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vivent dans le CDiilacl des orguedicux, parce qu'il l'aut sans cesse subir leurs susceptibilités, leurs hauteurs, leurs mépris. Personne n'échappe à l'empire de l'orgueil ; mais tous n'en sont pas atteints au même degré. Personne n'est dispensé de la lutte contre l'orgueil ; cependant, nous parlerons spécialement ici des combats qu'ont à Ii\ rer ccu\ en qui l'orgueil est le défaut dominant. A l'orgueil doit être opposée la vertu d'humilité.
L'orgueil se présente sous deux formes : l'une mitigée et féminine, qu'on appelle la vanité ; l'autre, plus grave et plus spéciale aux hommes, qui s'appelle la superbe ou l'orgueil proprement dit. La vanité consiste dans le désir immodéré de paraître ; la superbe consiste dans le désir immodéré d'être et d'étendre son être.
La vanité réside dans le désir de paraître, d'être regardé, d'être admiré, d'être loué. Quoique commune aux deux sexes, elle est plus spécialement développée chez les femmes ; et, quand un homme s'y laisse aller, on dit qu'il est « vaniteux comme une femme ».
La vanité, avant tout, attire rallenlion : c'est pourquoi elle prend grand soin des vêtements, clioisit parmi les plus riches, donne la préférence à ceux qui jettent le plus d'éclat, en surveille l'ajustement, se précipite sur les dernières modes, ne craint aucune excentricité. Son souci n'est pas de mettre de l'art dans l'habillement, mais d'y étaler tout le clinquant qu'il faut pour se faire remarquer. De plus, la vanité inspire les paroles : on ne parle que de soi, on vante jusqu'au mensonge les titres de sa famille et ses avantages de fortune, on cite les hauts faits de ses proches ou de ses ancêtres ; si on est pauvre maintenant, du moins on a été riche dans le passé ; on fait des traits d'esprit, on rappelle ses succès... La vanité ne néglige rien, que ce soit vrai ou faux, pour exciter l'admiration et attirer quelque louange. C'est sot, c'est petit, ce n'est que vent et fumée, mais cela suffit à repaître certaines âmes sans élévation de caractère.
11 n'est pas inouï que la vanité se glisse dans un jeune clerc
on même dans un prêtre. Là elle devient infiniment plus ridicule que dans le monde. Aussi importe-t-il d'en arracher les premiers germes dès qu'ils se font jour. La recherche dans les habits, en particulier le soin excessif de la chevelure, l'inclination à parler de soi et des siens, l'avidité non déguisée pour les compliments, le besoin de se mettre en avant, partout, sont autant de signes par lesquels le vaniteux se révèle. Autant de mauvaises pousses que saisira la main du directeur de conscience pour arracher, s'il se peut, laAanité.
Plus profonde, plus âpre, plus dangereuse aussi est la superbe. Cet orgueil consiste dans un amour excessif de son être. L'orgueilleux ne veut pas qu'on touche à son être, il ne permet pas qu'un autre être se dresse en face du sien, il travaille sans cesse à étendre son être sur les hommes et sur les choses. De là les trois formes de l'orgueil : la susceptibilité, la jalousie, l'ambition, trois passions >iolentes qu'il s'agit de combattre dans les clercs.
L'orgueilleux, disons-nous, ne veut pas qu'on touche à son être. Si on y porte atteinte par l'oubli, par le dédain, par la critique et surtout par l'outrage, il s'irrite, il éclate dans une colère sourde ou expressive, il conçoit de noirs sentiments de vengeance, ou, s'il est faible et timide, garde des rancunes indéracinables. Tout ce qui lui paraît diminuer son être excite sa sensibilité ; sa susceptibilité s'exalte sans garder de mesure.
Cette forme d'orgueil n'est pas incoimue, même dans le clergé. Dès le séminaire, on rencontre des jeunes gens dont la susceptibilité s'émeut, se trouble, s'irrite pour un rien, pour un oubli involontaire, pour un reproche adressé par un maître, pour une légère injure provenant d'un confrère ; suivant le tempérament, on éclate ou on boude, mais on ne cache pas le mécontentement dont on soulTre. Un tel défaut, s'il n'est corrigé de bonne heure, ne fait que croître avec l'âge : car l'âge exagère les sentiments qu'a l'homme de son être et de son mérite. L'humilité apporte le remède aux âmes sincèrement désireuses de se guérir de bonne heure des atteintes du