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Parmi les jouiu's ^'(Mis (jul oiilrciil au séminaire, soyons certains (pi'il en est plusieurs imbus de ces iilées ; ce sont ceux dont la culture pliilos()|)lii([no, aujourd'hui si rationaliste, a été le plus jjoussée. Sans (pi<' nous y prenions ^anlo, ils \i\enl, ils avancent, ils arrivent, n'ayant (pi'une foi humaine, au milieu déjeunes confrèies parrailemenl pénétrés de foi surnaturelle. Les mis et les autres siiixenl les mêmes exercices, expriment leurs sentiments respectifs dans la même langue : et ce[)endant, le fossé qui les sépare est un abîme. C'est pourquoi il y a tant lieu pour les supérieurs d'insister, dans leurs lectures spirituelles, sur le côté surnaturel de la foi. Pour la même raison, les directeurs de conscience doivent sonder l'àme de leurs pénitents pour en connaître les vraies dispositions, et développer le caractère surnaturel de leur foi et de leur piété.
La foi intégrale est celle où l'àme, dans son mouvement d'ascension vers Dieu, accepte l'olijet révélé tel qu'il est, c'est-à-dire tel qu'il est présenté par l'Eglise. Elle ne le discute point, elle ne soumet point ses divers articles au jugement de la raison, elle prend tout, tout ce qui est enseigné comme de foi. Du reste, la foi qui diviserait son objet, acceptant certains articles et rejetant les autres, se détruirait elle-même : car c'est bien à elle que doit s'appliquer ladage : Boniim ex intégra causa, malnm ex quocumqiie defectii. Ils ne sont donc pas recevables, les laïques qui disent : « Moi, je m'en tiens à la foi de Bossuet et du concile de Trente », lorsqu'ils ep.lendent par là exclure les articles définis depuis lors par l'Eglise et rejeter les condamnations d'erreurs survenues depuis le xvi" siècle. Il est rare que la foi ne soit pas à 1 état intégral dans un jeune clerc. Cependant l'esprit critique, plus développé àlégard de certains articles, pourrait être l'indice d'un fléchissement de foi sur les points représentés comme difïicultueux. C'est alors qu'il importe, par un avertissement ferme, de rappeler un jeune homme à la parfaite intégrité de la foi.
(( La foi sans les oîuvres, dit l'apôlre saint Jacques, est une foi morte'. » La foi, en efTet, nourrit sa ^ie par l'action ; elle sornmeille, elle languit, elle finit par périr, si elle nest pas agissante. Or elle se révèle dans l'activité de l'homme par l'esprit de foi et par les inspirations de la foi.
L'esprit de foi projette une lumière surnaturelle sur ](choses et sur les é^énemcnts. L'homme animé de l'esprit de f' i ne juge rien du seul point de vue de la raison, il consulte toujours l'oracle de sa foi. Ainsi, derrière l'écorce plus ou moins fruste d'un homme, il voit le chrétien, le temple de Dieu, digne de respeclet plus riche peut-être en mérites qu'un autre homme, mieux doué du côté de la nature. Dans les événements, l'esprit de foi se plaît à découvrir et à adorer la main de Dieu : quelque fâcheux qu'ils soient. Dieu ne les a pas permis sans quelque dessein secret de sa sagesse ; s'ils sont heureux, Dieu les a permis pour notre consolation et notre progrès. L'homme de foi €st-il atteint dans sa personne par des revers ou parla maladie, il adore avec Job la volonté de Dieu et l'accepte sans murmurer.
Les inspirations de la foi mettent au cœur de l'homme le <lévouement, le don de soi, l'esprit de sacrifice. C'est à ce signe iju'on peut mesurer, dans im séminaire, l'esprit de foi des jeunes ■clercs. C'est aussi la meilleure marque pour reconnaître dans les prêtres la vivacité de leur foi. Quand on croit pour tout de bon, en effet, peut-on souffrir que Dieu soit inconnu ou blasphémé, que les âmes se perdent pour l'éternité? Laissera-t-on les dons de Dieu inactifs en ses mains ? Non, on cherchera les âmes qui ne viennent pas ; on ira jusqu'au bout du monde pour secourir les plus abandonnées et les plus enténébrées : mais on fera quelque chose pour Dieu. Et si les murs du séminaire retiennent ce zèle prisonnier pour un temps, cependant la foi sera agissante dans la solitude par la perfection apportée dans l'accomplissement du devoir quotidien.
' Fides sine operibus raortua est. Jac, ii, 50.