NUE
CU Mie puis un temps plus ou moins long, des cas de fièvre ty-
phoïde sont apparus, à des époques plus ou moins espacées, et sans que les mesures communément prises en pareils cas aient remédié à cet état de choses. La première de ces mesures vise l’eau servant aux usages domestiques. À supposer donc que, dans les circonstances spécifiées à l'instant, l'examen bactériologique ait démontré l'absence du bacille d'Eberth dans l'eau dont se servent les habitants des locaux incriminés. À supposer qu'il soit établi que d’autres habitats, dont les occupants ont usé de cette même eau, ont été épargnés par la fièvre typhoïde — le cas pourra se présenter, par exemple, pour les differents pavillons d'un même asile. L'obligation s'imposera de rechercher si, dans ces « nids à fièvre typhoïde » comme les a appelés le prof. Launois (34), le contage de cette maladie n’est pas entretenu et excrété par quelque bacilhfère éberthien, dont le séjour, dans l'habitat contaminé, remonte à un passé déjà lointain. Cette recherche donnera lieu à une enquête qui, souvent très délicate à mener, ne pourra abouir qu'avec la collaboration d’un laboratoire outillé en conséquence.
Un autre cas peut se présenter ; c'est celui où la fièvre typhoïde sévit à l'état endémique dans une même rue, dans un ou plusieurs quartiers d'une ville, plus rarement dans un ou plusieurs villages voisins. Le nombre des personnes atteintes est peu considérable, quand on ne considère qu'une période de temps relativement courte. Que si l’on additionne les cas survenus, dans un
périmètre limité, en l’espace de quinze ou dix-huit mois, de deux ans, on arrive à un total assez important. Or, toutes les recherches faites en vue de justifier le soupcon, conçu d’abord, d’une origine hydrique de ces cas de fièvre typhoïde, n'ont abouti qu'à un résultat négatif. Les divers mesures prises en vue de supprimer la contagion éventuelle par l'eau n'ont pas empêché la fièvre tvphoïde de faire de nouvelles victimes, dans, cette même rue, dans ce quartier, dans ces mêmes villages. En ce cas, les questions suivantes devront se poser à l'esprit du médecin :
Les personnes qui ont contracté la fièvre typhoïde, dans les conditions susdites, n’avaient-elles pas bu du lait non bouilli? Quelle était la provenance de ce lait?
A supposer que la première question se résolve par l’affirmative, et qu'il se fasse voir que la plupart ou un grand nombre des malades enquêtés se procuraient leur lait chez plusieurs fournisseurs s’approvisionnant aux mêmes sources, dans des fermes ou dans des exploitaions laitières plus ou moins éloignées. Il y aura lieu de rechercher la présence éventuelle des bacilhifères éberthiens, parmi les personnes, qui, dans ces lieux de production, sont employées à la traite, à l'embouteillage et à l'expédition du lait.
Les faits publiés par différents observateurs et dont nous avons rendu compte plus haut, démontrent à quelles intéressantes révélations peuvent aboutir les enquêtes de cette nature et de quelle utilité peuvent être les
mesures de prophylaxie, qu’elles imposeront nécessairement. Ces mesures seront de deux ordres :
Les unes se borneront à de simples avis, donnés aux intéressés, et leur prescrivant de faire bouillir le lait desné à l'alimentation et utilisé comme tel, sous n'importe quelle forme. Cette recommandation s'applique bien entendu à la crême ;
Les autres tendront à préserver le lait de toute souillure par le bacille d'Eberth, aux lieux de production et d'expédition. C'est-à-dire qu'on exigera, si possible, qu'il soit interdit aux bacilhfères éberthiens, de prendre part à la traite des vaches, à l'embouteillage du lait, au nettoyage des récipients, et, d’une façon générale, à toute manipulation qui pourrait entraîner la contamination du lait.
Restent les mesures à prendre vis-à-vis des porteurs chroniques du bacille d'Eberth.
b) Mesures de prophylaxie s'adressant aux porteurs chroniques du bacille d'Eberth. — La première de toutes consiste dans l'isolement des bacillifères. En principe, cette mesure s'impose, et des faits, en assez grand nombre déjà, démontrent son utilité. Dans la pratique, sa mise en vigueur n’est pas toujours facile, elle peut même être irréalisable, dans la clientèle civile (b). Aussi
(b) La difficulté sera particulièrement grande, à la campagne, lorsqu'il s’agit d’une endémie typhique qui englobe un certain nombre de villages. Cependant une expérience d'isolement a été tentée dans ces conditions, au cours de l’enquête dont le compte rendu détaillé a été publié par Frosch (21). Elle a porté sur quatre
bien, en l’état actuel de notre législation, il n’est au pouvoir de personne d'imposer l'isolement à un porteur chronique du bacille d'Eberth, qui se refuse à cette mesure. En ce cas, il ne reste plus au médecin qu'à ouvrir les veux de l'intéressé sur les dangers de contagion typhique, qu'il fait courir aux personnes de son entourage habituel, ou susceptibles de subir son contact. Le devoir étroit du médecin sera de renseigner le bacillifère sur les précautions qu'il lui serait indispensable de prendre, pour supprimer ou réduire ces dangers de contagion : lavage des mains, après chaque défécation ; autant que possible recueillir les déjections dans un récipient spécial, et les désinfecter avant de les jeter. Voilà des mesures qu'il ne sera pas toujours facile de faire mettre en pratique, dans certains milieux sociaux. Enfin, il ne négligera pas d'attirer l'attention des intéressés sur les dangers auxquels ils sont exposés personnellement, du fait de leur microbisme latent ; on leur représentera qu'ils courent les chances de contracter une cholécystite ou une angiocholite infectieuse, voire même une septicémie typhique. Ce sera sans doute le meilleur moyen de les déterminer à se faire débarrasser de
villages voisins, où, depuis des années, la fièvre typhoiïde sévissait à l’état endémique Parmi les habitants de ces quatre villages on en découvrit 73, la plupart des enfants (70 0/0), qui étaient porteurs du bacille d'Eberth. On les isola dans des baraquements édifiés au centre des villages, et on prolongea leur isolement jusqu’à ce que des examens répétés eussent fourni la preuve comme quoi leurs déjections ne recélaient plus le bacille typhique. Du même coup la fièvre typhoïde cessa de faire de nouvelles victimes, dans les quatre villages en question.
leur infection éberthienne latente. Nous croyons devoir mentionner, à ce propos, que des exemples d’auto-infecon survenue chez des bacillifères éberthiens ont été publiés par Lévy et Kayser (35 bis), par Kamm (26). Dans les asiles, dans les prisons, dans les aggloméralions fermées, soumises à une réglementation appuyée par la contrainte, l'isolement des bacillifères éberthiens devra être adoplé comme une mesure de rigueur. Disons à ce propos qu'en France la direction du service de santé muitaire a fait adopter par l'autorité compétente une réglementation qui consacre cette conduite, dans les hôpitaux de l'armée. Nous reproduisons en note, les principaux articles qui s'y rapportent (c).
(c) 1° Application des précautions fondamentales réclamées pour toutes les maladies infectieuses :
Prompte hospitalisation des malades.
Isolement aussi rapide que possible et mise en observation des suspects.
Surveillance des voisins de lit.
Fréquentes visites de santé.
Désinfection des excréta, de la literie, des vêtements, du linge, des locaux contaminés.
Propreté minutieuse et désinfection des latrines, des urinoirs et de leurs abords, etc.
2° Surveillance attentive des eaux d’alimentation, qu'elle qu’en soit l’origine.
Analyses bactériologiques tous les quinze jours.
Instruction des hommes au moyen de conversations ou conférences faisant ressortir les dangers auxquels ils s’exposent journellement en buvant de l’eau non potable à l’intérieur ou en dehors des casernes.
3° Surveillance du lait débité dans les cantines et dans les coopératives.
Comme ce liquide est facilement et dangeureusement adultérable, soit par l’eau qui sert à le mouiller, et à laver les récipients, soit par les mains des personnes qui le manipulent,
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Il ne suffit pas d'isoler les porteurs chroniques du bacille d'Eberth ; il faut aussi se préoccuper de les débar-
il y aurait intérêt à ce qu’il ne soit livré au consommateur qu'après ébullition.
4° Lavage à grande eau des légumes destinés à être consommés crus. En cas d’épidémie suppression de ces légumes dans le menu des ordinaires et interdiction de leur mise en vente dans les cantines.
Mesures visant plus particulièrement la contagion inter humaine.
5° Afin d'éviter la contamination par des sujets porteurs de bacilles, maintenir à l’hôpital, les malades atteints de fièvre typhoïde jusqu’à ce que l’examen bactériologique des selles et des urines ait démontré l’absence du bacille d’Eberth dans les excrétions.
Si un typhoïque guéri, mais porteur de bacilles, est autorisé à sortir de l’hôpital par tongé de convalescence, il sera dûment averti des dangers que son état peut encore faire courir à son entourage et une instruction écrite lui sera remise pour indiquer les précautions à prendre en vue de les éviter.
6° Tout militaire qui, ayant été atteint de fièvre typhoide, rentre à son Corps après un congé de convalescence, sera soumis à un examen dans le but d'établir s’il est encore porteur du bacille d'Eberth. Dans le cas de l’affirmative, un nouveau congé lui sera délivré jusqu’à ce qu’il cesse d’être un danger possible pour la collectivité. D’une manière exceptionnelle des sujets restent porteurs de bacilles d’'Eberth pendant plusieurs années consécutives; l’intérêt général justifiera au besoin Îa ‘présentation de ces hommes, à la Commission de réforme,
7° Les militaires ayant été atteints de fièvre typhoïde ne seront après leur rentrée au corps, jamais utilisés à la cuisine, dans les mess, les cantines, c’est-à-dire dans les emplois où
ils auraient à manipuler des aliments.
8° En temps d’épidémie et en tout foyer épidémique, il sera procédé avec grand soin, dans les unités du régiment atteint et dans les hôpitaux qui reçoivent les malades, à la recher-
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rasser au‘plus vite de l'hôte bactérien qui peut devenir malfaisant pour leur propre personne et, plus souvent
che des formes atypyques de l'infection typhoïdique. Tout militaire traité vour une affection de caractère indécis, pouvant faire suspecter la possibilité d'une infection à bacille d’Eberth, sera l’objet d’un examen minutieux (séro-diagnostic, hémo-culture, ensemencement des selles) propre à fixer le diagnostic.
Les sujets reconnus atteints de ces formes anormales seront isolés à l’hôpital au même titre que les typhoïdiques avérés et après guérison, soumis aux mêmes mesures.
9° Les voisins de lit des malades qui auront été hospitalisés pour fièvre typhoïde seront l’objet d’une vigilante attention de la part des médecins des corps de troupe, même si leur état de santé ne laisse rien à désirer, car du fait même de la cohabitation, ces sujets peuvent recueillir le germe de l’affection et devenir aussi des porteurs ignorés de bacilles, qu’il importe de dépister.
10° Lorsque des circonstances paraîtront établir que des cas successifs de fièvre typhoïde se produisent autour d’individus sains, il y aura lieu de considérer ces derniers comme des porteurs possibles de bacilles et de faire procéder à l’exament de leurs excreta.
Mesures à prendre à l’arrivée du contingent.
Lors de l’appel du contingent, s’il existe une épidémie diffuse de fièvre typhoïde dans un corps de troupe, il conviendra suivant les circonstances, de faire surseoir à la convocation des recrues affectées à ce régiment, ou de les diriger sur une autre garnison du corps d'armée encore indemne.
S’il n'existe que quelques cas localisés, on devra éviter de répartir les jeunes soldats dans les locaux occupés par les unités contaminées, afin de les préserver contre les chances d'infection qu’ils risqueraient de subir du fait de leur réceptivité spéciale bien connue. Dans la mesure ou l'assiette du casernement le permettra, on affectera, provisoirement, aux nouveaux incorporés, des chambres, des latrines, des ré fectoires qui ne soient pas communs au reste de la troupe. Cet
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encore, pour autrui. De quelles ressources disposons-
nous pour atteindre ce résultat ?
isolement relatif prendra fin vingt jours après la constatation du dernier cas de fièvre typhoïde, et lorsque les mesures de prophylaxie générale auront été prises dans le casernement à occuper. Ces indications sont forcément d'ordre général; elles ne sauraient donc viser tous les cas d'espèces pour lesquels la solution peut varier avec les nécessités locales, les ressources du casernement et des circonstances dont l’appréciation appartient au commandement.
A la visite d’incorporation, les médecins devront s’enquérir avec soin du passé pathologique des jeunes soldats afin de rechercher ceux d’entre eux qui auraient été atteints précédemment de fièvre typhoïde et de faire procéder à l’examen de leurs excrétions en vue de dépister le bacille d’'Eberth.
Mesures à prendre en vue des manœuvres annuelles et des déplacéments de troupes.
Pendant les manœuvres ou les déplacements nécessités par des exercices de tir, il arrive fréquemment que des troupes parties indemnes de leur garnison se contaminent en cours de route soit en cantonnant dans des maisons ayant abrité des typhoïdiques, soit en faisant usage d'eaux polluées. Il paraît nécessaire de subordonner à l’avenir l’occupation des localités traversées à un examen approfondi de leurs conditions hygiéniques et sanitaires. Ce soin prophylactique ne doit pas s’appliquer exclusivement à la fièvre typhoïde, mais à d’autres maladies infectieuses que le soldat recueille trop souvent.
En conséquence il prescrit que, avant l’exécution des manœuvres où des déplacements de troupes comportant séjour toutes les localités prévues par le cantonnement seront l’objet d’une enquête hygiénique conduite sur place, par un médecin militaire désigné à cet effet. Cette enquête devra recueilir auprès des médecins des épidémies, des praticiens du pays, des municipalités et des notables habitants, tous les renseignements propres à éclairer ces décisions de l’autorité militaire. Les recherches porteront sur le mode d’approvisionnement en eaux potables, et leur valeur hygiénique, sur les puits particuliers ou publics dont l’usage devra être inter-
Celles qu'on à proposées jusqu'à présent, sont d’une elficacité très problématique, voire nulle.
La diète lactée a été expérimentée sans donner le résultat voulu. On n’a pas été plus heureux avec toutes sortes de médicaments internes, et, notamment, avec les cholagogues et les laxatifs, calomel, salicylate de soude, émétine, ipocacuanha, etc., avec les antiseptiques, avec le chloroforme.
Dans ces derniers temps, Liermanx (36 bis), a publié les observations de deux bacillifères éberthiens, qui ont cesser d'excréter des bacilles d'Eberth, après avoir été mis, pendant plusieurs semaines, au régime du yoghurt.
Chez une femme, sujette, depuis des années, à des accès de coliques hépatiques, et dont les fèces recélaient des bacilles d'Eberth, ScnuLLer (50 bis), a constaté la disparition de cette excrétion bacillaire ainsi que des accidents en rapport avec la lithiase bihiaire, à la suite de deux injections d’électrargol.
D'autre part, chez une bacilifère, dont il a déjà été question et qui excrélait des bacilles d'Éberth avec ses
dit à la troupe, sur l’état sanitaire habituel de la localité, sur l’existence actuelle ou récente de la fièvre typhoïde ou de toute autre maladie infectieuse (dysenterie, diphtérie, fièvres éruptives), sur les quartiers et les maisons contaminés ou suspects dont l’oceupation est à éviter.
Le commandemeñt devra faire état de ces renseignements pour arrêter définitivement le choix des cantonnements en le subordonnant à l'intérêt essentiel de la santé des troupes
Il lui appartiendra de faire vérifier avant l’occupation des cantonnements, si aucune modification n’est survenue dans l’état sanitaire de la localité, depuis le moment ou l'enquête
précédente a été effectuée.
Lou
Le LE
urines, Irwin et Houston (26 bis), ont réussi à supprimer celle bactériurie, après trois mois de traitement, par la vaccination antityphique. R À
Somme toute, ainsi que l'a fait remarquer Conradi (10), nous ne possédons pas encore de médicament interne parasiticide, capable d’anéantir le bacille d'Eberth dans le sang du porteur chronique de ce bacille, à linstar de ce que fait la quinine, dans les cas de malaria, et l’atoxyl dans certaines formes de trypanosomiases.
Un chirurgien bavarois, le D° Dehler (14), s'inspirant de cette notion que, somme toute, chez les porteurs chroniques du bacille d'Eberth, ce micro-organisme trouve dans la vésicule biliaire le milieu propice à sa végétation et à sa reproduction indéfimies, a proposé de tarir la source de ce microbisme éberthien latent, en pratiquant le curage des voies biliaires. Il a mis ce projet à exécution, chez une femme internée dans l’hospice de Frankenthal, et dont les gardes-robes chariaient depuis longtemps des bacilles d'Eberth, malgré qu’on lui eût fait prendre des médicaments internes très variés. À travers une large incision pratiquée dans la vésicule biliaire, il retira deux calculs de la grosseur d’un noyau de cerise, dont l'un obstruait le cystique. Une fois ce conduit débouché, un flot de bile se répandit dans la vésicule. Un drain assez volumineux fut introduit dans le cystique, et son extrémité libre mise en communicalion avec un vase destiné à recueillir la bile qui s'échappait par le drain. L'incision fut maintenue béante pendant six mois environ, au moyen de tiges de laminaire
US à ; ARR
qu'on y introduisit de temps à autre. La bille recueillie dans ces conditions, en assez grande abondance (environ 140 Cc. par vingt-quatre heures), contenait, les quatre premiers jours, des bacilles d'Eberth et des colibacilles. Puis, pendant une dizaine de jours, on y trouva ie bacille typhique à l'état de culture pure. Puis, pendant des semaines et grâce sans doute aux lavages an- Uisepliques poussés dans la vésicule et dans le cystique, on ne trouva plus de traces de ce bacille, dans la bile recueulie. N'empèche qu'il fut retrouvé dans la bile et dans les fèces, six mois environ après l'opération ! Ce qui prouve l'inefficacité de celle-ci, et cette imefficacité élait à prévoir.
En effet, si chez les bacillifères éberthiens, le bacille d'Eberth trouve dans les voies biliaires un milieu propice à leur végétation, il y a lieu, d'autre part, de prendre en considération les faits qui démontrent que ces mêmes bacilles proviennent du sang, d'où ils émigrent dans la bile, douée de la propriété d'anéantr Faction microbicide du liquide sanguin. C’est donc dans les vaisseaux sanguins, et non dans les voies biliaires, que se irouve véritablement la source du microbisme latent. C'est dans le sang qu'il faudrait atteindre ce bacille pour l'anéaniir, suivant la juste remarque de Conradi. Or, ainsi que nous l'avons déjà constaté plus haut, à l'heure actuelle, nous ne connaissons pas encore de remède à l'aide duquel il nous serait possible d'atteindre ce résultat. Donc, il n’y a pas à faire grand fond sur l'interven-
tion opératoire, non plus que sur les ressources de Ta
thérapeutique interne, pour parer aux dangers de contagion typhique que font courir à leurs semblables les porteurs chroniques du bacille d'Eberth. C'est à la prophylaxie seule que nous en sommes réduits à nous adresser pour atteindre ces résultats, en tant qu'il s'agit des bacillifères éberthiens qui excrètent le bacille d'Eberth avec leurs fèces.
c) Mesures de prophylaxie visant d'une façon spéctale la bactériurie typhique. — Au surplus, cette remarque est applicable aux individus qui sont susceptibles de concourir à la propagation de la fièvre typhoïde, parce qu'ils excrètent le bacille d'Eberth avec leurs urines. Sans doute Richardson (33), et après lui Neufeld et un cerlain nombre d’autres auteurs, ont prétendu que nous possédons dans l'urotropine un remède d’une incomparable efficacité pour stériliser les urines, dans les cas de bactériurie éberthienne, pour faire disparaître le bacille de ces urines. Mais voici que, d’une part, Mahaul (50) vient déclarer catégoriquement que « l’ingestion de l'urolropine ne peut bâter la disparition du bacille d'Eberth, de la vessie des typhoïdiques ». D'autre part, Lesieur, dans son travail déjà cité, prétend avoir fourni les preuves expérimentales et cliniques de l'insuffisance de l'urotropine employée pour combattre la bactériurie éherthienne, et de la supériorité des lavages vésicaux. Déjà précédemment, Vincent, Lévy, Lumière, avaient préconisé les lavages intra-vésicaux pratiqués avec une solution de permanganate de potasse au 1/200, el
LE Re
Mahaut a témoigné en faveur de « l’action antiseptique de ces lavages ».
Oui, mais l’'objection subsiste, que nous avons déjà fait valoir plus haut, à propos de l'opération pratiquée par Dehler en vue de réaliser l’antisepsie des voies bilaires ; elle revient à prétendre ceci : Faire disparaître les bacilles d'Eberth de la vessie, dans un cas de bactériurie éberthienne, ne saurait conduire au but voulu, qui est de tarir la source de l'infection, si, du même coup, on ne fait pas disparaître ces bacilles du sang.
Aussi nous rallions-nous volontiers à la conclusion formulée par Lesieur, en ces termes : « La seule mesure de prophylaxie à la fois toujours pratique et véritablement efficace, c'est la désinfection des urines dangereuses émises, assurée à l'aide de la solution de sulfate
de cuivre à 50 %. »