‹ Contre les barbares, 1914-1915Chapitre 21 sur 34 · PENSONS A L'AVENIR · texte numérisé non relu

PENSONS A L'AVENIR

Un Allemand, le D'" Rommel, qui ne passe pas pour fou, bien qu'il le soit pour le moins autant que les Ostwald, les Lasson et autres intellectuels, a écrit que, sitôt les Français réduits en ^ esclavage, il faudrait les affaiblir par des maladies appropriées et les empêcher de se reproduire. On les remplacerait ensuite avantageusement par la solide et féconde race allemande.

(1) Depuis que cet article fut écrit, des décisions de commandants de corps d'armée, des mesures administratives, des protestations indignées dans la presse n'ont cessé de signaler le péril croissant de l'alcoolisme et son permanent scandale : blessés des hôpitaux qui retardent ainsi leur guérison; soldats de l'arrière encombrant les bistros; femmes de mobilisés en perpétuel état d'ivresse* Qu'attend-on pour prendre des mesures énergiques, des mesures de salut public?

D'abord vous vous esclaffez, et puis à la réflexion... il ne faut pas dédaigner ce que disent les fous. Ils ont d'ëtranges lueurs et, dans leur absurdité, parfois la vérité perce. Aussi bien, notre bon sens public se serait de lui-même avisé qu'à deux grands périls il faut deux grands remèdes.

Deux grands périls? Oui. Ce n'est pas l'heure de trop nous accuser de nos fautes, alors que notre peuple en armes, stoïquement, les fait oublier; mais ce serait nous mentir à nous-mêmes que de nier nos erreurs. Constatons-les pour n'y pas retomber. A quoi servirait le tragique enseignement de la guerre, si nous ne savions en profiter?

Une autre France va sortir de ce creuset géant de sang, de boue et de cendres. Une large coupure rouge sépare déjà le passé de l'avenir. Des idées nouvelles prendront leur val. Méditons les paroles du fou.

S'inspirant de la théorie américaine de rendre les criminels inaptes à engendrer une postérité goitreuse, tuberculeuse, épileptique et meurtrière, nous tenant pour si dégénérés

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