L'OCCUPATION DU FOREZ
La délégation lyonnaise envoyée à Saint-Etienne sous la présidence d'un honorable négociant nommé Rousseau, député et commissaire de Rhône-et-Loire, avait requis, à la date du 8 juillet, les membres de la Commission de vérification des armes à feu de Saint-Etienne de lui délivrer une centaine de fusils de guerre et de pistolets récemment fabriqués ainsi qu'une vingtaine de pistolets anciens ^
Les armes leur furent livrées sans difficulté-, sur l'autorisation de la municipalité de Saint-Etienne, mais les Jacobins de la ville formèrent des attroupements pour s*opposer à la sortie des caisses de l'Arsenal. Le maire, M. Praire- Royet, qui jouissait do la considération publique, adressa une « réquisition d'escorte » à un détachement de cavalerie de l'ancien régiment des dragons de Lorraine, d'un elToctif de 50 hommes. Dès que les Jacobins connurent Tordre de la municipalité, ils vinrent au nombre de 1.500 à 2.000 hommes, armés de fusils et de piques, cernèrent la caserne des cavaliers, qui était l'ancien couvent des Capucins et maltraitèrent plusieurs dragons, en les traitant de (( contre-révolutionnaires ^ ».
Le maire requit en toute hâte plusieurs compagnies
1. Archives historiques de la f/uerre : Armée des Alpes, \1{)3. Le ministre de la Guerre au Comité de Salut public, 22 juillet. Dans ce document, la délectation est même qualifiée de détachement, se disant « l'armée départementale », en réalité c'était une pacifique députation.