PRINCES
sans oublier de mettre en évidence les multiples embüûches qu'il comporte?
Localisé et éliminé sous forme de complexes organiques au sein desquels il reste partiellement dissimulé et insensible à ses réactifs usuels, le mercure n’apparaît déjà plus lui-même avant toute intervention. Dès le premier chapitre de son beau travail si documenté, CAMBAR (32 bis) met bien en évidence la nécessité de la minéralisation préalable à toute recherche toxicologique de ce métal, en vue justement de lui rendre sa personnalité perdue au cours de ses pérégrinations dans l’organisme. Rappelant les opinions de MERGET, LEWIN et POUCHET, Dôni (49 bis), TiFFENEAU, GELMAXN et DERvIZ, il insiste sur la formation, aux dépens de l’ion CI- et des substances protéiques de l’organisme, de chloro-mercuri-albuminates ou chloro-0oxYmercuri-albuminates, complexes organiques solubles dans les liquides biologiques de l’organisme à la faveur de chlorures alcalins. Et, conclut-il, « si, dans de telles combinaisons, le Hg est dissimulé au point de vue biologique, il ne l’est pas moins dans le sens analytique. L’ion Hg++ n’est plus directement décelable au moyen de ses réactifs chimiques spécifiques sans briser la molécule organique à laquelle il est combiné. Totalement libéré, le mercure est transformé en un sel minéral soluble et désormais susceptible d’être caractérisé ou dosé avec sensibilité et exactitude ».
Le but que nous nous sommes proposé d’atteindre est de supprimer cette minéralisation, la plupart du temps effectuée à chaud, peu compatible avec la facile volatilisation du mercure et de ses sels ou, en d’autres termes, de libérer le métal du complexe organique dans lequel il est engagé, non pas en brisant cette molécule, maïs simplement en l’en séparant au moyen d’un réactif assez puissant.
Mais pourquoi cette destruction de la matière organique, qui donne d’excellents résultats pour la plupart des éléments, s’avère-t-elle si incomplètement satisfaisante dans le cas du mercure? C’est que. « vif-argent » sous forme de ces gouttelettes insaisissables qui glissent entre les deigts, il l’est plus encore en réalité que ne le laisse sunposer cette perception première. :
Déjà, sous sa forme métallique et bien plus à l’état de
sels, il possède dès la température ordinaire une tension de vapeur notable, et toute élévation de température, tant soit peu prolongée, se traduit par des pertes importantes par volatilisation. Nous n’en donnerons comme témoigage que les nombreux procédés de dosage des vapeurs mercurielles dans l’air et les quelques essais suivants :
10 cm de solution aqueuse de chlorure mercurique, renfermant 10 mg. de mercure, sont soumis aux traitements suivants et le métal restant est ensuite dosé :
Chauffage au bain-marie, 10 minutes : 8 mg. 61
22 — 20 -- 7 mg. #4 - à l’ébullition, 2 -— 8 mg. 34 — — 5 — 7 mg. 12
Or, bien que nous apparaissant fragile en tant que + matériau » vivant, la substance organique est résistante et exige pour sa destruction des actions puissantes ne se manifestant totalement qu’à une température assez élevée où le mercure, déjà passé à l’état minéral, s’empresse de satisfaire à un équilibre purement physique solide-vapeur, ou liquide-vapeur, constamment déplacé dans le sens favorable à son passage sous ce dernier état. Et le problème est d’autant plus délicat que cette démolition de la matière organique se fait au mieux, et dans la plupart des techniques proposées, en milieu acide où le mercure immédiatement salifié, trouve les conditions optima pour sa fuite subtile et peu facile à réduire. .
De tout cela résulte la seconde préoccupation qui a guidé notre travail : amener le mercure sous la forme où les pertes par volatilisation sont les plus minimes et les réduire à leur plus faible valeur, puisque théoriquement impossibles à supprimer absolument, en opérant à la température la plus modérée possible.
Si nous consultons les tables de constantes physiques, nous pouvons constater que c’est sous la forme métallique que la volatilité est minimum, et ceci nous donne dès lors le principe de la méthode que nous nous proposons de mettre au point : à partir d’un liquide complexe renfermant du mercure sous une forme quelconque, un réducteur puissant, agissant en milieu neutre ou de préférence alcalin et à température aussi peu élevée que possible, amènera l’élément sous forme de métal que nous pourrons recueillir
et doser.
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Dans une première partie, nous nous sommes attaché à l’aspect purement analytique du problème, recherchant le réducteur convenable, les meilleures conditions dans lesquelles l’employer, en opérant toujours avec des quantités relativement importantes de mercure, de l’ordre de quelques milligrammes.
Le premier chapitre, purement théorique, concerne une rapide revue des principaux procédés préconisés à ce jour, tandis que le deuxième chapitre rappelle les principales propriétés de l’ion hydrosulfite. Dans un troisième chapitre, nous nous €consacrons à l’étude de la technique que nous proposons. Enfin, un quatrième chapitre consiste en l'application de notre méthode à divers problèmes de chimie analytique : dosage du mercure dans divers composés mercuriels, surtout organiques, et à quelques préparations galéniques à base de dérivés du même métal.
La seconde partie est relative à l’application de notre procédé à la toxicologie et la biologie. Comme dans la précédente, un premier chapitre théorique rappelle les diverses solutions apportées au problème. Le deuxième, ici encore, est consacré à la partie expérimentale : modification de la technique en vue du dosage du mercure en quantités et à des concentrations très faibles. Le troisième chapitre expose les résultats obtenus avec l’urine et l’étude de quelques cas cliniques. Le quatrième chapitre a trait à l’application au sang et aux résultats obtenus dans ce domaine. Enfin, un cinquième chapitre très rapide montre l’application possible à d’autres liquides organiques et les quelques résultats obtenus.
Avant d'aborder cet exposé, qu’il nous soit permis d’exprimer toute notre reconnaissance à notre Maître, Monsieur le Professeur R. FABrE. Au cours de nombreuses années passées dans son laboratoire comme interne, puis comme chef de laboratoire, où il nous a toujours donné l’exemple du travail et de la persévérance, il a su nous faire profiter de son solide bon sens et de son impeccable érudition avec une affabilité souriante, jamais démentie. Durant les moments difficiles des années 1939-1940, il nous a manifesté
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un intérêt quasi paternel que nous n’aurions garde d’oublier et pour lequel nous ne saurons jamais assez lui dire toute notre gratitude.
Nous exprimons également toute notre reconnaissance à Monsieur Ie Professeur DELABY, qui a bien voulu faire partie de notre jury et nous a toujours accueilli avec une aimable bienveillance.
Nous assurons Mcmsieur R. CHARONNAT, maître de conférences, qui nous a toujours honoré de sa sympathie, de notre vive gratitude pour avoir accepté de faire partie de notre jury.
Enfin, nous remercions le Conseil de la Faculté qui a bien voulu nous attribuer un legs pour nous aider à la publication de cet ouvrage.