Cl. Joachim Puy, p
122 l'insurrection de lyon en 1793
lyonnaise. La Convention, mèoie de loin, leur faisait peur.
Le soir, il y eut de nombreux banquets en Thonneur des Lyonnais ; les femmes de Saint-Chamond tinrent à y figurer, « le meilleur ton y régna* », Les soldats improvisés de Tarmée lyonnaise se conduisirent avec tact et bonne éducation. Beaucoup appartenaient à d'excellentes familles de Lyon, plusieurs, qui le cachaient d'ailleurs soigneusement, avaient servi dans Tancienne armée comme officiers ou comme cadets, quelques-uns venaient de Tarmée de Condé, heureux de défendre sur le sol de la Patrie, les principes d'ordre et de paix sociale qui avaient fait la grandeur de la France. Les ouvriers de Saint-Chamond, bien que prévenus contre les Muscadins-, leur savaient gré de leur retenue et ne cachaient pas la satisfaction de voir leur ville débarrassée de la cohue bruyante aux allures de pillards qui l'avaient un moment terrorisée.
La nuit se passa sans incident, et la colonne, reformée en un seul groupe, se remit en route, dès Taube, le 12 juillet, dans la même formation qu'au départ de Rive-de-Gier et en suivant la grande rouie. L'excellent accueil des habitants de Saint-Chamond avait fortifié la confiance des Lyonnais.
Ces dispositions optimistes s'augmentèrent encore en arrivant à Tète-Noire. Les représentants y donnèrent lecture d'une communication du maire de Saint-Etienne arrivée par exprès.
M. Praire-Royet leur transmettait une lettre que lui adressait la municipalité, aux termes de laquelle la population de Saint-Etienne était à l'égard « des frères de Lyon )> dans les dispositions les plus amicales; les deux pièces de canon amenées de Saint-Etienne pour la piteuse expédition que nous connaissons étaient revenues avec celles de Saint-Chamond dans l'induslrielle cité qu'arrose le Furens. L'amour-propre des édiles stéphanois se con-