‹ Contribution à l'Education des ClercsChapitre 44 sur 60 · I.K I.VIIN l)\\S LES SÉMINAIHES · texte numérisé non relu

I.K I.VIIN l)\\S LES SÉMINAIHES

•fliaiifs'oiiioiits : r«'iist'i^MU'tnoiil des (jiaiuls Srminaiios s'csl [)i(»rttiKl(''iiuMil modilir. Kl jo no ]ku1o pas ici dos Iransformalions de lanpa^'o (|iii oui irsidlô do li^Mioraiico du laliii oliez nos jeunes ôlô\es : jo no pailo «ino dos Iransfornialions qne les <^irconstanccs mêmes ont iidroduitcs dans l'objet de l'enseignement. Certes il n'est rien dans cet objet qui ne soit conforme à l'enseignement de l'Kgliso. Homo sait a\ec quel religieux scrupule les Supérieurs ot los ])iorosseurs de séminaires suivent les directions ]>onlilicalcs et répudient les moindres apparences d'erroiir. Néanmoins, si lidôlomenl orthodoxe qu'il soit, cet objet subit tous les jours des variations. Dans certains séminaires,- on a introduit les sciences physi({ues et naturelles : on y parle en français. Le programme d'histoire s'y est développé : on l'étudié en fiançais. L'Ecriture sainte tient une place plus large et plus honorable qu'autrefois ; mais elle ne •consiste plus dans le seul commentaire du texte de la ^ ulgate ; la nécessité de réfuter les erreurs modernes y a fait entrer la •critique : or l'exposé des systèmes nouveaux et leur réfutation se font en français. La philosophie, à sou tour, tout en restant scolastique et fidèle au texte même de saint Thomas, rencontre les systèmes modernes, et, pour plus de commodité, elle les expose, les critique et les réfute en français. Ainsi en va-t-il de la théologie. Même si les élèves parlaient couramment le latin, le français tiendrait fatalement une grande place dans les classes. Qui ne voit combien la pente est glissante? Qui ne sent comment, les difficultés du latin aidant, on en arrivera, on en est arrivé, disons le mot, à faire presque exclusivement usage du français dans l'enseignement? Et plus on nc-glige le latin, plus on en prend le dégoût.

Voilà comment, dans les Petits et dans les Grands Séminaires, les changements survenus dans l'objet même de l'éducation ont fait échec au latin.

c) Le mal s'est précipité durant ces dernières années par le fait de l'inspiration antireligieuse qui a présidé, en France, à Ja confection de nos programmes scolaires. 11 semble manifeste

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que la gnerro a été déclarée au latin, et on n'en ^Tut tant au latin que parce qu'il est la langue de l'Eglise, parce qu'au latin sont liées toutes les vieilles traditions françaises.

Désormais, dans l'éducalion française, il y a des voies qui conduisent au baccalauréat, à la licence et à la plupart des carrières libérales, sans qu'il soit besoin de latin. Or, que des jeunes gens pieux, après avoir pris cette culture extra-classique, soient inclinés vers le sacerdoce et nous arrivent dans les séminaires, ils ne prendront qu'une très superficielle teinture de latin, et nous devrons, pour ces jeunes gens, d'ailleurs intelligents, réduire à un minimum regrettable l'usage du latin dans nos classes.

Il est vrai qu'il y a des sections secondaires où le latin est obligatoire. iMais ne savez-vous pas à quel point il y est réduit? On lui consacre si peu de temps, (ju'il ne saurait jamais devenir d'une lecture familière. Etant donné que nos Petits Séminaires eux-mêmes subissent lesprogrammesuniversitaires, parce que, suivant le mot même de Pie X à propos des séminaires italiens, il faut bien que les jeunes gens qu'on y forme soient aptes, dans le cas de non vocation, à se faire une carrière dans le monde, il en résulte que la masse même de nos jeunes recrues nous arrive avec une connaissance insuffisante de la langue latine, et que nous nous sentons obligés de parler à nos élèves la seule langue qu'ils comprennent, c'est-à-dire le français, pour être à leur portée. Personne n'expérimente mieux que nous à quel point la langue de l'Eglise soutTrc de la suppression du tlième latin, des vers latins, de la dissertation latine.

Voilà, messieurs et chers confrères, bien des causes qui nous expliquent comment, sans une pleine responsabilité de notre part, le latin est tombé parmi noiis. Prenant conscience aujourd'hui de cette déchéance et de ses causes, devons-nous^ unir nos efforts pour y remédier? Oui, s'il y a un mal réel.

Or, c'est un mal réel et grave, ainsi que j'espère vous le démontrer.

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