‹ Contre RomeChapitre 44 sur 106 · SUR IIS JÉSUITES · texte numérisé non relu

SUR IIS JÉSUITES

— Oculi. les voici '

Composition de Joseph Payer [Der TÀebe Augustin, de Vienne, avril L904).

LA LUTTE ANTICLERICALE EN EUKOIM-

LE PAYS REVE — Une vraie chance, que la protestante Allemagne soit encore bonne catholique !

(Ull>; de Berlin, 28 avril 1905.)

* La République lient en mains, coupé, déehiré, le contrai qui liait l'Eglise à l'Etal ; et les congréganistes se précipitent sur le sol allemand, terre de liberté religieuse.

produira », les feuilles à caricatures opposaient la politique si foncièrement démocratique du Ministère Combes : couper les ongles au clergé, et les lui couper suffisamment pour qu'il ne puisse plus nuire.

A Giolitti, horriblement mordu par les noires bestioles et se grattant jusqu'au sang, la République Française objectait : « Faites comme moi : si vous voulez vous en débarrasser, chassez-les ». A Giolitti accueillant avec empressement moines, moinillons et moinillonnes, l'Italie faisait entrevoir qu'il se repentirait, sans doute, quelque jour, d'avoir réchauffé en son sein de tels serpents. Si l'Italie libérale appuya tout le temps, ainsi qu'on le verra, la politique du Ministère Combes, on

C0NTR1 ROME

peut dire que, tout le temps aussi, elle espéra que ses ministres prendraient modèle sur ce qui se faisait de l'autre côté des Alpes.

Si cette campagne par l'image n'aboutit pas à ce que désiraient les libéraux, elle eut cependant une moitié de succès, car on peut affirmer qu'elle contribua grandement à la chute du Ministère Fortis, tombé, on le sait, sur la question cléricale.

Jamais les oiseaux noirs, les corbeaux, les bestioles qui grattent.

•n'avaient pris dans l'estampe italienne une place aussi considérable ; au point que le Pape, un certain temps, se trouva relégué au second plan — sans être oublié cependant. L'on peut même dire que, lors du voyage de Loubet à Rome, Sarto eut tous les honneurs de la caricature, quelque peu gouailleuse, suivant son habitude, avec le pauvre prisonnier volontaire.

Combes et Giolitti — parce que de cette politique de comparaison entre les deux sœurs latines devait sortir toute une imagerie à effet, parlant à la fois aux yeux et à l'intellect ; — Loubet et le Pape, parce que c'était un nouveau prétexte pour caricaturer Sarto et pour affirmer des sentiments français. Sur ces deux thèmes, la caricature italienne devait être inépuisable. D'elle surtout, l'on peut dire qu'elle ;i mené le bon combat; et qu'elle fut de tout temps l'initiatrice semant les idées qui germeront par la suite.

— Le Saint-Père Pie X fume, et, bien mieux, il l'unie des cigares, pas îles cigarettes seulement, à la façon (les Français. Cela rapproche de nous autres. Allemands, le chef de la Chrétienté; et c'est avec plaisir (|iie l'on voit une photographie du Pape, qui le représente fumant.

Maintenant que l'on sait que le Saint-Père fume, ses disciples qui vont en pèlerinage à Rome auront ainsi la possibilité de pouvoir lui apporter quelque chose de gentil :

un cendrier, par exemple, ou un porte-cigare, ou encore — ce qui serait sûrement le mieux reçu — un caisson de vrais Brème ou de vrais Hambourg.

[Kladderadatsch, de Berlin, 7 janvier L906.)

Page 1