encore la Révolution.
Précy ne s'était pas attardé dans la capitale et avait regagné, à petites journées, sa province de Bourgogne et son modeste manoir, d'où il avait écrit quelques fois à ses amis de Lyon^.
Dans la soirée du 8 juillet, une délégation delà commission départementale de Rhône-et-Loire parlait en chaise de poste pour la partie de la Bourgogne désignée sous- le nom de Brionnais. C'était \h et non à Roanne, ainsi que le disait par erreur l'arrêté de la Commission, qu'habitait « le citoyen Perrin-Précy ». Les délégués ignoraient d'ailleurs le nom exact de sa résidence.
A Semur, dans la vieille petite ville qui domine au sudouest la vallée de la Loire, on les envoyait à une lieue de là, à Marcigny, une autre petite ville, où il possédait
1. Chevalier de CourceWea ^ Didionnaire historique des ffé né vaux français, t. II, p. 549.
2. Chevalier de Courceilcs, Dicliun nuire historique des fjénéraux français^ t. II, p. S.")').
3. Archives adniinistratirea du ministère de In (juerre: dossier du général de Précy. A la Restauration, le général obtintde prendreoes mots connue devise de ses armoiries.