‹ Contribution à l'Épidémiologie de la Fièvre TyphoïdeChapitre 14 sur 17 · PT · texte numérisé non relu

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tance particulièrement intéressante à noter : les trois premiers cas de fièvre typhoïde étaient survenus dans une vieille maison qui fut ensuite abandonnée par la famille X... ; d'autre part, les chambres destinées aux domestiques avaient été changées à plusieurs reprises. Voire que deux fois la famille X... avait déménagé d'un élage dans l’autre, avec l'espoir de supprimer la contagion typhoïdique ; tout cela en vain.

Somme toute, on se trouvait en présence d'un ensemble d'éléments qui parlaient contre l'hypothèse d’une contagion médiate propagée par l’eau servant aux usages domestiques, ou par l'intermédiaire des cabinets d’aisance. L'idée vint alors de soupçonner l'intervention d'un bacilhière éberthien dans la genèse de cette endémie typhoïdique, si nettement circonscrite. On se décida à faire l'examen baclériologique des fèces de la maitresse de maison, qui, la première avait été alteimte de la fièvre typhoïde dans ce foyer d'endémicité. Il se fit voir, qu'effectivement cette femme secrétait le bacille d'Eberth, avec ses gardes-robes, Bref le D' Huggenberg a cru pouvoir conclure en ces termes : « Les examens répétés des fèces nous autorisent à incriminer, comme étant la cause déterminante d'une endémie lyphoïdique, une femme qui avait eu la fièvre typhoïde, 31 ans auparavant, et qui, depuis lors était restée bien portante ». On conseilla à celte femme de désinfecter ses gardesrobes, en y ajoutant du lait de chaux, et on lui recommanda de se laver les mains avec une solution antisep-

tique, plusieurs fois par jour.

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Park (43 bis) : Une cuisinière, qui ne se souvenañt pas d'avoir eu la fièvre typhoïde, fut reconnu comme excrélanc des bacilles d'Ebertn avee ses fèces. Or, à son contact, 29 personnes avaient contracté la fièvre typhoïde, en l’espace de huit années ; elles faisaient partie des familles au service desquelles avait été la cuismière en question.

À. et J. G. LepnGnamM (35) : Dans un asile d’aliénées, en Amérique, une petite épidémie de fièvre typhoïde ayant éclaté, on institua une enquête, pour découvrir la présence éventuelle de bacillifères éberthiennes parmi les internées. Trois de celles-c1 furent reconnues telles,et isolées ; du même coup, l'épidémie se trouva enrayée.

Haumonp (23 bis) : Au cours d'une épidémie de flèvre typhoïde, qui sévissait dans un hôpital américain, deux des hospitalisés, dont un jeune nègre de 13 ans, furent reconnus comme étant des excréteurs chroniques du bacille d'Eberth. On les soumit à un isolement rigoureux, après quoi,on ne vit plus se produire de nouveaux cas de fièvre typhoïde. Le jeune nègre susdit vint à mouriw environ un an plus tard. À son autopsie, on put constater la présence de nombreux bacilles d'Eberth,dans la vésicule biliaire et dans le foie.

IRwIN ET Houston (26 bis) : Dans une maison habitée par une Jeune fille de 20 ans, qui avait eu la fièvre typhoïde, sept années auparavant, six personnes différenles avaient successivement contracté la fièvre typhoïde. Une enquête fut instituée à cette occasion. Elle aboutit à faire découvrir la présence du bacille d'Eberth dans les-

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urines de la jeune fille qui, au demeurant, jouissait d'une santé irréprochable.On ne trouva pas de bacilles d'Eberth dans ses matières fécales. Après trois semaines de traitement par des injections de sérum vaceinal antityphique, elle se trouva débarrassée de sa bactériurie.

b) Rôle de la bactériurie typhique dans la propagation de la fièvre typhoide. — Ce rôle serait considérable, prépondérant même, au dire de quelques auteurs, en ce sens que ce serait le plus souvent les urines qui interviendraient comme véhicule du bacille d'Eberth, dans la contamination des eaux de sources, et autres, par ce bacille.

Voici ce que déclare, à ce sujet, dans sa thèse inaugural, le D° Mahaut (35), qui n'a fait que traduire lopinion de son maître, le prof. P. Courmont, de Lyon « La bactériurie typhoïdique est et sera toujours un des principaux points de départ de la contamination éberthienne, en raison de la facilité avec laquelle l'urine bacillifère peut contaminer les sources. »

D'après Lesieur (40) « la présence possible du bacille d'Eberth dans l'urine des typhiques, et, plus encore, sa persistance parfois fort longue dans la vessie des convalescents jettent un jour nouveau sur l'explication pathogénique de certaines épidémies d'origine hydrique, et rendent compte de la dissémination du germe morbide, mieux encore que ne pouvait le faire la notion de son existence dans les matières fécales. Celles-ci sont, en effet, moins longtemps et moins souvent virulentes, et

moins riches en bacilles d'Eberth, dont la pullulation

est entravée en partie par celle du colibacille ; de plus, elles sont beaucoup plus souvent et plus facilement surveillées. Aussi Kutscherer écrit-il « que l’urine se place en première ligne comme source d'infection, ». Ces lignes ont été inspirées également par l’enseignement du prof. Courmont.

Donc, à s’en rapporter aux lignes qui précèdent, les urines émises par des personnes en puissance d’une bactériurie éberthienne participeraient surtout à la propagalion de la fièvre typhoïde par voie indirecte, médiate. Tant à la campagne que dans les villes où fonctionne le « tout-à-l'égout », ces urines viennent facilement en contact avec les eaux destinées aux usages domestiques ; d'où une contamination que ne saurait prévenir la surveillance la plus minutieuse exercée sur les sources qui

alimentent en eau potable les agglomérations grandes ou petites.

D'autre part, il n’y a point à se dissimuler que le germe.

typhique en suspension dans les urines des éberthiens trouve des occasions de propager la fièvre typhoïde, par voie de contagion directe, par contact. Ces occasions lui sont offertes surtout dans le milieu hospitalier. Sont particulièrement exposés à ce genre de contagion, les infirmiers et infirmières qui manipulent les récipients dans lesquels sont recueillies les urines des typhiques ou des convalescents qui relèvent d’une atteinte de fièvre typhoïde. Il y a environ deux ans, le prof. Achard (1), a précisément communiqué à la Société médicale des

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hôpitaux un exemple de contagion hospitalière survenue chez un infirmier chargé du transport des urines typhiques au laboratoire d'analyse. Il a fait valoir aussi que la miction au bain étant fréquente, chez les dothiénentériques traités par la balnéation froide, l'eau des baignoires pouvait également servir de véhicule au bacille d'Eberth et concourir à la propagation de la fièvre typhoïde par contact. Il y aurait également lieu de se préoccuper, au point de vue de la propagation possible de celle maladie, des analyses d’urines provenant de typhiques, ce sur quoi le D' Remlinger (47) a tout particu- Hèrement insisté, dans le courant de l’année dernière. Enfin, chose bizarre, il n'est pas jusqu'aux bidons, en usage dans l’armée, qui ne soient exposés à être conaminés par les urines des éberthiens, et qui peuvent ainsi concourir à la propagation de la fièvre typhoïde. C'est, du moins, ce qu'a soutenu naguère le D' Bonnette (5), qui, par la même occasion, nous a initié à certaines habitudes, en usage dans les casernes : En hiver, par les grands froids, il arrive que des soldats, pour s'éviter la peine de descendre jusqu'aux baquets destinés à recueillir les urines, n'hésitent pas à transformer leurs bidons en urinaux !

Nous exposerons plus loin les déductions prophylactiques qui sont à dégager de ces notions relativement

récentes concernant la bactériurie éberthienne.

Déductions prophylactiques

La preuve étant ainsi faite, du rôle que jouent les porteurs chroniques du bacille d'Eberth dans la propagaion de la fièvre typhoïde, il convient d'examiner quelles déductions prophylactiques comporte cette notion, relativement nouvelle, car elle date de quelques années seulement.

Il s’agit, somme toute, chez ces bacillifères éberthiens, d'un microbisme latent, que seul, l'examen bactériologique des gardes-robes ou des urines peut nous dévoiler. Tout au plus certains renseignements anamnestiques pourront-ils nous mettre sur sa piste. En effet, on soupconnera plus volontiers son existence chez les sujets qui, susceptibles d'avoir propagé le contage physique, ont eu, précédemment, la fièvre typhoïde, ou ont présenté des accidents en rapport avec la lithiase biliaire. Dès lors, un premier point à trancher est celui-ci :

a) Dans quelles circonStances y a-t-il lieu de se préoccuper de la recherche des bacillifères éberthiens ? — C’est, d'une part, quand on se trouve en présence d’un habitat restreint, miaison, ferme, asile, prison, où, de-

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