LE CLÉRICALISME, VOUA L'ENNEMI
comment et de quelle façon nos voisins se comportent à l'égard du clergé et du cléricalisme.
Sans doute, avec tout le respect du aux choses saintes, n'est-ce pas.' puisqu'il est convenu que, seuls, les Français, les enfants de « la Fille aînée de l'Eglise », sont assez irrévérencieux pour se permettre de rire de la Divinité et des ministres du culte.
Or, après avoir parcouru cette réunion d'images, le public jugera sans doute, comme moi, qu en matière d'irrévérence Allemands et Italiens — Italiens surtout — détiennent le record.
Quelle satire violente! Au point qu'en certaines de ces images on sent passer comme un souffle rajeuni de la Réforme.
A notre public toujours ignorant des choses de l'étranger, écoutant béatement les dneries qu'on lui débite, j'ai pensé qu'il était temps de montrer la réalité.
Et, la réalité c'est que, dans l Europe entière, se poursuit la bataille anticléricale, aussi vieille que les prétentions du Saint-Siège ; •c'est que l'image n'y épargne point ses coups; la réalité, c'est que, à quelques exceptions près, la caricature européenne a soutenu la France de toute la vigueur de ses crayons, dans sa lutte contre le cléricalisme, et pour la séparation des Eglises et de l'Etat.
Renversé par une Chambre dont la logique ne fut pas toujours la suprême qualité, le ministère Combes n'a cessé d'avoir pour lui tous les interprètes graphiques de la pensée libre.
C'est donc une page d'histoire moderne, écrite au moyen du plus puissant instrument de propagande : limage, que l'on trouvera ici; et j ai quelque raison de penser qu'elle aura sa place au côté du recueil de l'ancien président du Conseil ; Une Campagne laïque, préfacé par- Anatole France.
Systématiquement, j'en ai écarté tout ce qui pouvait être considéré comme injurieux et de mauvais goût, — je veux dire certaine imagerie qui ne se complaît que dans la figuration de curés en goguette ou en partie galante.
CONTRE ROMi:
Un dernier mot.
J'ai pensé qu'il serait intéressant de recueillir sur cette grave question : la séparation de l'Église et de l'Etat, tant de fois inscrite au programme des réformes démocratiques, tant de fois invoquée, l'opinion de quelques personnalités, d'idées et de nationalités différentes.
On trouvera réunies, à la fin du volume, ces libres appréciations : elles montreront combien les esprits les plus éclairés sont encore divisés sur l'emploi des meilleures armes destinées à combattre le cléricalisme, et prouveront qu'une fois encore la France a pris V initiative d'une réforme d'intérêt général, destinée très certainement à faire le tour de l'Europe.
Les admirateurs du vieux palais suranné dans lequel se pressent les acteurs plus que centenaires de la plus vieille comédie qui soit, peuvent en faire leur deuil: bientôt il n'y n'aura plus d'Europe cléricale. Et pour vivre encore de la bêtise humaine, ce n'est pas en France que le cléricalisme devra aller, mais bien dans la protestante Amérique.
O Erasme! que n es-tu là pour un nouvel Eloge de la Folie !
John Gkand-Carteret.
La République se nettoyanl des ■< noirs».
(// Fischiello, de Turin.)