‹ Contre-poison [microforme] (volume 2)Chapitre 3 sur 15 · DRE RE À · texte numérisé non relu

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L'Instituteur—Je ne connais pas ce livre de St. Jérôme. J'admeis, pour un moment, que ce grand saint n'y parle pas de la confession, Qu'est-ce que celz prouve? Une seule chose. Que St. Jérôme n'a pas cru devoir entretenir cette personne du sacrement de pénitence,

Le menuisier.—Cela peut encore prouver que la confession “tait tellement pratiquée du temps de St. Jérôme qne ce saint «croyait inutile d'en recommander l'usage,

Le forgeron. —Surtout à une personne dévote et qui devait se confesser régulièrement. .

L’Instituteur.—-Ne voit-on pas souvent, de nos jours, des livres de lectures pieuses qui ne renferment rien sur la confession ? En

pourra-t-on conclure dans quelques années que la confession n'était pas connue de nous ?

Le Forgeron.—-Bravo !{

Le Membre de l’Institut-Canadien.— Toujours est-il qu’il vous faut convenir que St. Jérôme ne parle pas de la confession.

L'Instituteur.——Un moment, s’il vous plaît. Je dis que St, Jérôme a pu ne pas mentionner la confession dans un de ses livres, anais il l'a recommandée. I en a parlé. Lisez ses Æpitres. Vous y trouverez que « {x confession des péchés est la seconde planche après le naufrage.n

Le forgeron.—Ce qui signifie que l’apostat Chiniquy est ou un ignorant ou un imposteur.

Le menuisier.—-Et que s’il ne se confesse pas, après le ‘triste naufrage qu'il a fait, la planche Ini manquera.

L'Instituteur.--St. Jérôme ne s'est pas contenté d'affirmer que la confession est la première planche après le salut. Dans le volume quatrième des œuvres de ce grand saint, on lit à la page

. 76 : « Si le serpent infernal avait porté à quelqu'un une blessure

« cachée ; s'il lui avait insinué secrètement le venin du péché, et «que le malheureux s'obstinât à ne pas découvrir sa blessure à « son frère et à son maître, le maître qui possède des paroles de « guérison ne lur sera pas plus utile que le médecin ne l'est au « malade qui rougit de s'ouvrir à lui ; car ce qu’elle ignore, la « médecine ne le guérit pas. Les Evêques et les Prêtres sont ceux « à qui le ministère du sacrement de Pénitence est confié. Ils ont

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« les clefs du royaume des cieux et jugent en quelque façon avant « le jour du jugement, car c'est à eux que Jésus-Christ a dit, en « la personne de Pierre : Je vous donnerai les clefs du royaume « des cieux ; tout ce que vous lierez sur la terre sera lié dans le « ciel, et tout ce que vous délicrez sur la terre, sera délié dans le « ciel. »

Le forgeron.--Voyez-vous maintenant, monsieur de l’Institut, que l’apostat Chiniquy est un ignorant ou un imposteur ? Il a dit que du temps de St. Jérôme on ne se confessait pas et que ce saint ne parle pas de la confession. Or vous avez entendu ce que St Jérôme pense de la confession. Ou l’apostat Chiniquy a lu. St. Zérôme, ou il ne l’a pas lu. S'il l’a lu, il parle effrontément en disant que la confession était inconnue quand St, Jérôme vivait ; s’il ne l’a pas lu, c’est un ignorant qui parle de choses qu'il ne sait pas. Dans l’un comme dans ;’autre cas, l’apostat Chiniquy ne mérite pas qu'on l'écoute.

L'Instituteur.—-La mauvaise foi de l’apostat Chiniquy est d'autant plus frappante que St. Jérôme parle plus fréquemment de la confession.

Le Membre de l'Institut-Canadien.— Vous pourriezidone en-core citer d’autres paroles de ce saint en faveur du’ sacrement de- Pénitence ? Je vous l'avoue : j'en doute,

L'Instituteur.— Vous comprenez que je ne puis vous réeitertout St. Jérôme, mais pour vous satisfaire, je vais vous rapporter ce qu'il dit dans son commentaire sur St. Mathieu XVI. « De cette manière, dit ce grand saint, l’évêque ou le prêtre lie ow: « délie non-seulement ceux qui sont simplement innocents ou cou- « pables, mais, s'étant rendu compte, comme son divoir l'exige, « des diverses circonstances du péché, il connait quels sont ceux « dont les péchés doivent être remis ou retenus. »

Le Membre de l’Institut-Canadien.—Soit, je vois que Chiniquy s’est mépris en enseignant que la confession n'existait pas du temps de St. Jérôme. Mais il a aussi avancé qu’on ne se confessait point aux prêtres dans les trois premiers siècles. Et en cela, il a dit vrai.

Le forgeron.—Voyons, monsieur le maître d'école, parlez et

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Lo menuisier.—C'est-à-dire, réduisez-les au néant,

Le Membre de l'Institut-Canadien.—Oui, que monsieur essaie, s'il k: peut,

L'Instituteur.-—Je n'interrogerai ni St. Grégoire de Nyce, ni St. Grégoire de Naziance, ni St, Cyrille de Jérusalem, ni St. Ephrem, ni St. Athanase, qui tous ont parlé de la confession faite Ces saints ont véou dans le siècle qui a vu naître St. Jérôme, et je vous ai assez rapporté ce qu'on pensait alors du saint tribunal de la rémission des péchés.

Le cultivateur. —Oui, vous avez, il y à un instant, établi que St, Jean-Chrysostôme, St. Bazile, St. Ambroise, St. Paulin et St. Augustin, qui tous vivaient à cette époque, parlent de la confession faite aux prêtres. Ces témoignages sont plus que suffisants, surtout quand on leur ajoute celui de St. Jérome, pour prouver qu'on se confessait au quatrième et au cinquième siècle, comme on le fait de nos jours.

Le Membre de l'Institut-Canadien.—-C'est très-bien! j'avoue que la confession était en usage dans l’église au temps de St Jérome, mas je nie qu'elle le fût dans les trois siècles précédents.

L'Tnstituteur.—Saint Cyprien, évêque de Carthrge et martyrisé en 258, a écrit dans son livre de lapsis : « Que chacun confesse ses «fautes, pendant qu'il est encore en ce monde, qu'on peut rece- «voir sa confession et que la rémission qu'il obtiendra des Prèéctres peut être agréée du Seigneur.»

Le forgeron.—Ainsi, au troisième siècle, on se confessait aux Prêtres de qui on obtenait une rémission agréable au Seigneur.

L’'Icstituteur.—Origène, mort en 253, dit dans son homélie sur le Lévitique: «AS nous nous répentons de nos péchés, et «que nous les confessions non-seulement à Dieu, mais encore à «ceux qui peuvent y apporter remède, ces péchés nous seront { remvis.»

Le forgeron.—Vous voyez bien, monsieur de l’Institut, que dans le troisième siècle la confession à Dieu comme font les protestants, ne suffisait pas et qu'il fallait se confesser à ceux qui ent reçu la mission d'apporter remède à nos fautes.

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Le menuisier.—C’est-à-dire, aux Prêtres.

Le cultivateur.—Oui, aux prêtres à quiilaété dit: «les pé- «chés seront remis à ceux à qui vous les remettrez et ils seront re-. «tenus à ceux à qui vous les retiendrez.»

L’Instituteur.—Le grand Tertulien, mort en 245, a compusédeux livres: de Pænitentia et de Pudicitia dans lesquels il parle d’une manière toute spéciale de Ja confession, « Vaut-il doncmieux, dit-il dans le prernier de ves écrits, vaut-il donc mieux se: damner en cachant son péché que d'en être purifié en le déclarant...C'est aux pieds des Prêtres qu'il faut s’agenouiller et se: confe:ser.»

Le forgeron.— Que dites-vous de cela, monsieur de l’Tnstitut ? Se confessuit-on aux prêtres au troisième siècle ?

L'Instituteur.—La confession était en usage dans l’Eglise aw deuxième siècle...

Le Membre de l’Institut-Canadicen.--Chiniquy rapporte em effet, sur le témoignage du cardinal Bellarmin, que Marens con. . fessait les femmes et les entrañaait au mal.

L'Instituteur.-—-L'apostat Chiniquy a dit cela ?

Le Membre de l'Tnstitut-Canadien.—Oui, et il ajoute ‘que le cardinai Bellarmin cite ce fait pour flétrir l'institution de la confession.

L'Instituteur.— Eh bien, voyez quelle est l’insigne mauvaise: foi de l’apostat ‘'hiniquy. Savez-vous ce qu'était ce Marcus ? Un magicien. Un ennemi de l'Eglise, un excommunié.…

Le forgeron.--Un Chiniquy!

L'Instituteur.—St. Irénée parle de ce malheureux et des fem mes qu’il a séduites. f'avez-vous ce qu'il en dit ? Voici : « Les « femmes qui avaient été entraînées dans l'erreur et dans le cri- «me par l’impie magicien Marcus, retournèrent à l'Eglise et « confessèrent avec leurs autres fautes, celle-ci. » At Bellarmin cite le même fait, non pour flétrir la confession, mais pour démontrer que dans le deuxième siècle, les chrétiennes qui avaient commis quelques grands péchés, s’adressaient aux Prêtres a fin d'être réconciliées en grâce. Ce n’est pas la confession faite aux Prêtres que Bellarmin condamne, mais la ecnfession faite à l’im--

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Le forgerun.—Faut-il que l'apostat Chiniquy soit malhonnête, pour tenter d'invoquer contre la confessio’. catholique ce que Je «cardinal Bellarmin dit de la confession faite À un excommunié |

Le menuisier. —Si des femmes catholiques se confessaient aujourd’hui au mslheureux Chini;uy, à coup sûr l'Evêque de Montréal parlerait contre ces confessions. Tlles déclarerait sacrilèges. Que dirait-on de quelqu'un qui viendrait ensuite affirmer -que l'Evêque de Montréal a enseigné que Ja confession est un sa- -crilège ? C’est pouriant ce que l'apostat Chiuiquy vient de faire au cujctde Bellarmin, qui condamne ceux qui se confessent aux “apostats et non ceux qui se confessent aux Prôtres,

Le cultivateur. —J'avoue franchement que je n'aurais jamais «cru l’apostat Chiniquy assez audacieux pour dénaturer ainsi l’histoire. Le pauvre hérétique me fait l'effet d’un homme qui n’a plus la tête à lui, ou qui croit parler à un peuple d'imbéciles,

L'’Instituteur.—Au premier siècle, le Pape Saint Clément, que | Saint Pierre lui-même avait baptisé, écrit dans son Epître à St. { -Jacques :

| « Que celui qui a soin de son âme ne rougisse point de con- À «« fesser ses péchés aux prêtres afin qu'il en reçoive l'absolution. » ! Et St. Denis, consaré premier évêque d'Athènes par l'apôtre St, | Paul, reproche à Démophile d'avoir outragé un pénitent et son + ‘confesseur : « Ce pauvre homme, dit-il, était venu chercher dans { -« la confession un remède à ses muuxæ, et non-seulement tu l'as « maltraité, mais tu as même insulté le bon Prêtre qui avait eu { -« compassion de ce pénitent. » Enfin Saint Clément de Rome, ‘ -qui avait si biea connu St. Picrre, affirme que «le chef des { (apôtres enseigrait de découvrir aux prêtres jusqu'aux mauvai- À « ses pensées. »

+ Le forgeron —Eh bien, monsieur de l’Institut, qu’en ditesd'vous? Se confessait-on dans l'Église avant St. Jérôme ? Se con- 4 fessait-on du temps même des apôtres ? ,

BP Le cultivateur.—Qu’en pensez-vous, monsieur de l'Institut, % la religion sans confession aux Prêtres que prêche l'apostat Chi- “niquy, est-elle la religion des apôtres, la religion de Jésus-Christ ? Le menuisier. — N'est-ce pas, monsieur de l’Institut, que le * 4 Père Chiniquy, est ou un ignorant, ou un imposteur ?

9 Le forgeron. —Il est ignorant et imposteur tout à la fois.

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SCÈÊNE II.

QUE L'APOSTAT CHINIQUY A BLASPHÉMÉ EN DISANT QUE LA CONFESSION EST UNE INVENTION DES PRÊTRES. LA VÉRITÉ. EST QUE LA CONFESSION PRATIQUÉE, MÊMR CHEZ LES PAIENS ET LES INFIDÈLES, EST UNE INSTITUTION DE L’AN- CIENNE LOI. QUE JÉSUS-CHRIST A ÉLEVÉ LA CONFESSION A LA DIGNITÉ DE SACREMENT EN DONNANT'A SES APOTRES LE POUVOIR DE REMETTRE LES PÉCHÉS. ENFIN, QUE LES PROTESTANTS HONNÊTES SONT FORCÉS DE RECONNAÎTRE. DANS LA CONFESSION UNE INSTITUTION DU TEMPS DES APÔTRES.

Le Membre de l’Institut-Canadien.—M. l'Instituteur, je suis satisfait de vos réponses. Il me parait certain que la confession est aussi ancienne que les apôtres, et, malgré ce qu’en disent les protestants, je veux bien voir en elle une institution apostolique. | Cependant... s

L’Instituteur.— Permettez, monsieur, une observation. Vous venez de mentionner les protestants. Vous supposez qu’ils n'acceptent pas que la confession des catholiques remonte aux apôtres. Vous êtes aans l'erreur. Les protestants instruits et. honnêtes s'accordent à reconnaître que, de tout temps, les catholiques se sont confessés.……

Le Membre de l’Institut-Canadien.—-Ah ! pour le coup, c’est trop fort |

L'Instituteur.—Je vas vous en donner la preuve. Gibbon, le grand historien protestant, avoue dans son Âistoire de la décadence de l'Empire romain que : « L'homme instruit ne peut pas «résister au poids de l'évidence historique, qui établit que la « confession a été un des principaux points de la sroyance de « l'Eglise papiste, dans toute la période des quatre premiers «siècles.» LErBNiTz, MERKEL et beaucoup d’autres grands génies parmi les protestants, ont fait le même aveu. Aussi, voit-on de nos jours, les protestants, les pius riches et les plus honnêtes, revenir à la confession et la recommander comme une institution des temps apostoliques.

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