SCENE VIL
Que les chefs Protestants ne s'entendent pas sur le sens a donner a ces paroles de notre seigneur : ceci est mon corps : Ceci est mon sang. Que les grands génies protestants ont interprété ces paroles comme le font les catholiques.
Le Membre de l' Institut-Canadien. — Les protestants sont donc les seuls qui ne croient pas à la Présence réelle ?
L'Instituteur. — Les protestants qui nient la Présence réelle ne savent pas trop que croire, ni quel sens donner à ces paroles du divin Maître : " Ceci est mon corps : Ceci est mon sang : " Luther affirme que le corps de Jésus-Christ est dans le pain sans que le pain change de substance ; Zuingle et Carlstat chantent
«que le pain n'est que la représentation, l'image du corps du Fils de Dieu ; Calvin veut que Jésus-Christ soit présent dans l'Eucharistie, mais seulement au moment ou l'on reçoit l'hostie. Ainsi les chefs, les fondateurs du Protestantisme ne s'entendent pas entre eux. Les uns interprètent les paroles de Notre-Seigneur dans un sens ; les autres l'interprètent dans un autre. En sorte que l'on ne sait plus ni ce que les Protestants croient, ni ce qu'ils ne croient pas.
Le cultivateur. — C'est tellement le cas que dans les endroits où Il y a un seul ministre desservant des protestants de diverses sectes, <ce ministre présente à chacun le pain de la communion, en disant : Voulez-vous le corps de Jésus- Christ ? Recavez ce pain comme le corps de Jésus-Christ. Ne voulez-vous que le symbole, que la figure du corps de Jésus-Christ ? Eh bien ! prenez ce pain comme symbole, comme figure.
Le forgeron. — Voilà qui s'appelle être accommodant. En veuxtu ? En voilà ! Tu n'en veux pas. C'est encore pareil : il n'y en a pas !
Le menuisier. — Vraiment, les protestants ont bonnes grâces de nous reprocher de mal interpréter les paroles de Notre Seigneur, eux qui ne savent même pas s'accorder pour en donner une explication raisonnable !
L'Instituteur. — Chose remarquable ! Pendant que les fondateurs des différentes sectes protestantes donnent chacun leur interprétation des paroles de Notre-Seigneur instituant l'Eucharistie ; pendant que la multitude des réformés de toute nuance généralisent le combat de l'erreur contre la Vérité Eucharistique, nous voyons les grands génies protestants, les grands philosophes proclamer hautement que l'Eglise catholique seule interprète bien ces paroles de Jésus-Christ : " Ceci est mon corps ; ceci est mon sang.
Le Membre de l' Institut-Canadien. — Je suis curieux d'entendre ces témoignages de la science, de la Philosophie des Protestants en faveur de la Présence Réelle.
L'Instituteur. — Je vous citerai d'abord le Protestant Grotius -qui reconnaît que la croyance à la Présence Réelle est aussi ancienne que les apôtres et qui déclare en même temps que cette croyance n'aurait jamais dû être abolie.
« Je trouve, dit-il, dans toutes les Liturgies, grecques, latinesr « arabes, syriaques et autres, des prières à Dieu, afin qu'il veuille « consacrer par son Saint Esprit les dons offerts, et les faire le « corps et le sang de son Fils. J'avais donc raison de dire qu'une « coutume si ancienne et si universelle, qu'elle peut être considérée u comme venue des premiers temps, n'aurait pas dû être changée. »