LA CONFÉDÉRATION JUGÉE PAR SES ENNEMIS
Un bon thermomôêtre pour juger des avantages de la confédération, c’est l'étude des gens qui l'opposent depuis qu'elle est devenue fait accompli. Dans x Bas-CUanada, il n'y a que deux | journaux français qui la combattent. Le Puys de Montréal , et le Journal de St. Hyacinthe. Nous ne parlons pas de | l'Union Nationale, qui n'est pas un journal, ni de son rédacteur-en-chef, qu'on ne peut décemment introduire dans une dis- | cussion sérieuse ; ce n’est qu’un petit bonhomme sans tête et sans âme, qui ne sait que crier et vociférer, pour fuire parler de lui et se vendre un prix raisonnable. Nous ne mentionnons que pour mémoire, l'Ordre de Montréal qui a naturellement | droit à nos sympathies, à cause de l'infirmité de son rédacteur et de son propriétaire ; ce n’est pas leur faute, si leur feuille n’a ni
espr‘* ni caractère, ni couleur; c’est un journal qui s’en va et qu' vche à faire oublier ses anciennes alliances de mauvais al * passer plus aisément dans le camp qui pourra le mieux
payer, lorsque le désabonnement complet se sera opéré, affaire de quelques mois. Le Pays et le Journal de St. Hyacinthe, quoiqu'encore moius respectables, ont cependant, un caractère tranché; c’est, si vous le voulez, un caractère sali, comme celui de leurs rédacteurs. On sait ce qu'ils veulent ; ils combattent la confédération ouvertement et avec ardeur et désirent vivement l’annexion ou la vente en bloc aux Etats-Unis. La nationalité canadienne française et la religion catholique sont pour eux des friperies dignes d’être jetées aux orties, comme l'ancien froc de Mr. Lusignan, dont le plus amer regret est d’avoir porté. la soutane et de devoir son éducation à la générosité du Séminaire de St. Hyacinthe. Brave garçon d'ailleurs, qui a cru devoir témoigner sa reconnaissance à la maison qui l’avait nourri charitablement du pain de l'intelligence, en se faisant le délateur de ses anciens professeurs et le valet de Dessaulles. C'est là, le rédacteur du principal organe du parti rouge.
Il a encore à la notoriété d’autres titres que nous voulions passer sous silence pour ménager sa modestie. (C’est un bravi de la plume, un bandit du journalisme, devrions-nous ajouter s’il
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était moins lâche. Il a été très vite dans le métier et si loin qu'un tribunal a récemment décidé que ga ne coûtait plus que cinq piastres pur flageller le petit Lusignan jusqu'au sang. De M. Lusignan, on pourra donc dire après sa mort, qu'il a passé en méritant et recevant des coups de cravache. Le Pays a encore pu baisser depuis Dessaulles qui, lui, se battait au moins avec des pistolets vides, et a vu son honneur cotté à $100 1!!! C'est donc une buisse de 95 par cent pour le pauvre petit, sans les soufllets. Ce que c’est que le progrès compris et pratiqué par les disciples de Dessaulles |
Le Pays et le Journal de St. Hyacinthe sont les continuateurs de l'Avenir, journal fondé en 1847, par une clique de jeunes voltairiens qui voulaient ruiner le catholicisme en Canada et annexer leur patrie aux Etats-Unis, pour être plus sûrs d’anéantir l'influence cléricule.
L'Avenir, le vremier organe de M. Dorion a publié les odieuses lignes qui suivent :
& Le règne des prêtres a commencé au riç;ae des Pharacns dans les sept (années de famine. Les prêtres s'emparèrent des biens du peuple et le ( {inrent dans l'ignorance el 11 misère afin de le dominer. Les prêtres, dans {tous les temps, ont su tirer partie de la faiblesse inhérente à notre nature { pour dominer et satisfaire leurs passions.
‘# Une république démocratique n'a pas besoin ac prêtres. Les prêtres “ de l'antiquité n'étaient pas chrétiens à la vérité, MAIS LA RELIGION « DU PRETKE NE FAIT RIEN DU TOUT A L'AFFAIRE. Le clergé, & dans le moyen-âge, avait su amener le periple à cet état de complète igno- “rance!....., Le clergé est venu à bout deffacer presque complètement toute trace de civilisation romaine:"
Le même journal qui ne voulait ni Papes, ni Prêtres à encore publié ces iüfamies :
& AUCUN DES DEGRÉS DE LA HIÉRARCHIE ECCLÉSIASTIQUE t« N'EST EXEMPT DES VICES QU'ENTRAINE L'AMOUR DU POU- « VOIR ET DES RICHESSES.
& L'histoire de la panauté pendant une suite de siècles, EST L'HISTOIRE “ DE TOUS LES CRIMES QUI DÉSHONORENT L'HIMANITÉ."
Nous pourrions contivuer à l'infini les citations ; ces deux doivent suffire pour nous prouver que dès le début, le parti rouge. était l'ennemi juré de la religion et de son clergé. Nous frémissons à la pensée que, quelques-uns de nos comp’triotes, aient pu écrire, que nous devions nous dispenser de prêtres.
Qui n’a entendu parler du notoire Dessaulles, dont les Six Lectures sur l'annexion du Canada aux Etats-Unis ont fait les délices des rouges et ont été en partie reproduites et chaudement approuvées par tous leurs organes.
Depuis qu’il est tombé du Conseil Législatif, dans un sinécure à la Cour de Police et qu'il a montré le niveau de son caractère,
dans la conspiration sans nom qui l’a fait descendre là, on ne s'00cupe plus de lui si ce n’est pour gémir sur cette ruine morale.
Mis, dans le temps, il avait la vogue dans la secte voltairienne et ses rapsodies faisaient autorité ; elles étaient d'ailleurs en conformité avec les principes du Parti. Il sera instructif de reproduire quelques lignes de ses lectures :
À la page 14 l'auteur y dit :
# Jia civilisation, cette puissance à part, dans le monde, qui a ‘tiré l'humanité de l'état de barbarie, d'ignorance et de dépra- “ dation dans lequel le christianisme lui-même n'avait pas pu ‘l'empêcher de ‘omber, ”
Ce n’est que le commencement, on ne fait qu'y insinuer liwpuissance du catholicisme.
Plus loin, il en vient à l'attaque brutale et ii fait passer le rationalisme comme élément civilisateur, bien avant le christianisme qu’il essaie de flétrir, sous ie nom d’ultramontanisme. Ce morceau mérite d’être cité ; il cadre parfaitement avec les deux extraits de L'avenir que l'on counait déjà.
‘“ Enfiñ, messieurs, dit il, la civilisation a trouvé dans le monde “ le principe de l'égalité native des hommes entre eux que le “ christianisme y avait implanté ; mais elle a vu bientôt l’ultra- ‘“ montanisme Romuin refuser d'admettre les conséquences de ce “ principe, et consacrer théoriquement et pratiquement, l'asser- ‘ vissement de l'intelligence, et conséquemment la dépendance ‘“ morale et politique de l'individu.”
“ Alors la civilisation a imprimé au monde un mouvement “ différent. Elle a protesté contre la réaction ultramontaine,et ne ‘“ pouvant l’éclairer ni la faire sortir de son immobilité systéma- “ tique, elle l’à laissée loin derrière elle et l’a, de fait, reléguée ‘“ sur le dernier plan où elle occupe aujourd'hui une position ‘“ analogue à celle üe ces poudreux et vénérables bouquins que ‘“ l'on conserve encore, pour mémoire, sur les rayons de nos bi- # bliothèques :”
À la page 15, se place une insulte au clergé canadien :
‘ En Canada seulement comme l'indépendance et conséquem- ‘“ ment la liberté politique n'existent pas enco.e, la hierarchie “ refuse de reconnaitre le äogme de la souveraineté du peuple et “ Jui a déciaré une guerre à mort.
“ Mais aussi comme il est excessivement probable que, du moment que l'heure de la liberté aura sonné, pour le pays, elle le proclamera avec force saluts et bénédictions, laissons la exhaler une mauvaise humeur qui entre peut-être, qui sait, Gans les vues de la Providence, etqui n’entravera pas d'un iota la mouche des évènements.”
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A la page 17, il s'attaque violemment et en style vulgaire à la papauté qu'il calomnie et qu'il injurie, comme lui seul possède. le secret de le faire :
‘ En Europe, messsieurs et en Europe seulement, je vois trois ‘hommes, soutenus par quelques centaines de privilégiés, tendre “ Jeur bras en avant pour faire rétrograder les générations.
‘“ Trois hommes y iuttent encore, au moyen des proscriptions, ‘“ des cachots, de l'exil, de l’échafaud, des meurtres juridiques ‘“ des trahisons aclietées, de la séquestration intellectuelle, de ‘ l'ignorance imposée aux masses, des excommunications, ana- ‘“ thèmes contre le principe fondamental, nécessaire, indéniable ‘“ de toute organisation sociale régulière.”
‘ Ces trois hommes, vous les connaissez comme moi. (C’est sa
majesté, l'Empereur d'autriche, l’infâme bourreau de la Hongrie
et de l'Italie! C’est sa majesté le Czar de toutes les Russies, l'infâme bourreau de la Hongrie, de la Pologne et de la
Cireassie ! C'est enfin leur ami et allié, le roi de Rome, le chef * visible du catholicisme. .
‘ Voilà, messieurs, les seuls représentants du despotisme dans le monde civilisé ! Voilà la glorieuse alliance que la hiérarchie Italiénne a ménagée au père commun des fidèles ! Voilà le sort qu'elle lui a fait! Voilà le résultat de la victoire remportée sur l'évangile et sur le christianisme démocratique des premiers siècles, par la sacrisiie et le capuchon inquisitorial. ‘ Ces trois hommes ne se sont maintenus politiquement jusqu'à notre époque, qu'en proscrivant la presse, qu'en dégradant le sentiment national, qu'on éteignant chez les masses humaines qu'ils oppriment, le flambeau de l'intelligence ; qu’en les séquestrant sévèrement de tout contact, moral avec les autres peuples. Ils se sont faits, chacun dans les limites de leurs états respectifs, les géoliers de la civilisation.”
Il continue sur le même ton; nous voulons citer sa dernière tirade qui finit par un appel déguisé au poignard de Mazzini et un petit soupir comprimé pour la chûte ou l'assassinat du Pape :
“ Eh bien, messieurs, s’écrie-t-il qu’elle est la qualification qui ‘ convient à un gouvernement qui considérait comme son droit, “ la proscription de la pensée, comme une de ses plus importantes ‘occupations, la saisie des enveloppes salies et chiffonnées des ‘“ voyageurs ? Heureusement pour les peuples, ce despotisme “ abject et brutal ne sera pas encore longtemps possible.”
C'était à la veille des tristes événements de 1849 ; c'était dans le temps où l'illustre Pontife se préparait à donner, où il avait même commencé à accorder des institutions libérales à son
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peuple, que le courageux L. A. Dessaulles, écrivait ees lignes qui resteront son éternelle flétrissure. Peu de temps après, le Pape fuyait devant les hordes Mazziniennes, et son ministre Rossi tombait sons les coups des libres penseurs et des affidés aux s0ciétés secrètes.
.L’ Avenir, se réjouit de ces horreurs et les approuva, et tout le parti rouge se rangéa du côté des assassins, contre la sainte victime qui priait à Gaëte pour ses bourreaux. Il y eut même, orgie des rédacteurs de l'Avenir, au restaurant Compain, pour célébrer la victoire des bourreaux auxquels le Pape n’échappa que par miracle.
Tirons le voile sur «es hontes et sur ces ignominies ; l'expiation a déjà commencé pour quelques-uns de ces malheureux rouges et elle arrivera infailliblement pour les autres. Ces crimes sont de ceux q' la colère divine ne laisse jamais impunis.
Si nous avons rappelé ce honteux passé des rouges, ce baptême sanglant qu'ils se sont eux-mêmes donné, ce n’est pas pour flageller M. Dessaulles en particulier. Pour lui, le châtiment est déjà venu ct a été complet. Sa réputation et sa fortune y ont passé ; son intelligence, qui eût pû quelque chose, s’est rétrécie en pervertissant son cœur, et aujourd'hui M. Dessaulles n'esu plus qu’un pensionné du gouvernement, qui exhale sa haine impuissante et son désespoir de n'être plus rien, à la face de ceux x qui le nourissent et le laissent faire par pitié.
Il est donc inutile de le combattre, puisqu'il suffit, que son nom soit attaché à un écrit quelconque, pour soulever la dérision et le mépris du public.
Il nous a fallu exhumer de l'oubli, ces pages néfastes, pour faire connaître l’origine et les aspirations du parti rouge. Elles constituent un témoin et un accusateur irréprochables, parce qu’elles ont reçu la sanction et l'approbation de tous les rouges marquants, et qu’elles ne sont d’ailleurs que la reproduction, sous diverses formes, des idées et des principes que propageait l’ Avenir.
Il était naturel que M. Dessaulles, après avoir insulté à la papauté, tournât ses regards vers le clergé canadien, pour essayer de le salir de sa bave Voltairienne. Il trouve défectueux et immoral l’enseignement donné par le clergé et lei administre une leçon polie dont nous donnons un échantillon à nos lecteurs :
“ Nous avons pleinement le droit de lui dire: Votre système “ne nous convient plus ; il entrave notre développement intel- “ Jectuel et industriel ; il n’est pas adopté à notre situation polid s litique ni à notre avenir national: au point de vue social, il
‘n’est pas à la hauteur de l’époque. Voilà pourquoi, nous ‘allons par nos propres moyens en créer un autre, séculariser
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“ l'enseignement, afin de nous affranchir de votre tutelle morale ; ‘“ doter une ou plusieurs universités avec les biens des jésuites ‘ qui n’ont servi jusqu'à présent qu’à exciter vos convoitises et “ dont le gouvernement responsable ne s’est servi que pour faire “ de l'intrigue.”
À la fin de sa dernière lectare, M. Dessaulles veut les institutions démocratiques pour le Bas-Canada, vû ‘* qu’elles seraient # Ta plus sûre sauvegarde de notre nationalité, comme le meilleur “ refuge contre l’intolérance religieuse.” (Lisez l’intoiérance catholique.)
Pauvre homme !
Impiété, haine du catholicisme, annexion, voilà l’essence des conquêtes demandées par les rouges. Ils n’ont pas dégénéré. Ils se sont dès leur début alliés aux fanatiques du Haut-Canada et Brown fut leur dieu.
En 1852, M. Brown disait dans le Globe, son journal :
“Le Papisme dans son essence est complètement opposé à la liberté civile.”
Dans la même année, il disait encore :
&Siles prêtres papistes, inculquaient cette doctrine, leurs revenus cesseraient. Les Messes, Vieux os, Vieilles quenilles et les Reliques seraient tout à la fois rejetées par les fidèles et le Papisme mourrait de sa propre pourriture."
Voici ce que l’on lit encore sur le ‘“ Globe” du 18 Février 1866 :
# Dans qnelques mois, on pourra voir émaner de Rome une bulle qui avec l'aide et l'assentiment de notre Gouvernement, va inonder le pays de cette population (irlandais catholiques) et nous afliger ainsi d'une plaie aussi dangereuse que les sauterelles pour la terre d'Egypte, &c, &c., &c.”
Le 7 Août 1857, Brown publiait dans son journal les paroles suivantes, que l’on dirait copiées de l'Avenir :
Une pensée absorbe et ranime le plus chétif membre du Clergé Catholique,—c'est que, tout infime qu’il soit, lui insecte venimeux se traînant dans les crevasses et les parties en ruine de l'édifice social, il est cependant un associé de cette effroyable conspiration qui, depuis des siècles et avec des succès différents, n'a cessé de travailler à miner les institutions libres et à étouffer les progrès de l'humanité.”
Canadiens-Français, et catholiques, lisez, si vous le pouvez, sans frémir, cet article du ‘ Globe ” du + Juillet 185711!
&{L'ignorance et la dégradation des prêtres offrent la partie 1a plus obscure du tableau. Sortis des derniers rangs de la pauvreté, il est notoire qu'ils sont ignorants et dégradés. L'idée de leur dégradation est même si enracinée partout, que lorsqu'un enfant est indomptable et que ses parents n'ont pû réussir à lui faire entreprendre quelque carrière honnête, ils considèrent souvent alors l'état ecclésiastique comme leur d:rnière et unique ressource,
“ Ce fait peut être consigné dans un dicton qui peut être rendu ainsi :
Est-il vicieux, ignorant, glouton comme la brute, Il ne nous reste plus que d'en faire un prêtre.
Voici maintenant ce qu’il pense des Canadiens-Français en particulier. (Globe du 10 Juin 1852):
# Le départ de quelques canadiens-français pour les Etats-Unis n'aura que peu d’efet sur toute la Province; mais, si toute cette race émigrait en corps, il en résulterait une plus grande force pour l'influence gnglaise. La vérité est que les Canadiens sont un obstacle réel pour le fonctionnement des institu ions Anglaises, &c.
Voici un renseignement précieux à récueiller et que nous tirons d’un journal bien informé et des Rapports Parlementaires. Les Rouges voulaient mettre en pratique leurs principes sur l’éducation et restreindre la sphère des Colléges :
En 1854, il fut question en Chambre d’incorporer le Collége Masson. M. Hartman proposa la motion ci-dessous :
& Que la dite corporation n'aura point le pouvoir d'acquérir ou posséder aucuns immeubles, excepté ceux qui pourront être nécessaires pour l'usage du dit College."
Cette motion mettait en suspicion l'honnéteté et l'intégrité des Directeurs du College Masson. Elle insinuait très clairement que ceux-ci pourraient acquérir des propriétés et les employer à d’autres fins qu'aux fins de l'éducation. Malgré cela, MM. Dorion, Holton ét deux ou trois de leurs suivants votèrent pour la motion, en compagnie de George Brown.
En 1856 les rouges avaient encore progressé et demandaient les Ecoles sans Dieu, ni religion. wisons la fameuse motion Papin, appuyée de Dorion et de tous ses adeptes :
‘“ Qu'il est désirable d'établir dans toute la province, un système géné- “ ral etuniforme d'éducation élémentaire gratuite et MAINTENUE EN- 4 TIÈREMENT AUX FRAIS DE L'ETAT, par le moyen d'un fonds spé- ‘“ cial qui serait crée à cet effet.
“Que pour faire fonctionner ce système d'une manière JUSTE et & AVANTAGEUSE il sera nécessaire que toutes les écoles ainsi établies, “ soient ouvertes indistinctement à tous les enfants en âge de les fréquen- “ter, SANS QU'AUCUN D'EUX SOIT EXPOSE PAR LA NATURE DE “ L'ENSEIGNEMENT QUI Y SERA DONNÉ, 4 VOIR SES C'ROYAN- « CES OU OPINIONS RELIGIEUSES VIOLENTÉES OU FROISSÉES («EN AUCUNE MANIERE”
Sans la réprobation énergique de nos Evêques et de notre clergé le parti rouge, M. Dorion en tête, nous aurait déjà, de concert avec M. Brown, imposé depuis longtemps un systéme d’écoles Communes d’où l’enseignement religieux eut été complètement banni, et nos enfants seraient devenus suisses, comme Blanchet ou impies vulgaires, comme les Fontaine du Journal de St. Hyacinthe, les Lusignan et les Dessaulles. Sûrement que nous serions bien avec des gens comme ça, pour moraliser une population et défendre la patrie !
Le parti rouge ne se contenta pas de désirer l’annexion aux Etats-Unis, comme l'un des meilleurs moyens de ruiner l'influence cléricale, et noyer la nationalité canadienne françaises; voyant que les américains retardaient beaucoup à s'emparer du pays, ils eurent recours de bonne heure à la représentation bâsée sur la population ; dès le 12 août 1852, le Pays écrivait déjà:
“LE SUFFRAGE UNIVERSEL ; LA REPRÉSENTATION BASÉE SUR LA POPULATION : l'abolition de la qualification des représentants ; le Conseil Législatif électif mais par tous les citoyens; tous les officiers ayant une autorité sur le peuple éjectifs ; tel est un échantillon des réformes véritables que nous demandons.”
Le 26 août de la même année, le même Journal disait encore :
(Le principe de la représentatim bâsée sur la population, EST JUSTE D'UNE JUSTICE ABSOLUE. Nous y tenons maintenant comme cidevant ; et nous répétons QUE LA REPRÉSENTATION N'EN EST PAS UNE, SI ELLE N’A PAS LA POPULATIUN PCUR BASE.”
Mais d’abord qu'on oublie pas que le Pays avait succédé à l'Avenir, anéanti par la banqueroute et l'opinion publique. Les mêmes hommes et les mêmes principes présidaient à l'esprit et à la rédaction du Pays, la seule différence entre l'Avenir et le Pays, c'est que ce dernier fut à son début moius rossier et moins brutale à l'égard du clergé et des principes catholiques. On voulait duper le peuple et voler sa confiance à l’aide de formules moins compromettantes. Mais l’on a vu, depuis le commencement de la guerre d'Italie (1859) que le Pays n'est toujours resté que l’Avenir; il a toujours été du côté de Mazzini et de Garibaldi. Sa guerre contre le saint évêque de Montréal, à propos de l’Institut-Canadien et la reproduction, avec éloge, et approbations, dans ses colonnes, des diatribes de Dessaulles, contre le séminaire de St. Hyacinthe et ses prêtres les plus éminents, ont complété plus que suffisamment, la preuve que ce journal, n’est que le digne continuateur de l'Avenir. Revenons à la question de la représentation bâsée sur la population.
En 1857, l'Hon. A. A. Dorion disait :
& Si l'Union actuelle doit continuer d’exister, elle ne peut exister qu'avec la représentation bâsée sur la population. Je considère que c’est le seul système juste.
“ Je préfre une union fédérale, mais après cela, JE PRÉFÉRERAIS A L'ORDRE DE CHOSES ACTUEL LA REPRÉSENTATION BASÉE SUR LA POPULATION ;— et je voterai pour cela, si après l'avoir tenté, Je ne puis obtenir l'union fédérale.”
Eû 1858, M. Dorion, dans son adresse aux électeurs de Montréal, s’exprimait ainsi:
& La discussion suggéra bientôt qu'au moyen de changements constitutionnels accompagnés de restrictions et de garanties suffisantes pour la
protection des intérèts et des institutions de chaque section de la province, ou par l'application du principe fédéral à notre système de gouvernement, il était possible de préparer une mesure qui rencontrât l’approbation du Haut et du Bas Canada, TOUT EN ADOPTANT LA POPULATION COMME BASE DE LA REPRÉSENTATION.”
L'on se rappelle que le ministère Brown-Dorion, pour se dédommager de son court passage au pouvoir, se fit donner le 4 novembre 1858, un grand banquet, à la salle publique du marché Bon-Secours, de Montréal, M. Dorion y prononça un long discours; nous allons en donner un court extrait, qui fera voir la perfidie et les vues tortueuses de cet homme d'état. Il parle de la question de la représentation basée sur la population ; on sait qu'il avait concédé cette mesure à M. Brown et voyons les ambiguités malhonnêtes dont il se sert pour avouer la chose devant le Bas-Canada :
‘ La seule difficulté réelle qui s’élevât, était donc la question de la représentation d’après la population. Habitant le Bas- Canada, lui devant toute l'influence que je puis posséder, je n'étais pas prêt à sacrifier un des justes droits de cette section ‘“ de la province. Mais depuis longtemps, je sentais toutefois, qu’il fallait en venir à un règlement de la question. Il fallait s'entendre. Les demandes du Haut-Canada devenaient de plus en plus pressantes à chaque élection et je voyais que l'opinion se faisait tellement forte que la mesure serait quelque jour emportée par l'influence du gouvernement impérial, jetée * dans la balance avec la majorité Haut-Canadienne, de manière à être injurieuse, peut-être désastreuse pour les intérêts du Bas- ‘“ Canada. Il fallait prévoir l’époque où cette mesure serait ‘imposée. Il était du devoir des Bas-Canadiens de se prémunir “ contre cet état de choses. Nous avons des institutions, une langue, une religion qui nous sont chères et nous devons veiller à leur protection. Mais, d’un autre côté, sur les questions génétales, il n’était pas à craindre que le Bas-Canada s’imposât au Haut-Canada, ni que le Haut-Canada s'imposâit au Bas- Canada, pas plus que le District de Québec n’a à appréhender “ l’influence du District de Montréal et le District de Montréal “ celle du District de Québec. Il y avait sans doute, quelques difficultés pour arriver à une solution du problême ; il y avait certains intérêts qu'il fallait protéger, certains droits qu’il fallait cousacrer par la législation; mais après avoir donné cette protection, il n'était pas malaise d’arranger une constitution. Messieurs, la question paraît plus épineuse au premier abord ‘ qu’elle ne l’est dans le fond.”
Si nous voulons faire autant de citations pour prouver la
mauvaise foi du parti rouge et qu’il a toujours été favorable à une mesure qui constituait notre ruine nationale et religieuse, c’est uniquement pour faire disparaître complètement les préjugés qu’il n’a cessé de répandre dans le peuple depuis des années.
Au reste, M. Dorion a, lui-même, reconnu avoir toujours été prêt à accorder la représentation bâsée sur la population, ou, à accepter une union fédérale entre le Haut et le Bas-Canada ou une conféderatian pure et simple. Mais sait-on aujourd’hui, pourquoi il s'oppose à la Confédération depuis 1865? Ecoutez bien, lecteurs, qui croyez encore qne M. Dorion est la pâte des hommes honnêtes et vertueux : c'est parce que la Confédération assure le triomphe des intérêts cathoiiques et conservateurs du Bas-Canada sous le régime nouveau, grâce aux nombreux conservateurs des Provinces maritimes, qui en se joignant à ceux de la Province de Québec, nous mettront toujours en état de repousser les tentatives des fanatiques du Haut-Canada ; c'est en un mot, parce que sous la confédération et dans le Parlement fédéral, l'élément conservateur sera si fort qu'il pourra rester au pouvoir, tandis que les Rouges, les Radicaux, ne pourront jamais gouverner. Ouvrez le volume qui contient les débats officiels sur la Confédération et vous y verrez cet aveu maladroit du grand chef, aux pages 253, 254, et suivantes, dans la version anglaise.
Comprenez-vous maintenant la douleur patriotique de ce bon M. Dorion, que la Confédération va empêcher de monter au pouvoir, pour y placer sa légion d’affamés, de mauvais rhéteurs et d’insulteurs publics ? Quel dommage pour le pays ? Est-ce possible que la Confédération, puisse nous enlever l'espoir du concours précieux des anciens collaborateurs de l’ Avenir et de tous les cuistres, qui noircissent de temps à autre, les colonnes du Pays, du Journal de St. Hyacinthe, de l'Union Nationale et de l'Ordre ?
M. Dorion, permettez-nous de vous le dire, vous avez fait là votre millième gaucherie. Tout le monde savait déjà que votre seule objection à une mesure que vous avez toujours appelée de tous vos vœux, n’était inspirée que par un misérable égoïsme et d’étroits préjugés. Pourquoi venir l’avouer vous-même et mettre à nu la pauvreté de votre caractère, ou la malhonnêteté de ceux qui vous poussent ?
Nous avons surabondamment démontré que les seuls adversaires de la confédération, dans le Bas-Canada, sont les rouges et le8 annexionistes, et que les seuls motifs qui en font les ennemis décidés du nouveau régime sont leur haîne du catholicisme et leur déloyauté ; ils sont, en effet, assez clairvoyants pour com-
prendre que l’ordre de choses récemment introduit consolide l’empire de la religion et éloigne à jamais tout danger d’annexion. Ils ont donné, dans le petit pamphlet rouge, la mesure de ce qu'ils peuvent en fuit de mensonges éhontés ; ils prétendent, à la page 13, que M. Dorion n’a jamais été pour la représentation bâsée sur la population, et que M. Cartier, lui, a accordé la mesure ! On vient de voir comment M. Dorion s’est oppozé aux exigences du Haut-Canada, et ce qu'il pense d’une union fédérale ou d’une confédération. Quant à M. Cartier, il n’y avait qu’un rouge des plus menteurs, et ce n’est pas peu dire, quant on sait que le mensonge est la seule arme du parti, qui pût porter contre lui une semblable accusation.
Nous avons expliqué, plus haut, la composition de notre législature locale et du parlement fédéral; nous avous vu, par les articles même de la constitution, que toutes nos institutions particulières et locales sont laissées sous notre contrôle exclusif, et que ie parlement fédéral ne pourra jamais y toucher. Les attributions du parlement fédéral se rapportent seulement aux affaires
ui sont d’un intérêt général à toutes les provinces de la confé-
ération. Dès lors, il devient impossible pour quiconque sait un peu raisonner, que jamais tentative n'y pourra être faife pour léser qui que ce soit, parce que l’auteur du mal projeté deviendrait lui-même victime comme les autres. Bien plus, dans la prévision d’empiètements certainement impossibles, il y a des garanties au sommet du nouvel édifice politique, par l'égalité introduite dans la composition du sénat, où tous projets tendant à molester quelque province particulière seraient de suite étouffés, D'ailleurs, M. Dorion s'est chargé lui-même de nous rasaurer ; et c’est lui qui nous a promis que les provinces maritimes marcheraient toujours avec nous lorsqu'il s'agirait de combattre les exigences des annexionistes d'ici et des radicaux du Haut- Canada.
En outre, cette prétendue représentation bâsée sur la population, adoptée à la chambre des communes du parlement fédéral, n’est nullement dangereuse pour nous.
La clause 51, de la constitution est admirable de sagesse et constitue pour nous une protection toujour efficace.
51. Immédiatement après le recensement de mil huit cent soixante-etonze, et après chaque autre recensement décennal, la représentation des quatre provinces sera répartie de nouveau par telle autorité, de telle manière et à dater de telle époque que pourra, de temps à autre, prescrire le parlement du Canada, d’après les règles suivantes ;
(1). Québec aura le nombre fixe de soixante-et-cinq représentants ;
(2). Il sera assigné à chacune des autres provinces un nombre de représentants proportionné au chiffre de sa population (constaté par tel recen-
sement) comme le nombre soixante-et-cinq le sera au chiffre de la population de Québec (ainsi constaté) ;
(3), En supputant le nombre des représentants d'une province, ilne sera pas tenu. compte d’une fraction n'excédant pas la moitie du nombre total nécessaire pour donner à la province droit à un représentant ; mais toute fraction excédant la moitié de ce nombre équivaudra au nombre entier ;
(4). Lors de chaque nouvelle répartition, nulle réduction n'aura lieu dans le nombre des représentants d’une province, à moins qu'il ne soit constaté par le dernier recensement que le chiffre de la population totale du Canada à l'époque de la dernière répartition du nombre des représentants de la province, n'ait décru dans la proportion d'un vingtième ou plus ;
5). Les nouvelles répartitions. n'auront d'effet qu’à compter de l’expiration du parlement alors existent.
Ecoutons sur l'importance du paragraphe deux de la clause 51, les voix autorisées des Honorables Cauchon, Galt.et Brown : ‘# Ce dispositif de la constitution à été au début, mal compris et mal interprêté. L'on se demandait pourquoi, lorsque les autres provinces pourront avancer, le Bas Canada devra rester “ stationnaire! Ecoutons d'abord M. Galt, celui, de tous les “ ministres, qui a le plus complètement expliqué et rendu la ‘ pensée de la convention de Québec dans son célèbre discours de ‘© Sherbrooke :
‘ La population devra être la bâse de la représentation dans la ‘ chambre basse, et pour empêcher une augmentation exorbitante ‘“ du nombre des députés dans cette chambre, à mesure que la populatioA accroîtra, il fut convenu que l’on ferait une bâse sur ‘ Jaquelle l’on computerait le nombre des députés ; l’on choisit le Bas-Canada. Bien que le Bas-Canada ne possédat pas la “ population la plus considérable, cependant la sienne était nombreuse, et croissait dans des proportions plus égales que celle ‘ des auircz Provinces, n’augmentant pas avssi rapidement que ‘“ celle du Haut-Canada, ni aussi lentement que celle des Provinces atlantiques. Aussi le nombre des membres de la cham- “ bre des communes, ne sera pas soumis à des variations aussi ‘irrégulières que si l’on avait pris, pour base de la computation, ‘“ la population de l’une des autres Provinces.”
‘ Cependant le ministre des finances n’a pas tout dit. Ue dispo- “ sitif est tout à l'avantage des provinces dans lesquelles les popu- “ Jations, moins nombreuses déjà, augmentent encore dans une ‘ proportion moindre. Le Globe, du reste, a parfaitement compris et parfaitement expliqué l'opération de ce paragraphe. “ Le principe de la représentation assise sur le nombre est consacré par le projet de la convention ; il y est tempéré, dans ses ‘ vonséquences, par ses conditions d'existence ; sagement com-
‘“ primé par des freins, dans son travail d'expansion et retardé “ considérablement dans ses progrès.
“ Pour bien nous faire comprendre, donnons un exemple : sup- “ posons que la constitution dise : la chambre des communes se “ composera de trois députés ; comme vous ne comptez que pour ‘un tiers dans l'ensemble de la population, vous y serez représen- ‘tés par une voix, nous, nous aurons les deux autres, parce que ‘ nous sommes les deux tiers. Ici le principe de la population ‘est parfaitement reconnu et parfaitement pratiqué ; mais la ‘ majorité contre nous ne sera que d’une voix; et en déplugaut ‘ cette seule voix, nous aurons la majorité |
‘ Maintenant, supposons un autre cas ; et disons que la re- ‘“ présentation, au lieu d'être de trois soit de trois cents députés, “ dans la chambre des communes. Notre tiers sera cent, et les ‘“ deux autres tiers deux cents. Les mêmes proportions seront ‘ parfaitement conservées avec le principe de la représentation “ bâsée sur la population, comme dans le premier cas, et cepen- “ dant, la majorité contre nous ici sera de cent ! Or l'on en con- ‘viendra facilement, il est plus facile de déplacer une voix que ‘ d’en déplacer cent,
‘# Donc tout en conservant la population pour base, on peut “ considérablement la modifier dans sa progression et l'amoindrir ‘“ dans ses effets : il est évident parce que nous venons de dire, “ que plus le chiffre autour duquel devra pivoter tout le système ‘“ sera bas, le mieux ce sera pour nous et pour les provinces atlan- “ tiques.
‘# Maintenant, laissons de côté les hypothèses et opérons sur “ Ja réalité. Le Bas-Canada ayant une population de 1,110,664 ‘“ âmes et une représentation de 65 députés, chacun de ceux-ci ‘“ représente en moyenne, 17,087 âmes. C'est la bâse adoptée “ par la convention, pour toutes les autres provinces, au point de “ départ. Si ce chiffre de 17,087, devait continuer à être la ‘“ moyenne permanente de la population pour chaque député, et ‘“ que la population totale du Bas-Canada se doublât, en trente “ans, de 1861 à 1891, celui-ci aurait une population de 2,221/.- “328 et une représentation de 130 députés.
“4 Si le Haut-Canada au bout de la même période, avait, ce qui ‘est possible, une population double de la nôtre c'est-à-dire de ‘°4,442,656, il posséderait une représentation de 260 députés, et ‘une majorité sur nous de 130.
“ Mais si au contraire le chiffre de 65, de notre représenta- ( tion demeure stationnaire, à la même époque, la moyenne de la “ population. pour chaque député, dans toute l'étendue de la con- “ rédération sera de 34,174, et le Faut-Canada aura droit à 130
‘“ députés. Ainsi done dan. - premier cas, le Haut-Canada an- “ rait sur nous une majorité de 130 voix, tandis que dans Île ‘“ second, cette majorité ne serait que 65 voix. Il est done im- “ portant, comme on le voit, que le chiffre de notre représenta- ‘{ tion reste ce qu'il est.”
Nous n'avons rien à ajouter à des explications aussi satisfaisantes.
Le Haut-Canada devra donc, pour voir augmenter le nombre de ses députés, accroître sa population dans une proportion d'à peu près les deux tiers plus vite que le Bas-Canadu ; or, la chose est impossible. Qu'on lise bien le calcul suivant et l’on s’en convaincra; bien plus, l’accroissement de la province de Québec deviendra nécessairement plus rapide.
# Ce qui a jusqu'ici constitué la supériorité du Haunt-Canada, c'est lémi- - “ gration. Depuis douze ans, pas moins de 300,000 émigrants se sont t établis en Haut-Canada, quand il en est venu à peine 4,000 en Bas- “ Canada. Mais aujourd'hui la force des choses va changer le courant de 4 l'émigration.
10. D'abord, ayant la conduite de l’émigration entre les mains, nous & chercherons des émigrants qui, par leur origine, seront prêts à demeurer “ en Bas-Canada.
4 20. Le Haut-Canada n'ayant plus de bonnes terres pour la coloni- “ sation, les émigrants devront en chercher en Bas-Canada. Voici la “ preuve de notre avancé :
Territoire. En culture.
“ Bas-Canada...,.,,..,. 4... 128,659,000 arp.—13,138,069 arp. 4 Haut-Canada ........,...., 31,741,000 4 —18,687,783 *
“ Différence en faveur du Bas-Canada.. 96,918,000 ‘“ Il reste donc à coloniser en :
“ Bas-Canada.....,.., 115,511,000 arpents.
(“ Haut-Canada.....,,.,.,,.., . 13,154,000
“ Différence en faveur du Bas-Canada..102,357, 0
« Cette différence entre le territoire total des deux provinces et le ter- “ ritoire habité, c’est-à-dire entre 46,918,000 et 102,357,000, fait voir que “ notre colonisation est 6 pour cent en arrière de celle du Haut-Canada.
“ Le même tableau nous fait voir que le Haut-Canada va être forcé de “ nous laisser profiter de l’'émigration.
“ Sur les 13,000,000 d’arpents du Haut-Canada, il faut dédrire les “ rivières, les montagnes, les marécages et les terres impraticables, Reste “à peu près 19,000,000 d'acres et pour le Bas-Canada, à la suite d’une “ même déduction 106,000,000.
# On comprend qu'il y a un très-mauvais choix à faire sur 11,000,00ù “ d'arpents laissés en arrière, alors que les précédents colons ont choisi “les meilleurs.”
“ L'an dernier 16,000 émigrants se sont fixés en Haut-Canada. En ‘“ mettant seulement à ? p. cent l'augmentation naturelle de la population, “ par année, on trouve que 30,000. personnes y atteignent tous les ans
‘leur majorité. Nous supposons que sur les 11,000 émigrants, 8,000 ‘{ s’établissent sur des terres et que des 30,000 âmes de population indi- 4 gène, 6,000 seulement soient forcés de se fixer dans les townships si {nous accordons à chacun d'eux seulement 300 arpents de terre ; ils se “trouvent à prendre dans une seule année 4,200,000 arpents de terre # disponsibles, Le Haut-Canada n’a donc plus rien de terres que pour un # an, s'il continuait à recevoir l’'émigration dans la même proportion.
‘ Ce résultat nous fournit un double argument :
“10. En enlevant forcément l'émigration du Haut-Canada, nous lui “ ôtons une augmentation de 6,000 âmes par année, Nous pourrions mettre plus : car le terme moyen de l'émigration depuis 14 ans est de ‘24,000 par année, dont 22,000 en Haut-Canada.
« N'importe, en gagnant 16,0 ‘0 que nous leur ôtons, nous avons une 4 différence annuelle de 32,000 en notre faveur. Cette différence pendant 410 ans, nous donne une «ugmentation de 320,000 âmes. Or, la progres- {sion naturelle de notre population est près de un pour cent plus forte “ que celle du Haut-Canada, qui ne se rattrapait que par son immigration. # En sorte que si notre progression ne l’emportait seulement que de } “pour cent, nous aurions une majorité annuelle de 6,000 âmes, soit en ‘ dix ans 60,000 ou, en tout, près de 400,000 âmes, c'est-à-dire que notre ‘population l’emportera et pour toujours sur celle du Haut-Canada.
4 20, Ce résultat nous prouve ensuite qu'il n’y plus d’émigration possible “en Haut-Canada, et que nous profiterons de toute l'immigration pour la ‘“ vente de nos terres.”