I. V SANCTIFICATION OL I. V FOIIMATION MOHALE
venir, (l'un poslo où enfin uno large aisance succéderai l à la gène. Dans lo ministère ecclésiasli(iue, il envisa{,'era les ùincs à sau\(M-. cl non la l'orlniie el \c hien-ètre ;\ trouver.
Il se jieut que, par exception, notre séminariste soit liclie. Comment prati(iuera-l-il le détachement? L'Ecriture en indique • elle-même le moyen : « Si les richesses adluent dans vos mains, dit le psalmite. n'y attachez pas votre cœur'. » N'attacher son coMir ni à la ricliesse absente, ni à la richesse présente, c'est la même vertu. D'abord le séminariste fortuné ne fera aucun état de son aisance : ses habits seront modestes, il ne se prévaudra jamais de sa condition dans la conversation, il n'en fera point ostentation de manière à humilier des confrères pauvres, il vivra lui-même en pauvre, ne se payant aucune de CCS satisfactions accessibles à la richesse seule. Cependant il ne péchera point par avarice ; s'il a des ressources, il les confiera à sa charité ; son bon cœur les distribuera sans bruit, à ceux qu'il sait dans le besoin ; et, s'il fait bénéficier quelque confrère de ses largesses, il respectera ses susceptibilités en faisant parvenir l'argent par une voie anonyme. S'appauvrissant par la charité, il aura pratique le détachement comme le séminariste pauvre.
Cette vertu ne doit pas rester enfermée dans le séminaire ; le prêtre, au moment où il en sort, doit l'emporter avec lui. Car le niinislère ecclésiastique fournit plus d'occasions encore de pratiquer le détachement.
Le prêtre vraiment désintéressé reste indifférent à son « placement ». Il ne préfère pas une paroisse riche à une paroisse pauvre ; il veut, tout bonnement, celle que la volonté de Dieu lui destine. Aussi ne fait-il aucune intrigue pour avoir celle-ci plutôt que celle-là, pour obtenir ce qu'on appelle un « bon poste ». 11 s'abstient de visites faites dans ce but, et il attend paisiblement que la voix de Dieu l'appelle. Où qu'il soit appelé •au nom de Dieu par ^ps supérieurs, il ne se plaint pas que les
* Diviti.-c si alTliiant, nolite cor apponerc. Ps. Gl, ii.
COMniBUTION A L'KlifCATION DES CLERCS. 13
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avantages matériels y soient trop restreints. Il s'applique immédiatement à son devoir d'apôtre et de pasteur. Il lui faut des âmes à conquérir ; le reste, il ne s'en soucie*pas. Aussi, fût-il dans la paroisse la plus modeste, il ne remue ni hommes ni . choses pour en sortir ; il s'abandonne à la Providence pour la suite de sa vie. Pauvre au milieu des pauvres, s'il ne peut leur distribuer de son avoir, du moins il leur donnera l'exemple de l'économie et de la résignation à la médiocrité. Que de fois, cependant, il arrive que les curés les plus pauvres soient aussi les t plus charitables, soit que, habitués à vivre de peu, ils prennent \ sur leur nécessaire pour faire l'aumône, soit que la charité des ! riches se plaise à passer par leurs mains pour secourir les indigents.
Si, plus tard, l'aisance vient au prêtre dans un poste plus avantageux, le détachement lui fait un devoir de garder les habitudes modestes de la pauvreté. En conséquence, il évite tout ce qui sentirait le luxe dans sa maison ou dans sa table. La propreté n'est jamais une excuse pour exclure la simplicité. L'avarice n'a point de prise sur lui, et ses héritiers ne trouveront point dans ses restes des sommes d'argent capables de scandaliser le peuple. Devenu plus riche, il sera devenu eu même temps plus charitable. Ses aumônes aux pauvres et se> largesses aux œuvres de zèle l'auront maintenu dans cette pauvreté qui ouvre le royaume des cieux. C'est avec de tels principes que les directeurs de séminaire redresseront dans les jeunes clercs la déformation produite par la concupiscence des veux.
La troisième déformation que signale l'apôtre saint Jean est l'orgueil de la vie. Si cette passion n'inspire pas le dégoût comme les deux premières, elle n'en est pas moins encombrante et contraire à la bonne vie morale. Elle fait le supplice de l'orgueilleux qui est toujours mécontent de ce que ses semblables ne l'honorent pas assez ; elle est insupportable à ceux qui