‹ Contribution à l'Education des ClercsChapitre 35 sur 60 · I. Le bon esprit · texte numérisé non relu

I. Le bon esprit

Et d'abord qu"appelle-t-on l'esprit d'une maison? Pas les. idées qui y ont cours, et qui en constituent la mentalité ; mais les dispositions, les sentiments de sympathie ou d'antipathie à l'égard de l'autorité. Les courants de sympathie constituent le bon esprit; les courants d'antipathie constituent le mauvaisesprit.

a) En quoi eonsisle le bon esprit . — Le bon esprit consistedans les dispositions de sympathie des élèves à l'égard de leurs maîtres.

Les élèves pensent bien de leurs maîtres : ils estiment leur vertu, leur savoir, leur dévouement, leur désintéressement. Ils mettent en eux leur confianee ; ils tiennent leur enseignement pour compétent et le reçoivent avec docilité; ils tiennent leur direction pour éclairée, et ils la recherchent avidement; ilstiennent leur vertu pour sérieuse, et ils en reçoivent une édification efiicace.

* Ui'sunié d'uno Conférence donnée à la retraite de VAlUancc des Grandi- Sciniiiaircs en 1001).

Celte confiance incnie les conduil à leurs maîtres. Ils les reche relient en récréation et se plaisent dans leur compagnie. Ils les assiègent à leurs chambres, pour obtenir des éclaircissements dans leurs études, pour prendre leurs conseils dans leurs difficultés, pour se conscler près d'eux dans leurs chagrins.

Ils parlent de leurs maîtres en bons termes. S'ils relèvent en eux quelques petits liavers, ce n'est jamais par méchanceté, .mais par simples espiègleries.

Ils seraient désolés de leur causer de la peine ; ils ne leur jouent pas de mauvais tours ; ils ne leur adressent pas de paroles piquantes et outrageantes; ils sont serviables à leur égard et préviennent leurs moindres désirs. Ils aiment leurs maîtres : de là procède leur lx)n esprit.

b) Les effets du bon esprit. — Il produit la joie et la fécondité.

On est heureux dans les Séminaires où souffle le bon esprit. ■On s'y plaît, on y sent tous les cœurs dilatés, ibi amatur, non laboratur ; aul, si laboraliir labor aniatar (S. Aug). Le temps passe avec rapidité ; l'ennui est inconnu.

« C'est le lieu le plus voisin du ciel », disait un jeune américain, du Séminaire d'issy. On n'est pas impatient de voir Acnir les vacances; la rentrée est attendue et saluée avec bonheur. Au Séminaire, on est chez soi.

La fécondité est l'heureux fruit d'un tel milieu. Dans cette atmosphère, chaude et lumineuse, la vie pousse, monte, produit de riches moissons. Quoi d'étonnant? Là où règne le bon esprit, la discipline est observée, le travail est appliqué, la prière est goûtée, l'effort moral est généreusement accompli. Le royaume de Dieu s'établit dans les âmes : ibi caritas et anior, ibi Deiis est.

c) Les causes du bon esprit. — Le bon esprit n'est ni dans les belles maisons, ni dans les vastes jardins, quoique tout ce qui favorise l'hygiène facilite le bon esprit. Il n'est ni dans l'aisance, ni dans les tables bien servies, quoique le soin maté-

Page 1