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L'anciea officier de la garde du Roi avait une taille moyenneetrapparence robuste, les cheveux courts et frisés presque crépus, le nez droit, plutôt long, la bouche régulière et découvrant parfois desdents très blanches. Son teint basané* et ses yeux noirs au regard pénétrant donnaient à la physionomie une expression de calme et de force.
M. de Précy ouvrit lui-même la barrière qui séparait son jardin de Tallée verdoyante où s'était engagée la chaise de poste; il se découvrit et demanda quel était le motif de la visite qu'il recevait. Les délégués se présentèrent eux-mômes et Tun d'eux donna lecture de Tarrêté de la u Commission populaire, républicaine et de salut public » le nommant « commandant général de la force départementale et de sûreté de Rhône-et-Loire ».
Précy ne cacha pas son étonnement et rappela que la Révolution avait brisé son époe, faisant ainsi une douloureuse allusion à la chute de la monarchie et à la mort du Roi, ainsi qu'aux défiances que les Républicains manifesteraient à son sujet. Les délégués protestèrent et. firent appel à son dévouement pour Tordre public et la Liberté".
— « 11 s'agit, lui disent-ils, non pas de regrets stériles, mais de conduire les Lyonnais à la victoire !
— << Ou à l'échafaud! répond Précy.
-r- u A l'échafaud plutôt qu'à l'oppression ! reprit Tun des membres de la députation, aussitôt approuvé par ses collègues.
— a J'aime cette mâle résolution, dit Précy avec son sourire mélancolique, mais avez-vous bien réfléchi à toutes les conséquences d'une guerre avec la Convention qui peut disposer contre nous de tant de ressources? Avez-vous songé aux sacrifices de toute nature qu'il vous faudra faire pour soutenir une lutte inégale? Savez-vous bien ce que c'est qu'une guerre civile?
1. Ah'xandrine des Echcrollos, l'ut* f'aniUîe noble sous la Terreur^ Paris, Pion, 1892, in-18.