LIVRE PREMIER
PRÉLL\]L\AIRES
Pages^ § I. — Xos GRA>nS SÉMIWIUES 1
\'alour du cIoi'cîl' français, tant an regard dos autres institutions françaises, qu'en face des clergés des autres nations : il doit sa supériorité à ses grands séminaires. — Ce que sont nos grands séminaires. — 1° Nos grands séminaires sont diocésains. — 2° On n'y reçoit que des jeunes gens qui ont achevé leurs humanités. — 3° Obligation et durée du séminaire : personne n'est ordonr.é sans avoir fait ses années de séminaire; ces années de séminaire varient de quatre à six ans.
— 4° La discipline de nos séminaires : non seulement elle veut procurer l'ordre, mais elle prétend devenir une éducation. — 5° Le personnel directeur des séminaires : il se compose d'un supérieur et de professeurs ; les maîtres forment le conseil du supérieur; tous les maîtres participent à l'enseignement; en général, ils se partagent la direction spirituelle des séminaristes. — 6° La piété et la vertu : motif capital de la fondation des séminaires d'après le concile de Trente : divers moyens d'influence du séminaire sur la vie morale des élèves.
— 7° Les études : le cycle de la philosophie, le cycle de la théologie. — 8° L'appel aux ordres : il se fait par le conseil des maîtres au nom de l'Évèque; le directeur de conscience, muet à l'appel, conseille dans l'intimité à son pénitent d'y répondre ou non. — 9° La préparation pastorale : elle se fait par les instructions du supérieur et par une certaine participation aux œuvres extérieures.
S II. — Idée générale de l'édicatiox des clercs. . 3i
I. Le récit de la cn-ation do riiomnie, image de la formation des clercs. — 1" Oomme Dieu, nous prenons le <« limon » de la terre pour lui donner les traits humains : ce que sont les jeunes gens, non mulli nobiles, non niulli sajjienies, non nuilli potentes; nous devons en faire des personnes de condition, des intelligences cultivées, des volontés fortes. — 2° Sur la statue liumaine, nous soufllons la vie : car Tliomme n'accomplirait pas sa mission s'il n'était qu'une statue, même pour obéir il doit être vivant, à plus forte raison pour les initiatives qu'il doit prendre. — 3" L'esprit de vie doit î'tre l'esprit de Dieu : aj D'abord l'esprit de Dieu Créateur ou Vuteur de la nature : c'est par la culture humaine que nous le faisons; Itj Ensuite l'Esprit de Dieu Trinité, ou Auteur de la grâce et du surnaturel : nous le faisons, en donnant l'esprit de Dieu pour lumière par la foi, et pour vie par la prière et les sacrements. — II. Les agents de l'éducation des clercs. — 1" le supérieur, qui est à la fois administrateur, homme de discipline, l'âme du séminaire. — 2" les maîtres, soit dans leur Assemblée, soit en classe, soit par leur influence privée. — 3" le directeur deconsscience, « père » des séminaristes, qui applique dans l'intinuté les principes de bien semés en général dans la communauté.
LIVUE II
si. — Pour multiplier les vocations ; 59
La disette de prêtres devient telle qu'il faut chercher des vocations. — Divers moyens. — i" La prière. — 2" La recherche active, soit pour éclairer les âmes qui s'ignorent, soit pour décider celles qui hésitent, soit pour écarter les fausses vocations. — Cette tâche de recruteur incombe aux prêtres, aux parents, aux éducateurs. — 3" Décider les enfants : aj La voie d'autorité n'est pas la bonne : n'enrôlons que des volontaires; bj La voie de persuasion est la meilleure. — Pour persuader ne pas faire jouer les motifs bas et humains : situation
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Iiononiblc. fnifiiuc, coiisidt'ratioii sociale, cultnro iiitrllcctuoll(>. — McUrccii ;iv;uil les inotils (''Icvt'S et suriiiiliirpls : faire concevoir une j,Mande esliine du saeeidoce; faire aimer passionnénuMil la reli^Mon. — A relie aelion persuasive travailleront les parents, les maîtres et les prêtres. Pour recruter des vocations dans les onivres post-scolaires, nécessité d'\ faire régner la piété.
S II. — Lv co\si:hv\ti(»> ni:s vocmios 7(>
11 ne sullit pas de rechercher et de recruter des vocations; encore faut-il les conserver. — Un triage est à faire mais le déchet (pii en résulte doit être réduit. — Divers moyens d'éviter le gaspillage des vocations. — 1° Commencer les enfants au presbytère, et ne les envoyer au petit séminaire qu'en sixième ou en cinquième. — Crande utilité des écoles presbytérales. — Avantages de cette transition pour les enfants. — 2" Faire du petit séminaire, tout en conservant les droits de la discipline, un milieu familial, où les enfants se sentent heureux et aimés. — 3" Diriger sagement les enfants au moment de la crise de la sensibilité : écarter ceux pour qui la chasteté serait visiblement imiiossible; exercer les autres à la vertu par des motifs très surnaturels. — 4° Conjurer le danger des vacances : non point en les, supprimant, car elles sont nécessaires; mais en mettant les jeunes gens à l'abri du scandale, de l'ennui et des séductions du monde. — 5" Prévenir la lassitude, en soutenant le pieux enthousiasme d'où est née la vocation : parler plus souvent de la vocation sacerdotale dans tovites les maisons d'éducation.
S III. — Poi H n'avoir QIE DE BONS PRÊTRES
I. Combien l'Église redoute qu'il y ait de mauvais prêtres. — Institutions multiples créées par elle pour qu'il n'y ait que de bons prêtres. — Malgré ses efforts il y a encore des infidèles : les uns scandaleux, les autres cachés, les autres stériles. — Et cependant rien n'importe à la restauration religieuse comme la vertu du corps sacerdotal. — II. Moyens à prendre pour n'avoir que de bons prêtres. — 1° Un grand discernement doit présider au premier choix des enfants. — Ecarter les influences capables d'altérer l'indépendance du choix. — Quels enfants il faut repousser; quels enfants on peut ad-
Pas'es nieltre. — 2" Une ferme élimination doit écarter les jeunes gens douteux durant le cours des études. — Les uns ont été appelés à tort: les autres ont irrémédiablement succombé à Ja crise morale; d'autres ont été perdus par la crise intellectuelle ou la crise religieuse. — La notification du refus d'appel doit être faite avec discrétion, mais avec fermeté : ne céder aux réclamations ni des jeunes gens, ni des fanîilles. ni des bienfaiteurs: se mettre en garde contre ses propres faiblesses. — 3° Assurer la persévérance des jeunes prêtres sanctifiés par le séminaire. — Divers assauts que subit le jeune prêtre : assaut dans sa vie morale, assaut dans sa vie intellectuelle contre sa foi, assaut, inévitable celui-là, cju'on peut appeler la crise du caractère. — Moyens de conjurer ces assauts : aj Donner une forte trempe intellectuelle et morale par l'éducation à ceux qui se destinent au sacerdoce afin qu'ils aient en eux-mêmes une force de résistance ; bj Soutenir le prêtre par des moyens extérieurs : qu'on l'encadre, et qu'il s'encadre lui-même : qu'on l'occupe, et qu'il s'occujje par l'étude et les œuvres de zèle.