‹ Contribution à l'Education des ClercsChapitre 39 sur 60 · i MOil VI.ITK l»i:S VAC.VNCKS · texte numérisé non relu

i MOil VI.ITK l»i:S VAC.VNCKS

fait est rar«*. ot il soiait si rlraii^rc, el il rôvriorait \iuc sensibilité si frapil(\ (|u'il \ aurait à bénir Dieu <jue la faiblesse du séminariste ail éclairé ses maîtres sur l'inaptitude d'un jeune homme à la vie austère du prêtre.

Danf^ers pour la vertu ? On dit (pie dans certaines régions, comme l'Aïuéricpie du Sud, l'Italie du Sud, l'Espagne du Sud, la corruj>tion est si grande (|u'il est ditïlcile au\ séminaristes de ne pas être contannnés ; je comprends (pi'en pareil cas on prépare à ces enfants des lieux de repos où ils soient préservés. Mais il n'en est pas ainsi en France ; les séminaristes trouvent chez eux des milieux sains moralement ; aussi les envoie-t-on sans appréhension dans leurs familles. Que si des circonstances particulières créent à tel ou tel des dangers réels, je sais avec quel zèle les supérieurs des séminaires avisent au moyen de leur procurer des vacances saines.

Par contre, que de périls dans ces vacances oisives prises par un groupe de jeunes gens, même ecclésiastiqnes, dans une campagne isolée du monde ! J'en parle d'autant plus sciemment que, durant plusieurs années, j'en ai touché du doigt les graves inconvénients. C'est à tel point que, dans la maison dont je parle, on s'ingénie désormais, chaque année, à trouver un lieu honnête de repos pour les jeunes gens qui n'ont point d'abri dans leurs familles.

Le mal le moins immédiat, mais qui n'est pas le moins profond, est le manque d'éveil, d'expérience, de maturité, (jui résulte d'une vie de pensionnaire toujours prisonnier. Que l'on compare l'enfant qui a grandi dans sa famille, ou qui du moins en a souvent respiré la douce atmosphère, à l'enfant qui a été élevé dans un orphelinat, et l'on comprendra sans peine ce que je veux dire de la profonde dilférence de développement des facultés.

De plus, ces préservés d'aujourd'hui sont des victimes pour demain. L'observation en apprend long sur ce sujet. Un tempérament moral, élevé en serre chaude, qui n'a pas été aguerri par le contact de l'air extérieur et qui n'a pas lutté pour con-

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server la \ie, est sans résistance devant les premiers assauts de l'air cru et des vents violents du dehors. En fait, si on a évite certaines chutes prématurées, on n'a réussi qu'à masquer l'iï!capacité des faibles, sans armer ceux qui auraient pu devenir forts.

D'ailleurs, dans ces internats de vacances, la préservation ■est-elle aussi réelle qu'on le suppose? Des jeunes gens désœuvrés, dont l'esprit et les sens ne sont absorbés ni par le travail, ni par des distractions bien prenantes, qui essuient tous les jours les ennuis des mêmes frottements de caractère, dont les journées vides et sans intérêt ne sont coupées que par des exercices religieux accomplis sans goût, de tels jeunes gens sont-ils vraiment placés dans des conditions favorables d'éducation humaine, morale et religieuse ?

Mais peut-être ai-je trop insisté sur une thèse où je ne fais que partager, au fond, le sentiment de presque tout le monde...

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