Balleydier, t. ï, p
— « Nous le saurons bientôt, citoyea et nous apprendrons aux tyrans de la Convention ce que peut faire un peuplequi connaît l'étendue de ses droits et de ses devoirs. Général, acceptez-vous le commandement que vous offrent des hommes libres qui préfèrent la mort à l'esclavage, Tacceptez-vous? »
M. de Précy garda quelques instants le silence, puis il répondit avec fermeté : « J'accepte ' ! »
Célibataire, vivant seul et modestement, Précy ne s attarda pas dans ses préparatifs de départ, il emporta quelques effets d'équipement militaire, son épée, ses pistolets. On a prétendu qu'il a prit aussi une cocarde blanche qui aurait été retrouvée dans ses effets personnels, après loccupation de Lyon'-'... Quoi qu'il en soit, Tancicn défenseur des Tuileries devait renoncer à arborer cet emblème de ses plus intimes convictions et porter en toute loyauté la cocarde républicaine.
11 résolut, avec une simplicité stoïque, de cacher ses regrets et ses espérances et de se donner tout entier à la mission militaire que, dans sa clairvoyance, il prévoyait grosse de déceptions et de dangers. Précy n'eut jamais d'illusion sur le succès de l'entreprise qu'on lui demandait de tenter; il accepta le commandement d'une ville insurgée contre le pouvoir central parce que la cause de cette ville était juste et la résistance légitime. Sa résidence dans la région, ses souvenirs de garnison à Lyon, ses relations de famille et d'amitié, tout l'unissait à la grande ville qui sollicitait son appui et lui confiait ses légions improvisées. C'était un honneur redoutable mais qu'un vieil officier comme lui ne se reconnaissait pas le droit de refuser.
Précy personnifiait la petite noblesse de province, modesfe et fièro dans ses manoirs souvent délabrés, mais où