‹ Contribution à l'Épidémiologie de la Fièvre TyphoïdeChapitre 10 sur 17 · ANT · texte numérisé non relu

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La durée de cette bactériurie est sujette à varier beaucoup. Mahaut lui a assigné comme valeur moyenne, de 20 à 40 jours. Il est entendu qu'elle peut se chiffrer par des mois et des années ; en voici des exemples :

Un soldat allemand, dont l'observation a été publiée par Bussing (7), avait contracté la fièvre typhoïde à Tientsin, en octobre 1901, au cours de la dernière expédtion de Chine. À Brême, où il fut envoyé en convalescence, on eXamina ses urines et on y trouva des bacilles d'Eberth, entre autres le 17 avril 1902. Donc, chez cet homme, la durée de la bactériurie éberthienne n'était pas moindre que six mois.

Un malade, qui ne se souvenait pas d’avoir eu la fièvre typhoïde, était atteint d'une cvystite éberthienne, depuis trois années déjà, à l'époque où son observation a été publiée par Houston (42). À l’idée de ce dernier, le malade en question avait contracté sa cystite éberthienne au contact d'un enfant typhoïdique.

Un autre malade, dont l'observation a été publiée par Gwinn (43), présentait de la bactériurie éberthienne, à l'époque de sa sortie d’un hôpital où il avait été soignée de la fièvre typhoïde. Or, Gwinn à pu se rendre comple de la persistance de celte bactériurie, cinq années plus

tard.

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Faits épidémiologiques invoqués en faveur du rôle des porteurs chroniques du bacille d'Eberth dans la propagation de la fièvre typhoïde.

a) Transmission de la fièvre lyphoïde par le bactlle d'Eberth excrété avec les fèces. — La réalité dencette transmission a été établie d’une façon quasi irrécusable par un ecrlain nombre d'enquêtes entreprises en Allemagne principalement ; elles ont eu pour objet de découvrir la provenance du contage infectieux, au cours de petites épidémies ou endémies de fièvre typhoïde, qui ne pouvaient être mises sur le compte d’une contamina: Jon de l'eau. Voici une relation sommaire des principales enquêtes de ce genre, groupées par noms d’auteurs.

P. KinGer (31) : À. Hœrdt, dans un asile d’aliénés, des cas de fièvre lyphoïde étaient survenus vers la fin de septembre 1904, dans deux divisions d'hommes, séparées par une cour commune. Tout d'abord il fut impossible de découvrir l'origine de l'infection, On isola les malades, on désinfecta avec soins leurs déjections. Malgré cela, de nouveaux cas de fièvre typhoïde firent

leur apparition dans les mêmes salles, jusqu’à ce que,

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fin janvier 1905, une enquête instituée en conséquence, eût fait découvrir parmi les pensionnaires de l'asile, deux porteurs chroniques du bacille d'Eberth. On s'empressa de les isoler et la fièvre typhoïde fit mine de disparaître. Toutelois, après un intervalle de quaire semaines, un nouveau cas vint à se déclarer, dont il fut impossible de découvrir la provenance.

Kayser (29) : « Un ouvrier boulanger tombe malade, le 20 mai 1904 ; il entre aussitôt à l'hôpital, où on le reconnaîl atteint de la fièvre typhoïde, et il y succombhe dans le courant du troisième septenaire. On fait une enquête, chez la patronne du décédé, la femme E...; on apprend que celle-ci avait eu la fièvre tyYphoïde, dix années auparavant, et que, depuis lors, tout ouvrier ou apprenti, nouvellement embauché, ne tardait pas à être affecté de « dérangements d'estomac, et d’un catarrhe intestinal ». Ce résultat, la susdite patronne le mettait sur le compte de la « trop bonne nourriture » qu'elle donnait à son personnel.

« La suite de l'enquête démontra que la femme en question évacuail des bacilles d'Eberth avec ses selles, et en grand nombre, par moments. Le 8 août 1905, son propriétaire, qui usait du même cabinet d'aisance qu'elle, tomba malade d'une fièvre typhoïde grave, dont il fut soigné à l'hôpital et à laquelle il succomba le 31 août ; impossible de découvrir une source à l'infection, aulre ‘que celle que l'on présuma résider dans les rapports de voisinage avec la femme E... Celle-ci, sous la pression de la police, se fit admettre en observation à l'hôpital.

On put ainsi se convaincre que ses déjections renfermaient des bacilles d'Eberth, en très grand nombre. Elle ne présentait, du reste, aucune manifestation pathologique apparente, sauf qu'elle avait le foie manifestement gros.

« Une revendeuse, la femme M., âgée de 40 ans, avait été reconnue, le 24 novembre 1904, comme évacuant des bacilles d'Eberth avec ses déjections et ses urines. Elle avait eu la fièvre typhoïde, trente années auparavant. Depuis cinq ans, elle était sujette à des attaques de coliques hépatiques. L'épreuve de la réaction agglutinative, pratiquée le 11 janvier 1905, avait donné un résultat positif.

« Le gendre de cette femme, qui vivait avec elle, fut atteint de la fièvre typhoïde, le 20 mai, et son propriétaire eut le même sort, le 17 novembre. Tous deux ont été soignés à l'hôpital ; le second est mort. Une enquête a démontré que les trois personnes susdites usaient du même cabinet d'aisance, et de la même vaisselle : elle n'a pas fait découvrir d'autre source de contamination (a). » .

Kayser (30) : Au printemps de l’année 1905, cinq personnes qui habitaient différentes rues à Strasbourg, succombèrent à la fièvre typhoïde, en l'espace de quelques jours. Toutes avaient consommé du lait cru, provenant de deux fermes des environs de la ville. Les habitants de ces deux fermes étaient en parfaite santé. Toutefois,

(a) Extrait de la Revue internationale de clinique et de thérapeutique, 1906, n° 2.

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