‹ Contribution à l'Education des ClercsChapitre 13 sur 60 · L.V CONSEUV.VTION DES VOCATIONS · texte numérisé non relu

L.V CONSEUV.VTION DES VOCATIONS

Mais le froid énoncé de cos règles morales serait une bien faible barrière devant les passions parfois tnmultneuses du j(Hine homme, si le confesseur négligeait de faire valoir les motifs les plus capables de provoquer le sentiment et de mouvoir la volonté. Tantôt il fera un chaleureux a})pel aux considérations de noblesse et d'honneur : c'est si bas d'asservir l'esprit à la chair ! il est si honteux d'avoir à rougir de soi-même devant sa conscience ! Tantôt il mettra en jeu les intérêts les ])lus sacrés de son pénitent, en montrant à quels abîmes conduisent de telles fautes : les ravages faits dans la santé, l'obscurcissement de l'esprit et la dépression de la volonté, le présent perdu et l'avenir compromis. De tous les motifs les plus saisissants et les plus puissants se tirent des convictions de la foi : quelle crainte salutaire éprouve un enfant lorsque, en face de la tentation, il pense qu'il outragera Dieu qui le voit, il profanera le temple que Dieu s'est bâti dans son cœur, il s'exposera à une damnation éternelle, il se rendra indigne d'une vocation qui a pour lui tant d'attraits !

A ces fortes réflexions, bien capables de remuer les âmes, l'éducateur ajoute des soutiens : la prière, les sacrements, les ericouragements de sa direction.

La prière est un mouvement de l'àme vers le ciel ; c'est déjà se déprendre des sens que de prier. Par le secours qu'elle attire d'en haut, et par l'effort qu'elle suppose dans la volonté, la prière est elle-même une victoire remportée sur la tentation. Elle est à l'âme ce que les ailes sont à l'oiseau : elle l'élève au-dessus des fanges de la terre. Ne désespérez jamais de la vertu d'un enfant qui prie.

Les sacrements contiennent le secours divin par excellence ; tandis que la prière l'appelle, les sacrements le communiquent. C'est la vie même de Dieu qui se donne par la Pénitence et l'Eucharistie. On ne saurait trop dire combien la communion est saine à l'âme de l'enfant : elle le met dans la paix, dans la joie, dans la force ; la chair du Christ apaise sa chair, le sang du Christ calme les ardeurs bouillantes de son sang, l'an.cu

du Christ contente son besoin d'aimer, la force du Christ arme sa volonté pour les heures difficiles. Aussi doit-on vivement recommander la communion aux enfants qui la prennent au sérieux et qui font elfort pour en tirer profil.

Enfin l'éducateur, surtout s'il est confesseur, est le Christ même rendu sensible à l'enfant ; ce que le souverain Maître opère au dedans, il doit le signifier au dehors. A lui de faire entendre aux oreilles ce que le Christ dit au fond du cœur. Sa parole éclaire le chemin et montre les périls ; il encourage à vaincre dans la tentation et met au cœur cet entrain qui décuple la force ; il dissipe ces brouillards d'imagination à la faveur desquels le démon surprend les âmes ; il console le pauvre enfant qui est tombé, et il le préserve du découragement, ce mal pire que la chute, parce qu'il brise la volonté ; il provoque l'effort quotidien, et, par l'habitude du sacrifice, tient tendus tous les ressorts de l'âme...

Cette sollicitude paternelle, qui doit rester discrète pour n'être pas à charge, doit cependant être active et toujours en éveil. Aux directeurs zélés qui auront eu cet apostolique souci des âmes, l'Eglise sera redevable de nombreuses vocations sauvegardées. Ils auront plus fait pour le recrutement du clergé que les plus heureux chercheurs de vocations en herbe.

Il y a cependant une période où, chaque année, le travail des plus zélés directeurs est exposé à la ruine : c'est la période des vacances. Ce nouveau péril, cause appréciable de déchet dans les vocations, ne pourrait-il pas être conjuré ?

La suppression des vacances ne serait point le remède, car les vacances s'imposent.

Elles sont un repos nécessaire après dix mois de surmenage intellectuel. L'organisme de l'enfant, plus ou moins étiolé par l'air confiné des salles d'étude, reprend sa vigueur et se développe : les poumons se dilatent au grand air, les muscles

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