‹ Contribution à l'anatomie pathologique de la maladie de BasedowChapitre 4 sur 8 · A- JOFFROY ET CH. ACUARD · texte numérisé non relu

A- JOFFROY ET CH. ACUARD

les battements cardiaqus sont faibles et sourds; ils ne s'accompagnent pas de souffle. Il y a une bronchite habituelle. Le malade a beaucoup maigri ; ses forces sont beaucoup diminuées. Mort le ii avril 1891.

Autopsie. - Les poumons sont le siège d'un œdème très notable Foie muscade. Rate volumineuse et dure. Reins congestionnés et volumineux (à droite 150 gr. ; à gauche 215). Leur surface présente des cicatrices déprimées d'infarctus ; le rein gauche présente aussi un infarctus plus récent.

Le cœur, surchargé de graisse, présente à la base quelques plaques blanchâtres de péricardite ancienne et quelques plaques rougeâtres et granuleuses de péricardite récente. Le péricarde contient une certaine quantité de liquide.

Le ventricule gauche est notablement épaissi; la coloration du muscle est à peu près normale. L'oreillette gauche est distendue par des caillots récents. L'oreillette droite, au niveau de laquelle se trouve le principal foyer de péricardite, renferme un caillot fibrineux, décoloré, grisâtre, long de 5 à 6 centimètres et épais d'uncentim. et demi, au centre duquel se trouve un foyer pseudo-kystique rempli de liquide puriforme.Pasde lésionsdes orifices cardiaques. Pas d'athérome aortique.

Le corps thyroïde est notablement hypertrophié. Les deux lobes sont très distincts. Le droit pèse 60 gr., le gauche 45 gr. Tous deux sont kystiques, surtout le gauche. Sur une coupe le tissu glandulaire est sillonné de travées blanchâtres, de consistance fibreuse, on y trouve des plaques rouges ou rosées, irrégulières, d'autres jaune d'ocre, enfin quelques taches d'un bleu foncé, ce qui donne à la coupe un aspect marbré. Le lobe droit ne présente qu'un très petit nombre de cavités kystiques ; à ses deux pointes le tissu paraît sain. Quant au lobe gauche, il présente sur une coupe trois parties très distinctes : 1° un grand kyste capable de contenir une amande, 2° une partie de môme dimension, de couleur café au lait, et dont le tissu est friable, 3° une petite partie ayant les dimensions d'une noisette et dont l'aspect et la couleur rappellent le tissu sain.

L'examen histologique montre, dans la plus grande partie de l'organe, les particularités suivantes :

Un très grand nombre de vésicules, à l'état de repos, sont remplies de cellules petites, granuleuses, pourvues d'un noyau bien coloré et relativement volumineux; ces vésicules sont dépourvues de matière colloïde. Certaines d'entre elles, au lieu d'être remplies de cellules, présentent une lumière qui paraît vide. D'autres, en grand nombre, sont complètement oblitérées et forment simplement un amas de cellules indistinctes. Souvent ces blocs cellulaires ont un contour irrégulier ou ovalaire ; ils ne paraissent pas toujours répondre à de véritables vésicules: on en voit en effet qui sont allongés, en boyaux pleins et très probablement néoformés. Enfin on observe sur les coupes quelques vésicules qui contiennent

une masse colloïde et dont les cellules sont aplaties, en bordure.

Dans la partie kystique, on voit des lames de tissu fibreux séparées par des couches conjonctives à texture plus lâche et présentant de grands espaces lymphatiques. Ces couches fibreuses entourent des portions uniquement formées de tissu conjonctif très lâche, d'aspect muqueux et œdémateux. Dans ce tissu les espaces lymphatiques sont élargis, les mailles conjonctives sont distendues par un exsudât clair ou finement granuleux et contiennent de nombreux leucocytes, ainsi que des globules rouges formant parfois de véritables hémorrhagies interstitielles. Dans ce tissu, on trouve des vésicules petites, dont les cellules sont granuleuses, à contour indistinct, et qui renferment quelques boules colloïdes.

Dans certaines parties scléreuses de la glande, quelques vaisseaux ont des parois très épaissies.

La moelle, le bulbe et la protubérance ne présentent pas d'altération. Le corps restiforme et le faisceau solitaire sont intacts.

Pas d'altération du nerf grand sympathique et du pneumogastrique droit. Le pneumogastrique gauche renferme un très petit nombre de tubes en dégénérescence wallérienne.

Obs. III (publiée dans ces Archives, janv. 1891 , p. 91).

Louise J..., âgée de 30 ans, entrée le 6 octobre 1882, salle Pinel, n° 13, dans le service de M. Joffroy.

A 28 ans, début des attaques épileptiformes, qui se reproduisirent par séries avec une grande fréquence, suivies de délire et de divers troubles mentaux. Il y avait aussi des mouvements choréiformes du membre supérieur gauche, persistant dans l'intervalle des attaques. L'exophtalmie fut remarquée à 33 ans; puis le tremblement, la tachycardie et les battements carotidiens. Il n'y avait pas de goitre apparent.

A 37 ans, à la suite d'un véritable état de mal, la malade tombe dans le coma et meurt.

A l'autopsie on trouve une syringomyélie qui avait été absolument méconnue pendant la vie et une dilatation angiomateuse des veines dans le lobe occipital de l'hémisphère droit et sur la partie postérieure de la pie-mère spinale, principalement à la partie supérieure du renflement cervical.

Le bulbe est respecté par la lésion syringomyélique. L'examen microscopique montre seulement une distension générale de ses vaisseaux; mais les corps restiformes et les faisceaux solitaires sont normaux.

Les nerfs grand sympathique et pneumogastrique, examinés du côté droit, ne présentent pas d'altérations.

Le corps thyroïde présente un volume normal; mais il est le siège de lésions histologiques. La plupart de ses vésicules sont énormément distendues par de la matière colloïde; elles sont rompues souvent les unes dans les autres, et l'on peut voir en différents points des coupes les

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