Cl. Joachim Puy, t. XXl
l'occupation du forez 117
la gravité des circonstances, la marche fut continuée presque sans interruption, jusqu'au matin, moment où Ton atteignit Rive-de-Gier*. Les ouvriers mineurs, qui formaient la plus grande partie de la population de cette petite ville et les mariniers du Rhône accueillirent froidement cette troupe de jeunes gens bien mis, d'allure correcte^, qu'ils appelaient avec une antipathie mal déguisée : les muscadins ! Ceux-ci ne firent aucune réquisition de vivres, ils se procurèrent, individuellement et en les payant fort cher, les vivres qu'on voulut bien leur vendre -K
La marche de la colonne lyonnaise avait été signalée aux autorités de Saint-Étienne. Malgré les protestations de M. Praire-Royet, le conseil de district se déclara « indigné d'une conduite aussi illégale que vexatoire ». En réalité, ce corps administratif obéissait aux menaces des Jacobins de la ville ; aussi, pour les apaiser, décida-t-il que quatre commissaires se rendraient à Rive-de-Gier et sommeraient le commandant de la colonne de se retirer'*. Dans une seconde séance, qui se tint l'après-midi, le Conseil du district de Saint-Etienne ordonna qu'un bataillon de garde nationale serait requis pour se transporter à Saint-Chamond avec une pièce de canon, à l'eiïet de se réunir aux bataillons de cette ville et de repousser la force par la force •"*. Cependant sur l'information que la colonne lyonnaise disposait elle-même de quatre pièces d'artillerie, le Conseil se borna à l'envoi de trois parlementaires : Lesterps-Beauvais, un administrateur du district et un autre de la commune^.
Le président Rousseau et la députation de Rhône-et- Loire protestèrent à leur tour contre les soupçons de l'Administration du district et déclarèrent par écrit que le
1. La seule localité qu'on traversa fut le bourg de Krignais.
2. CI. Joachim Puv, l'Expédition des Lyonnais dans le Forez^ p. 18.