‹ Contribution à l'Education des ClercsChapitre 26 sur 60 · I.\ SANCTIIIC. M'ION Ot I.V l'OIlM VTION MOIlVt.F. 2 I · texte numérisé non relu

I.\ SANCTIIIC. M'ION Ot I.V l'OIlM VTION MOIlVt.F. 2 I

iu;il. r.llt^ iMisomic l'oi-j^MicilIcux, cl lui r.iil cnlriKli*' tout co (|ii'il pt'id (Ir v;iItMir inor.ilc cl (!<• coiisiilcr.ilion à siii\r(> les impressions «le sa siisceptihililc. Klle lui siif^'.irèic les pensées de foi, Ini met sous les yeux le Clnisf bafoué, oulragé, j^ardant le silence sous l'injure, sauvant le monde par l'accejjtalion volontaire des opprobres qui pleuvent sur lui. A méditer souvent sur les funesles elTels de la susre[)lil)ililé et sur le pardon des injures, le jeune clerc acquiert peu à peu celte maîtrise de lui-même (pii retient l'explosion de la mau\aise bumeurou de la colère.

Le second caractère de la superbe est de ne pouvoir tolérer qu'un autre être se dresse en face du sien. Si l'orgueilleux voit un talent se faire jour à côté de lui et dépasser le sien, s'il voit une fortune s'édifier en face de sa maison et dépasser la sienne, s'il voit une réjnitation s'établir et grandir jusqu'à elfacer son propre renom, s'il voit les bonneurs apporter à d'autres la gloire bumaine qu'il n'a pas atteinte, il en conçoit de violents sentiments de jalousie, et, non content d'envier les avantages que d'autres possèdent, il met tout en œuvre pour détruire l'édifice qui l'olTusque. Il liait celui dont l'être lui apparaît plus grand que le sien. La jalousie qu'il en ressent le mine intérieurement, en même temps qu'elle lui souffle les plus bas desseins.

Sur une écbelle moindre, mais sous la même inspiration de la superbe, la jalousie peut naître dans le cœur d'un clerc ou d'un prêtre. On voudrait tenir le premier rang : on éprouve du dépit de n'être qu'au second. On ambitionnait la place la plus bonorable ; un autre en a été pourvu. On comptait sur des éloges ; et c'est un autre qui les a reçus. De ces déceptions mviltiples, de cette élévation sur le pinacle d'êtres autres que nous, nous éprouvons une vive souffrance, et tout notre effort se porte vers la suppression de ceux qui prennent notre place. C'est alors qu'on voit se produire certaines critiques injustes, des dépréciations mal fondées, des insinuations perfides, des dénonciations peut-cire : tout cela dans le but de ruiner l'être

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qui fait ombre à Torgueil. C'est encore l'humilité qui peut guérir ces misérables sentiments de basse jalousie. « Eh quoi, dit-elle, n'y a-t-il pas place pour tout le monde au soleil du bon Dieu ? Au lieu de vous affliger que d'autres aient du mérite ne devez-vous pas vous en réjouir? ^'e sentez-vous pas que vous êtes court et incapable par mille côtés de votre êfiv', et ne devez-vous pas bénir Dieu de ce qu'il y a des êtres plus puissants, plus agissants, plus apôtres, remportant plus do succès, en un mot de plus grands que vous? » Quand on arriva à cette joie de se voir dépassé dans le service de Dieu, l'émulation prend la place de la jalousie, l'humilité a vaincu l'orgueil.

La troisième manifesfation de la superbe est l'ambition. L'orgueilleux trouve insuffisant l'être qu'il a ; il fait effort pour l'étendre et le multiplier. C'est pourquoi il a besoin de plus d'hommes à qui il puisse commander, de plus de terres qu'il puisse posséder. Il lui semble que son être grandit à mesure qu'il élargit son empire. C'est pourquoi Satan réserva pour la fin de l'épreuve la tentation d'ambition, comme étant la plus prenante sur l'homme : « Je te donnerai, dit-il au Sauveur, tous les royaumes de la terre, si tu te prosternes pour m'adorer. » Le Christ repoussa la proposition et chassa le tentateur. Mais l'orgueilleux ne procède pas de même ; dans son désir de posséder et de commander, il n'est point de bassesses qu'il ne soit prêt à commettre, point de Satans qu'il ne soit disposé à adorer pour assouvir son ambition. Delà la course effrénée aux richesses, aux honneurs, au pouvoir. Il n'est point non plus de cruauté qu'il ne soit prêt à endosser ; car ses désirs ambitieux ne souffrent aucun obstacle ; il renverse toutes les barrières humaines qui se dressent sur son passage.

Les conditions faites au clergé de nos jours laissent peu de place à l'ambition. Toutes les situations ecclésiastiques sont modestes, tant au point de vue de l'éclat qu'au point de vue do la richesse et de l'influence. Cependant, au séminaire, il n'est pas inutile de tenir les jeunes gens en garde contre les moindres

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poussôos (le l'aiiihitioii. Pailois \e j^ciino so laisse prrssnilir à (les signes pi("S([ii(> iiii|)eic('pliljl('s : tel jeune hoimiie auia du dépit qu'on ne lui ail pas confié lelle on telle fonction ; tel antre cherchera à étendre le cercle de ses relations pour exercer de l'empire sur ses confrères... Ces premiers indices d'ambition doivent être combattus sans retard, d'autant plus que souvent ils sont inconscients et forment des tendances avant d'élre nettement perçus par l'ambitieux lui-même. Parla seront coupés dans l(Mirs racines des désirs de parvenir qui présenteraient une toute autre gravité dans le ministère sacerilolal. Car il importe souverainement que dans le sacerdoce, le pasteur des âmes, au lieu de regarder en dehors et plus haut que sa paroisse, garde son cœur parmi ses ouailles et leur prodigue tout son dévouement.

Tels sont les principaux points sur lesquels doit porter l'effort des directeurs de séminaire pour combattre dans les jeunes clercs la souillure du péché et les déformations de la nature. Ce n'est que la moitié de leur tâche ; car ils ont à faire aimer et pratiquer les vertus qui forment, non pas seulement l'ornement, mais la puissance vitale du tempérament chrétien.

l'acquisition des vertus qui établissent le bien.

Les théologiens distinguent des vertus théologales et des vertus morales : théologales, celles qui ont principalement pour •objet Dieu et les hommages qui lui sont dus ; morales, celles qui ont principalement pour objet l'homme et l'organisation de sa vie suivant la loi chrétienne. Dans la direction des clercs, on ne saurait suivre un ordre plus autorisé.

Les vertus théologales sont au nombre de trois : la foi, l'espérance et la charité. Est-il besoin de remarquer que ce serait trop peu de les étudier dans un cours de théologie, qu'il est in-

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fiiiimcnt pins nécessaire aux clercs d'en vivre pour leur propre avaticemeiit ')

La fui est un iiinu\euieiit de l'àmc par lequel l'esprit adhère à l'objet révélé que l'Eglise nous présente. Le terme de foi s'emploie tantôt pour exprimer le mouvement de l'àme, tantôt pour exprimer l'objet révélé auquel l'esprit adhère. En tant qu'elle est un mouvement de l'Ame, la Foi doit être sincère (I ardente ; en tant qu'elle désigne l'objet de la croyance, elle doit être fidèle. Le mouvement de l'âme ne suffît pas à constituer la foi : les aspirations religieuses qui se perdent dans le vague, qui cherchent l'idéal ou même Dieu au sens très vaporeux du mot, n'ont pas la foi ; pour devenir la foi, ce mouvement intérieur doit embrasser tout ce que l'Eglise présente comme objol de croyance. Cet objet lui-même, pris isolément, ne constitue pas la foi : on rencontre des hommes très instruits du symbole et même de la théologie, et qui, cependant, ne croient pas ; cette science ne devient la foi que si l'âme s'y attache tout entière comme im à objet, non seulement certain, mais révélé dt- Dieu.

La foi doit avoir trois qualités principales ; elle doit être surnaturelle, intégrale, agissante.

Elle doit être surnaturelle, c'est-à-dire le fruit de l'Esprit de Dieu dans le mouvement d'àme qui est à son point de départ, ainsi que dans l'objet présenté à notre croyance. Ce fut le point le plus subtil du Modernisme de concevoir une foi chrétienne dépouillée de tout surnaturel : l'Ame ne serait point mue parla grâce divine, mais par des aspirations et des besoins émergeant du fond même de la nature raisonnable à la recherche de Dieu ; de même, l'objet de la croyance serait accepté et embrassé par l'âme avide de divin, non point parce qu'il est révélé de Dieu et admis sur son autorité, mais parce que l'Ame le reconnaît conforme à ses besoins et seul capalile de remplir ses aspirations. De la sorte, tout serait, dans la foi, fruit de la raison. Cette foi ne serait plus, dès lors, la foi chrétienne. Aussi n'est- 11 pas surprenant que celte doctrine naturaliste ait été repoussée

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