I.V COXSKUVATION DES VOCVTIONS
Dion, soucieux dos inlôrèts de son Eglise, les jelle à pleines in.iins, comme une précieuse semence, sur la terre des Ames. Elles sont seulement plus lentes à germer; plusieurs, faute de soleil qui les a])pelle à la vie. ne percent point le sol ; combien, à peine nées, périssent, parce qu'elles ont de trop faibles racines ! En aucun temps donc ne s'imposa jilus pressant le devoir de rechercher et de cultiver des vocations sacerdotales.
Rechercher et cultiver, voilà deux choses fort distinctes ; et tel prclre fort habile à découvrir les vocations, n'aura pas toujours la main aussi heureuse pour les développer et les faire aboutir. C'est un grand art que de deviner les amcs des enfants, que de leur faire écouter en elles-mêmes la voix de Dieu, que de leur faire exprimer l'attrait secret de leur cœur, que de les mettre, malgré des difficultés de tous ordres, sur le chemin du sacerdoce. Mais c'est un art encore plus délicat que de présider à la croissance de ces jeunes plantes, que d'en écarter toutes les causes de dépérissement, que de les exercer à la vie, que de les préparer à porter du fruit.
Certes, nous appkmdissons de tout cœur aux elTorls accomplis pour multiplier les vocations ; mais il importe plus encore de conserver celles que la Providence nous envoie. Or il se produit, avouons-le franchement, une porte de vocations qui ne laisse pas d'être inquiétante. 11 serait malaisé d'établir la moyenne du déchet qui se fait chaque année ; mais ce déchet est considérable. Sur quarante élèves qui ont fait partie d'un même cours, avec un sincère désir d'être prêtres, depuis la huitième jusqu'à la fin du Grand Séminaire, combien sont ordonnés? Dans certains diocèses, c'est un sur dix ; en d'autres, un sur six ; dans les plus avantagés, ce sera tout au plus un sur quatre. Si quel(|ue diocèse veut se rendre promptement compte de ses pertes, qu'il prenne l'allocation annuelle donnée à ses séminaires, qu'il calcule le nombre des élèves subventionnés et qu'il le compare au chiffre moyen des prêtres ordonnés chaque année. On est effrayé quand on apprend que.
dans certains diocèses, chaque prêtre n'a pas coûté moins de dix, vingt mille francs à la caisse diocésaine.
Il y a là une question grave, sur laquelle on n'a pas assez fixé l'attention des éducateurs. Il se fait, sans le dire, un gaspillagede vocations contre lequel il est urgent de réagir. Conserver et faire aboutir les vocations, ce ne sera pas seulement alléger les charges des caisses diocésaines et de la charité catholique, ce sera assurer à l'Eglise les ouvriers qu'elle attend ; ce sera surtout sauver des périls du déclassement des âmes qui n'étaient sorties de leur milieu que pour consacrer leur vie au service de Dieu.
Nous n'ignorons pas qu'il y a un triage à faire dans la jeunesse de nos séminaires. Il se rencontre des enfants qui, malgré l'attrait qu'ils ressentent pour le sacerdoce, manquent des aptitudes intellectuelles et morales qu'exige l'état ecclésiastique. C'est prendre les vrais intérêts de l'Eglise que d'avoir le courage d'écarter les indignes, les incapables, les insignifiants, tous ceux, en un mot, qui déshonoreraient ou exploiteraient l'Eglise. Car, ù la liste des vocations perdues, ne faudrait-il pas ajouter tous les exploiteurs et les inutiles ? Il y a donc un déchet inévitable.
Mais ce déchet, il faut le réduire. Ne laissons passer que de bons sujets ; mais faisons en sorte qu'il y ait beaucoup de bons sujets. Dans ce grand nombre d'enfants qui nous arrivent, recrutons plus de bonnes vocations. Ah ! si nous obtenions que le déchet ne soit que de un sur deux, au lieu d'être de trois sur quatre ou de cinq sur six, quelle œuvre de recrutement nous aurions accomplie ! Est-ce donc impossible de conserver plus de vocations ? 11 me semble que non. Et peut-être qu'en signalant quelques-uns des écueils où sombrent les vocations, nous aurons indiqué aux éducateurs des moyens de les conserver en plus grand nombre.
On a remarqué que c'est dans les basses classes, de la huitième à la cinquième, que se fait le principal déchet ; il est beaucoup