‹ Contribution à l'Épidémiologie de la Fièvre TyphoïdeChapitre 11 sur 17 · AVI · texte numérisé non relu

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le fils de l'un des fermiers, un garcon de 12 ans, avait dû interrompre la fréquentation de l’école, six mois auparavant, parce que malade « d'une toux », L'enquête démontra que ce garçon excrétait avec ses fèces, de nombreux bacilles d'Eberth.

La recherche de ce même bacille dans les déjections des autres habitants de Ia ferme n'a donné que des résultats négatifs. Quant au reste, la disposition des lieux était on ne peut plus propice à une contamination du lait par le purin et par le contenu des fosses d'aisances (celles-ci se trouvaient au voisinage immédiat du puits dont l'eau servait au lavage des ustensiles de laiterie). Ces mêmes conditions favorables à une contamination du lait se trouvaient réalisées dans l'autre ferme, dont, à vrai dire, aucun des habitänts ne fut reconnu bacilliice.

Du 5 au 23 juin 1905, on releva, à Strasbourg, 8 nouveaux cas de fièvre typhoïde, et du 1* au 26 août, en tout 17 cas, dont 2 avec dénoument fatal. Tous se rapportaient à des malades qui avaient consommé du jai cru, malgré qu'on eu signalé à la population les dangers de cette pratique. Ce lait provenait d'une seule et même laiterie, qui s'approvisionnait dans différentes fermes. Une enquête fut instituée par l'inspection sanitaire ; elle aboutit à faire soupconner que des cas de fièvre typhoïde s'étaient produits récemment dans l'une d'elles. Bientôt on acquit la preuve que la fermière, spécialement préposée à la laiterie, rendait des bacilles d'Eberth

avee ses déjections. Il fut alors décidé que le lait ne quit-

lerait plus la ferme, sans être préalablement pasteurisé. A partir de ce moment, il ne se produisit plus de nouveau cas de fièvre typhoïde, dans la clientèle de Ta Tailerie susdite.

Au mois d'août 1904, 2 typhiques étaient en traitement dans une ferme des environs de Strasbourg ; de

cette même ferme, 7 litres de lait étaient transportés quo-

tidiennement en ville, par un marchant. Une des chien-

tes de €e marchant, une jeune fille, qui absorbait son lait cru, contracta la fièvre tvphoïde. Un peu plus tard, la fille du marchand eut le même sort. À noter que les gens qui, dans la ferme incriminée, S'occupaient de la manipulation du lait, avaient donné des soins à deux typhiques, malgré la défense qui leur en avait été faite.

D'après Kayser, du 1% janvier 1904 jusqu'en octobre 1905, 260 cas de fièvre typhoïde sont survenus à Strasbourg, dont 60 étaient imputables à l'absorption de lait cru. En ne tenant compte que des 126 cas relevés dans le courant de l’année 1905, la proportion des cas où l'usage du lait cru pouvait être incriminé dans le développemnet de la maladie s’est élevé à 40 %,.

Kayser a noté également que le nombre des cas de fièvre typhoïde imputables à l'usage du lait cru est allé en augmentant, au fur et à mesure que s'élevait la tempéralure atmosphérique.

Frosen (21) : Une enquête dont le compte rendu a été pubhé par le D' Frosch, constitue un des épisodes les plus intéressants de Ja lutte systématique entreprise par le gouvernement prussien, pour extirper la fièvre ty-

PA Tor:

phoïde de certaines provinces allemandes du Sud-Est, où, depuis de longues années,celte maladie sévit à l'état endémique. Elle a eu pour théâtre le cercle de Trèves. Très vite il se fit voir que dans les différentes localités la fièvre typhoïde revêtait partout les mêmes caractères épidémiologiques, et que, dans leur ensemble, ceux-ci parlaient contre l'intervention exclusive où même simplement prépondérante de Feau, dans la propagation de la maladie. Les différents facteurs connus pour intervenir dans cette propagation étaient tous incriminables, déclare textuellement le rapporteur. Toutelois la contagion par contact est intervenu pour une part prépondérante, et en l'occurence, le rôle des bacillifères éberthieñs n'a été rien moins que négligeable.

Les premières conslalalions faites par la commission d'enquête ont de suite mis en évidence ce fait, que, dans le strict enquêté, les cas de fievre tvphoïde avaeint été beaucoup plus nombreux que ne l'indiquait la statistique basée sur les déclarations officielles. Aimsi, dans les villages du Hochwald, la commission a relevé les chiflrec suivants, qui se rapportent à une période d'observation

de dix-sept semaines :

Nombre de cas ayant fait l'objet :

DURE SNMP ARON ER Eee ot (ù D'un diagnostic précis (chnique ou bacre #0 " DR LÉO) PER RP EEE 26 D'un diagnostic de présomplion ..,.... 1

Or, tandis que toute apparence de filiation faisait défaut, entre les seuls cas de fièvre typhoïde ayant fait l'objet d'une simple déclaration, leur étroit enchaînement éclatait aux veux, quand on considérait la succession des cas, totalisés, des trois catégories susdites. Sur les dix-sept semaines qui composent la période d’observation sur laquelle a porté l'enquête, 1l n'y en a eu qu'une, où on n'ait pas noté un nouveau cas de fièvre Lyphoïde. Voilà pour l’enchaiînement des cas dans le temps. On a pu, corrélativement, mettre en évidence l'enchaînement de ces mêmes cas dans l’espace, si l’on peut s'exprimer ainsi. En effect, dans un même village, on a pu suivre la marche de la maladie, pas à pas, pour ainsi dire : dans une même maison, les différents: membres d'une même famille, jusqu'à dix et davantage, ont successivement payé le tribut à la fièvre typhoïde. Entre temps, la maladie avait fait son apparition dans la maison la plus proche, puis dans la suivante, et ainsi du reste, de telle sorte que toutes les maisons d'une même rue avaient été envahies de proche en proche. Or, ainsi que nous l’exposerons tout à l'heure plus en détail, dans quatre villages qui réalisaient de telles circonstances épidémiologiques, 1l a suffi d'isoler dans des baraques, les habitants, assez nombreux d’ailleurs — c'étaient pour la plupart des enfants — qui excrétaient des bacilles d'Éberth, pour que la fièvre typhoïde cessât de faire de nouvelles victimes.

H. Kossez (33) : Dans une ville (0...) allemande de 60.700 habitants, on avait relevé dans le courant de l'été

de 1906, 25 cas de fièvre tvphoïde, Is s'étaient répartis

de la façon suivante, quant aux dates d'apparition :

ÉD PRE, 3 Cas

DS UT tee Je 5 —

BNP TUE PRET 6 —

s ÉRARAOMENES ten, Il — 25 cas

Ce nombre élait relativement élevé, par rapport à ceux qu'on avait notés, les années précédentes, Une enquête démontra que des 25 malades 21 avaient consommé du lait, en majeure partie cru, provenant d'une même laiterie. À vrai dire, 2? malades n'avaient consommé le lait que bouilli : toutelois, ils avaient absorbé du pudding à la glace, confectionné avec de la crème recueillie à la surface de ce lait encore cru. Celui-ci fut soupconné d'être le véhicule du contage tvphique.

La suite de l'enquête a fourni des raisons sérieuses d'admettre que le lait suspect était déjà contaminé avant son arrivée chez le détaillant. Celui-cr se fournissait dans trois fermes différentes. L'une d'elles était soupconnée, depuis des années, d’être une source d'infection typhique, car depuis des années elle livrait également du lait dans la ville voisine, F..., où des cas de fièvre typhoïde étaient survenus exclusivement chez des personnes ayant consommé le lait de cette provenance. Des mesures d'hygiène imposées par les autorités de Fa ville de EF... au

propriétaire de la ferme en question, n'avaient pas em-

pêché que la fièvre typhoïde fit de nouvelles victimes parmi les habitants de F.….

C'est dans ces conditions que le D' IT. Kossel fut chargé de faire une nouvelle enquête, sur place, dans la ferme incriminée. Elle aboutit à ces deux premières constatations : l'eau utilisée dans la laiterie, pour tenir en état de propreté les mains du personnel et les ustensiles, était de qualité irréprochable ; des différentes personnes, au nombre de 15, occupées à la traite des vaches et à l'expédition du lait, aucune n'avait eu de maladie rappelant de près ou de loin la fièvre typhoïde. Des échantillons de fèces, fournis par les 15 personnes, furent ensuite adressés à l'institut d'hygiène de Giessen, pour faire l'objet d'un examen bactériologique. Dans un de ces échantillons, on fut à même de constater la présence de nombreux bacilles d'Eberth. Il provenait d’un domestique, spécialement chargé de l'entretien des porcs, et qu'on utihsait accessoirement pour la traite des vaches. Ce domestique était au service de la ferme suspecte depuis vingt années environ. [I cessa momentanément de participer à la traite des vaches, à la suite des explications données au directeur de la ferme. Or, un nouveau cas de fièvre typhoïde étant survenu à F..., chez une personne ayant consommé du lait provenant de ladite ferme en question, une nouvelle inspection fit constater que le domestique bacilifère avait de nouveau été affecté à la traite des vaches.

Nieter et LieeMANX (43) ont rendu compte d’une enquête faite dans un asile qui abrite environ 900 femmes

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