EXPLORATION DE L'URÈTHRE DES PROTATECTOMISÉS
la boule de notre explorateur tout en la guidant dans le sens que nous avons indiqué, vers la cavité vésicale. La sensation perçue était à peu près celle d'une sorte de valve don le bord ne serait ni tendu ni résistant, mais très élastique et presque flottant, ce qui explique que si nous n'avons pu percevoir la sensation de liberté de notre cathéter dans la cavité vésicale, nous n’ayons pu, ni à l'aller ni au retour, percevoir exactement, le moment où nous passions du contact de cette valve à la pleine liberté vésicale. D'autant plus que la tige de l'explorateur restant naturellement au contact de cette sorte de valve, alors que son extrémité et la boule terminale se déplacaïent librement dans la cavité vésicale, les sensations étaient plus difficiles à interpréter et plus confuses. Au retour, avec l'explorateur à boule, ressaut à 17 em. du méat. L'opéré a uriné spontanément à 7 heures & du matin. On le prie d’uriner ; il n'y parvient pas « n’en sentant aucun besoin ».-A 10 heures 45° on retire avec la sonde béquille n° 19; poussée à 17 cm. du méat 80 cm. d'urine parfaitement claire.: La sensibilité vésicale se réveille et à 300 cm. ; à 320 em. la contratilité vésicale se réveille et à 400 em. le sujet déclare une envie très nette d’uriner. Il urine alors spontanément 400 cm ; le jet est très gros et très fort alors que le sujet avait cru ne pouvoir uriner. Le cathétérisme pratiqué aussitôt après ne ramène naturellement rien du tout et la quantité émise est rigoureusement égale à la quantité injectée. Par le toucher rectal, à travers la paroi rectale antérieure, le doigt explorateur perçoit à 4 cm. de la marge de l'anus, une masse convexe transversalement de 2 cm. de hauteur environ, excessivement dure et se prolongeant en haut jusqu’à bout de course du doigt avec un plan dur, un peu dépressible dans son milieu et s'étendant transversalement jusqu'aux parois du petit bassin.
. Obs. XIV (Observation 7 du mémoire de KuSS)
Prostatectomie hypogastrique. Guérison. L'exploration de l'urèthre fait éprouver un léger ressaut à la main avant que les sondes pénètrent dans la vessie.
M. S..., Pierre, 66 ans, prostatectomie pour hypertrophie de la prostate. {Rétention complète) par la méthode de Freyer.
Avant l'intervention, l'exploration montre que l’urèthre est perméable sans difficulté à une sonde molle, n° 18. L'explo: rateur à boule n° 16, passe aisément, mais on ressent une certaine gêne au retour au passage de la portion périnéale.
L'opération a lieu le 29 mai 1905 ; les suites sont normales. Dès le 9 juin, la plaie hypogastrique est fermée ; du 5 au 11 juin, on avait placé une sonde de Pezzer. Les jours suivants, passage des béniqués 42, 43, 44, 45 et 46.
Le 9 septembre 1906, 16 mois après l'intervention, les résultals se maintiennent : l’'atrésie du méat ne permet pas de passage de grosses sondes. Envie d’uriner très nette à 4C0 gr. Contraction vésicale perçue très nettement, L'homme urine admirablement. L'urèthre total mesure 14 em. 7 de long. Nous avons constamment perçu un léger ressaut à la main avant que la sonde pénètre dans la vessie.
Obs. XV (Observation 27 du mémoire de Kuss due à Escat. Résumée)
V..., 68 ans, prostatique depuis 6 ans, ayant subi, il y a deux ans la taille hypogastrique pour calculs phosphatiques. Récidive de la lithiase et lithotritie ; 6 mois après . la taille, nouvelle récidive et tentative de lithotritie en avril 1906. Prostatectomie transvésicale le 23 avril 1906. On isole facilzment la face antérieure de la vessie fortement adhéren- 2 sur tous les points, écarteur de Leguau, la concrétion phosphatique se brise dans la tenette et on doit la retirer par fragments. Hémorrhagie abendante, tamponnement temporaire ; nouvelle toilett: vésicale. Extrpation de la prostate par la méthode de Freyer : « Je clive la face postérieure de la prostate et j'énuclée la glande méthodiquement en quelques minutes, n'ayant plus de difficulté qu’à la partie antéreure qui est difficile à séparer de la portion membraneuse. J'ai eu, à ce moment, beaucoup de peine à dégager la partie antérieure de la glande qui est fortement hypertrophiée. Tamponnement d2 Mickuliez à double chaîne de traction (abdominale et uréthrale d’'Escat).
SUITES. — Le 2° jour le tampon est enlevé ; le 5° jour, sonde à demeure, le 24 mai, accident infectieux d’allure assez grave qui cède à l'extraction de débris de calculs dans la cavité prè-vésicale et emprisonnés par la cicatrisation. Cette 2xtraction est faite sous chloroforme. On en profite pour explorer avec le doigt la loge prostatique. » Je puis'eonstater que la cicatrisation de l4 loge prostatique est en excellente voie. Je s2ns très bien lé inouveat col vésical ; je replace un gros drain et j'enlève la sonde à demeure.
Le 28 mai le drain est expulsé ; je le replace et mets en même temps ure sonde à demeure dans l’urèthre. Le 5 juil-
EXPLORÂTION DE L'URÈTHRE DES PROSTATECTOMISÉS
let, on replace la sonde à demeure. La fistulette hypogastrique persiste encore. Mais, elle est em bonne voie de cicatrisation ; parfois;mème, elle se bouche et on peut constater ‘ que le:malade, vide parfaitement sa vessie par la voie naturelle. Le 10 juillet, urine limpide et acide. La fistule diminue progressivement. D tat général parfait.
Le 17 juillet, fistule frmée, urine limpide, mais le malade est maintenu à la sonde à demeure pendant quelques jours pour consolider sa cicatrice. 1{ m'a paru, en mettant la sonde à demeure, qu'il y aurait diminution du calibre de l'ureihre et peut-être tendance au rétrécissement.
J'ai passé de gros béniqués et j'apprendrai au malade à en
passer un. « L'extirpation de la glande ayant été très régulière, j'attribue cette complication à l’état cicatriciel dû à l’ancienne taille ; nous ferons remarquer que ce malade aurait guéri très rapidement et sans incident si ce fragment de calcul n'avait modifié pendant quelques temps les suites opératoires. »
- EXAMEN de la pièce par G. Küss. Prostate 60 gr. totale, comprenant tout l’urèthre prostatique. C'est une prostate adénomateuse typique mesurant dans son plus grand diamètre transversal 7 centimètres, 4 centimètres dans son grand axe antéro-postérieur et 3 em & seulement en hauteur. Pas de lobe médian. Lobes latéraux arrondis, presque hémisphériques réunis en avant par un mince tractus conjonctif (rompu) de 5 mm. d'épaisseur et 2 centimètres et demi de hauteur.
Orifice du col elliptique à grand axe antéro postérieur. Muqueuse uréthrale très adhérente de chaque côté à la face interne des lobes latéraux de la prostate sur une hauteur de 2 centimètres et demi. L’urèthre muqueux prostatique est donc venu, à partir du point où est également venu la commissure antérieure pré uréthrale. Il a même hauteur que cette dernière. Au-dessous du sommet de la glande pend un bout d'urèthre muqueux de la portion membraneuse de l’urèthre de 1 centimètre de longueur environ. La longueur totate du segment uréthral enlevé atteint donc 3 centimètres 4.
Cette observation 15, montre l'ébauche d'un rétrécissement. On peut se demander dans quelle mesure ce rétrécissement naissant, à pu contribuer à l'entretien de la fistule hypogastrique qui, comme on l’a vu s’est fermée assez tardivement.