VOTUM PRO PACE
De son côté, l'illustre Lord Fitz-Wïlliam, à la page 174 de ses Jjettres à Atticus, établit que la Présence Réelle est une vérité divine.
« Qu'on ne dise pas que la croyance à la Présence Réelle, diUlT « soit illusoire et fausse. Elle est certainement trop absurde en « elle-même pour qu'un homme, de son propre chef, ait osé la u présenter à d'autres hommes. Si un des Apôtres l'eût proposée à « ses collaborateurs, ils l'auraient regardé comme frappé de dé- « mence, et en auraient fait l'objet de leur risée. — Puisqu'il est imu possible qu'elle vienne des hommes, il semble donc qu'elle vienne m de Dieu et comme divine elle perd toute son absurdité, quelque « incompréhensible qu'on la suppose. »
Le forgeron. — C'est toujours beau d'entendre parler les grands génies. Ils finissent toujours par rendre hommage à la vérité.
L'Instituteur. — Enfin l'illustre Leibnitz, après avoir rapporté les fausses interprétations de ses frères les protestants, touchant la Présence Réelle, finit par déclarer que, pour lui, il croit ce que l'Eglise enseigne.
« J'arrive, dit-il dans sa Théologie, au sacrement d'Eucharistie, « qui a été l'objet des plus grands débats. Quelques-uns, raison- « nant avec trop de licence dans leurs jugements sur les divins -« mystères, et, abusant de quelques expressions de Chrysostome et *i d'Augustin et d'autres anciens, soutiennent que dans la cène du « Seigneur, le corps et le sang du Christ n'est pas réellement pré- « sent, mais qu'il est seulement représenté ou signifié ; qu'il est u aussi éloigné de nous que le ciel l'est de la terre et que tout ce « qui a la véritable nature des corps ne peut être en plusieurs u lieux. D'autres semblent convenir plus volontiers, quoique avec *i quelque ambiguité, que nous recevons réellement le corps du m Christ, mais en élevant notre esprit par la foi vers le ciel, et
<( qu'ainsi, puisque la foi est l'instrument par lequel nous recevons^ « le sacrement, les indignes ne le reçoivent pas, ce qui semble assez.- « contraire aux paroles de l'Apôtre : cependant lorsqu'on les presse « d'expliquer leur sentiment, ils en viennent à dire que l'esprit ne « s'élève au ciel pour recevoir le corps du Christ que de la même a manière que l'on dit que nous sommes à Rome ou à Constant!- « nople par la pensée ; autrement ils sont forcés d'attribuer à notre « esprit ce qu'ils refusent au corps du Christ, d'être à la fois au « ciel et sur la terre. Pour nous, nous croyons plus sûr de nous a en tenir aux paroles du Sauveur qui, ayant pris le pain et le « vin, dit : « Ceci est mon corps» et la pieuse antiquité y a tou- « jours reconnu un grand mystère au-dessus de V intelligence nu- « maine, ce qui n'aurait assurément pas lieu, si le signe était don- « né pour la chose. Et certes, des savants distingués ont depuis « peu démontré que toutes les Eglises de la terre, à l'exception de « celles que l'on appelle réformées et d'autres qui par leurs inno- « vations ont été encore plus loin que les réformés, admettent au- « jourd'hui la présenee réelle du corps du Christ ; ils l'ont, dis-je, « démontré avec tant d'évidence qu'il faut avouer ou que ce fait « est prouvé, ou qu'il ne faut plus espérer de pouvoir jamais prou- (( ver aucune assertion à l'égard des pays éloignés
« Mais la pieuse antiquité a déclaré assez ouvertement que le « pain est changé au corps du Christ et le vin en son sang, et géné « ralement les anciens reconnaissent une transubstantiation, ainsi « que les Latins (les catholiques) l'ont exprimé avec justesse, et il << a été défini que toute la substance du pain et du vin passait en « la substance du corps et du sang du Christ ; ici donc, comme « en d'autres circonstances, il faut expliquer l'Ecriture par la « tradition, que l'Eglise, chargée de ce dépôt, a transmise jusqu'à* « nous.))
Le menuisier. — Après ces témoignages des plus grands philosophes protestants en faveur de la Présence réelle, on peut se consoler des blasphèmes du prêtre apostat.