LA QUESTION DU LATIN
C'est le titre du dernier livre de M. Raoul Frarj', le plus révolutionnaire de tous les livres. Excellent, mais révolutionnaire, et parce que révolutionnaire. Son auteur demande la mort du latin; depuis Babeuf, on n'a rien écrit de plus hardi ! Prèclier l'égalité des biens, la communauté des femmes, la suppression de l'héritage et du mariage, c'est un vieil évangile, déjà usé, et les réformateurs qui s'en mêlent encore ne font preuve que d'une audace vulgaire. Réclamer deux ou trois cent mille tctes, comme feu Marat, c'est presque un lieu commun; mais demander qu'on en finisse, dans les collèges avec le latin ; exiger qu'on nous délivre une bonne fois de la langue de Cicéron et de Virgile, c'est une réforme à côté de laquelle pâlit celle de Luther; c'est la révolution des révolutions.
M. Raoul Frary, de sa meilleure encre, a esquissé un nouveau plan d'études universitaires qui est exactement le contraire de l'ancien; il entend que les langues mortes soient mortes et qu'on cesse de les appeler