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I.E I.ATIN t»A\S LES SEMINAIRES

Insliluls callu>li(iiies. cl encore dans quelques séminaires. A peu piès pailout, le professeur donne ses explications dans la langue nationale, même quand on use de manuels latins. C'est la pente ainsi cl(>sfonclue fju'il faudrait remonter.

Pour légitimer l'emploi dr la langue nationale dans les explications du piolVssenr. voici les raisons qu'on a coutume d'allé- £;"uer. Ce serait, dit-on, sacrifier renseignement de la théologie au latin, ce serait faire une classe de latin et non une classe de théologie. En ettet : 1° heaucoup d'élèves nous arrivent si faibles en latin, qu'ils ne tireront jamais un profit quelconque d'explications verbales données en latin; 2" les plus intelligents eux-mêmes n'atteignent jamais à la pleine lumière sur les questions débattues, tant qu'ils ne les ont pas discutées avec la liberté que, seule, leur propre langue peut donner; 3° les professeurs, de leur côté, ne jouissent jamais de la plénitude de leurs moyens intellectuels dans une langue étrangère, et par conséquent, chez nous, n'expliquent jamais aussi nettement la leçon en latin qu'en français ; 4° il y a grande utilité à ce que des séminaristes, destinés à enseigner les vérités religieuses au peuple en français, les aient reçues pour leur propre compte •dans la langue même où ils devront les exprimer. Je n'ajoute pas une cinquième raison, souvent invoquée pourtant, à savoir ■que professeurs et élèves ne parlent et n'écrivent qu'un latin •de cuisine : hélas! je crains que, parlant et écrivant le français, ils n'usent aussi que d'un français de cuisine. Il n'y a donc pas lieu d'en tenir compte.

Ces raisons, certes, ne manquent point tout à fait de fondement. Elles nous permettent de comprendre pourquoi, presque partout, sous les yeux de leurs Supérieurs et avec l'approbation <le leurs Evêques qui ne peuvent l'ignorer, des hommes aussi graves et aussi consciencieux que des Directeurs de Grands Séminaires donnent leurs explications de classe en langue nationale.

Je ne crois pourtant pas ces raisons péremptoires. En effet : 1° Dans la plupart des diocèses, les études classiques sont si

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sérieuses que, pour peu qu'on y ajoute du latin, les Séminaristes seront vite en état d'entendre des explications latines et de s'intéresser aux questions les plus épineuses exposées en liiliii. II \ faut un apprentissage, pénililo au début, mais suivi, plus tôt qu'on ne le j)ense, de bons résultats. Là où l'expérience s'en est faite, on a constaté que les élèves s'adaptaient fort bien à la parole latine. — 2" Le latin peut devenir si familier, qu'il ne soit plus une entrave à la liberté intellectuelle; au reste, il il ne s'agit pas d'interdire tout usage du français; le maître y aura recours quand il le sentira opportun. — 3" les professeurs, s'ils usent babituellemcnt du latin, n'y seront pas longtemps gênés dans leurs entournures, d'autant moins que les formules de nos sciences ecclésiastiques sont lalinos, et que l'emploi du latin forcera les maîtres à se tenir plus près de leur vrai sens. — On ne nie point que la traduction des formules latines en langue nationale soit nécessaire : le professeur en donnera l'exemple quand il le jugera bon, et il en imposera l'exercice aux élèves dans des dissertations françaises ou autres essais de composition: mais il ne s'en prévaudra pas pour supprimer la parole latine. Par ailleurs, il est acquis depuis trois siècles que ce n'est point l'usage du latin, môme du latin scolasliqiie, qui empêche de bien parler et de bien écrire en français. N'est-ce pas au contraire du latin scolastique que le français a tiré la parfaite clarté du discours et l'incomparable précision des termes? 11 est bien entendu que c'est toujours de la philosophie, du droit canon et de la théologie qu'il s'agit, lorsqu'on parle de l'usage du latin.

Ma conclusion arrive d'elle-même : entrons résolument dans les prescriptions qui nous sont si sagement données de Rome pour relever le latin dans le clergé par l'emploi qu'on en fera dans les Séminaires. Outre que nous empêcherons ainsi le latin de périr, nous ferons une œuvre d'Église de premier ordre, puisque nous garderons vivante la langue de l'Église, puisque nous serrerons de plus près cette doctrine traditionnelle de l'Église, que nous avons mission d'enseigner.

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Du \";itican. Ir 17 août 1000.

.1/. l'abbc Cuibert. prcliy de Sai/il-Stilpicc, Supérietir (lu Sé/ni/idity ih' ri/islitii/ ca/ho/i/jue.

MONSIEI R l,E 8l PKIUKI ».

Je viens de recevoir le n" du l" août de « la Revue pratique d'apolo<?élique » que vous avez bien voulu m'adresser.

J'y ai lu avec un inicrrt particulier votre remarquable rapport sur le latin dans les Sé/nintnres, prononcé au dernier Congrès de VAllia/tce des Grands Séminaires. Aussi, ai-je eu à cœur d'en faire part à Sa Sainteté.

Déjà le Saint-Père avait exprimé sa haute satisfaction en apprenant qr.'une place importante avait été réservée à la grave question de la langue latine dans les Séminaires qui n'a cessé d'être l'objet des recommandations pressantes de la part des Souverains Pontifes, et après eux, des pasteurs de l'Église.

Comme vous l'avez fort bien fait observer dans votre rapport, sans une connaissance sérieuse et soignée de la langue latine, qui est la langue toujours vivante de l'Eglise, on ne peut obtenir une vraie formation intellectuelle et, dirai-je, spirituelle, ainsi qu'une solide science théologique si nécessaire à tout candidat au sacerdoce.

En renouvelant tous ses vœux pour le relèvement et le progrès de la langue latine dans les études des Séminaires et en faisant ^jarticulièremenl apppel au zèle des évêques, des supérieurs et des professeurs. Sa Sainteté vous félicite de votre intéressant rapport et vous envoie bien de cœur sa bénédiction. Je profite avec empressement de cette circonstance pour vous offrir. Monsieur le Supérieur, l'expression de mes sentiments dévoués en Xotrc-Seigneur.

Cardinal Merut del Val.

s III

L'enseignement philosophique dans les écoles catholiques

Dans son dernier Congrès, l'Alliance des Grands Séminaires a soulevé une question du plus haut intérêt. Tandis qu'on recherchait pour quel motif certains séminaristes, après avoir étudié avec goût la philosophie qui prépare au baccalauréat, n'écoutent qu'avec répugnance la philosophie scolastique qui prépare à la théologie, plusieurs membres de l'Assemblée crurent en avoir découvert la cause dans la dualité de l'enseignement philosophique : l'un, dit universitaire, donné en vue des examens officiels, l'autre, dit scolastique, particulier aux grands Séminaires.

Il se peut que la dualité ne soit qu'apparente, et que les <leux philosophies diffèrent, non par le fond des idées, mais «^eulementau point de vue pédagogique, par la façon dont elles sont enseignées : en français, suivant une méthode large et discursive avec de nombreux exercices de dissertations, pour le baccalauréat; en latin, suivant une méthode serrée et d'ordinaire sillogistique, avec moins de composition personnelle que d'efforts de mémoire, pour le grand séminaire. Et je suis persuadé que, dans la plupart des cas, les divergences se réduisent ^^n effet à ces questions de forme, tant les supérieurs et les maîtres de nos maisons secondaires libres ont à cœur de ne donner à leurs élèves qu'un enseignement philosophique chrétien.

Si, cependant, il se rencontrait des différences même sur le fond, si nos maisons catholiques n'étaient pas attachées partout

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