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éberthienne. La suite de l'enquête démontra que des cas de fièvre typhoïde étaient survenus, dans 7 des 10 familles au service desquelles avait été successivement attachée la cuisinière en question, pendant les dix années précédentes.
SCHELLER (90), dans un mémoire récent sur l'épidémiologie de la fièvre typhoïde, mentionne une endémie typhique qui, depuis quatorze ans, sévissait sur la population d'un domaine agricole. Or, seules les personnes qui consommaient le lait produit sur ce domaine avaient payé le tribut à l'endémie typhique ; des 140 autres qui n'avaient pas bu de ce lait, aucune n'avait été touchée par la fièvre typhoïde. Une enquête instituée en conséquence démontra que le personnel du domaine en question comprenait une femme qui avait eu la fièvre typhoïde, dix-sept années auparavant; le bacille d'Éberth se rencontrait dans ses déjections, à l’état de culture pure.
Voici d'autres faits empruntés à un travail du D° E. Ricklhn (49) et qui témoignent également, dans une certaine mesure, du danger de contagion, que font courir aux personnes de leur entourage, les porteurs chroniques du bacille d'Eberth :
« Un homme de 45 ans, hospitalisé depuis six mois, dans le service des maladies mentales de l'Univeristé de Strasbourg, contracte la fièvre typhoïde, au mois de février 1906, et succombe le 12 mars suivant. On fait l'examen bactériologique des déjections de toutes les per-
sonnes qui s'élaient trouvées én contact avec le décédé.
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On découvre ainsi, que l'infirmier chargé de laver a vaisselle excrétait des bacilles d'Eberth avec ses fèces, quoique bien portant. Cet homme avait eu la fièvre typhoïde, vingt-six années auparavant. Il se peut donc qu'il ait contagionné l’homme en question, la vaisselle ayant servi de véhicule au contage.
Un jeune homme de 18 ans était tombé malade de la fièvre typhoïde, peu de jours après son arrivée à Strasbourg, sans que dans cette ville il se fût trouvé en contact avec un foyer de contagion. Evidemment, il avait contracté le germe de sa maladie, dans son village. Une enquête démontra que la logeuse, chez laquelle 11 avait élé en pension, était une « bacillophore chronique » , elle excrétait des bacilles d'Eberth avec ses fèces.
Tout récemment un médecin militaire hongrois, le D' G. Pollak, relatait le fait suivant, qui est on ne peut plus suggestif.
Le G juillet 1906, un bataillon de pionniers vient o£cuper une nouvelle caserne. Du 20 août au 6 septembre 20 cas de fièvre typhoïde se déclarent parmi les honmes de la première compagnie ; les quatre autres compagnies de ce même bataillon restent indemnes. On en conclut qu'il y a lieu d’exclure l'hypothèse d’une conltagion par l'eau utilisée comme boisson. Une enquête établit, d'autre part, que dans cette caserne, occupée précédemment par les élèves d'une école militaire, 1l n'y avait pas eu antérieurement de cas de fièvre typhoïde, que le quartier occupé par la première compagnie disposait de latrines dont n’usaient pas les hommes des &-
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tres compagnies, enfin qu'un soldat dé la susdiie première compagnie avait été dirigé sur l'hôpital cwil de la localité, le 26 juillet. On l'avait traité pour un embarras gastrique, et il avait réimiégré sa compagnie, le 7 août. En réalité, cet homme avait eu une légère atteinte de fièvre typhoïde, et à son retour de l'hôpital, il avait contagionné un certain nombre de ses camarades, par l'intermédiaire de ses déjections. Le mode de construction des cabinets d’aisance s’y prêtait très bien, d’ailleurs, est-il dit, explicitement, dans le travail de M. Pollak. Celui-ci ajoute qu'il a suffi d’aviser en conséquence, pour enrayer l'épidémie naissante.
HUGGENBERG (25 bis) : En l'espace de 31 ans, de 1877 à 1906, 13 cas de fièvre typhoïde étaient survenus dans une même famille, qui habite la Suisse centrale, à N... La maîtresse de la maison avait été atteinte la première. Puis ce fut le tour de son mari. Successivement, plusieurs servantes payèrent le tribut à la maladie, et en dernier lieu, ce fut une brue, qua n’habitait la maison de ses parents que depuis quelques semaines. Ces treize cas de fièvre typhoïde ont été observés à des époques où cette maladie ne régnait pas à X..., aucun d'eux n’a été le point de départ d'une épidémie typhoïdique. La plus : grande propreté régnait dans la maison habitée par la famille en question. Après chaque cas de fièvre typhoïde survenu dans cette maison, on avait procédé aux mesures de désinfection, prescrites par les réglements publics. La literie, le linge avaient été renouvelés : on avait remis en état les cabinets d’aisance, etc., etc. Circons-