PREMIÈRE PARTIE
DOSAGE DU MERCURE EXISTANT À LA DOSE DE QUELQUES MILLIGRAMMES DANS LA PRISE D'ESSAI
Lorsque notre Maitre, le Professeur R. FABRE, nous proposa comme sujet de thèse l’application possible des propriétés réductrices de l’hydrosulfite de sodium au dosage du mercure, nous n ’envisagions que aspect purement toxicologique du problème, c’est-à-dire l’évaluation de quantités très faibles de métal diluées dans un volume important de véhicule. Ce n’est qu’au cours des premiers essais et à l'examen de la bibliographie que nous avons conçu la possibilité, par de légères variantes apportées au principe directeur, d'appliquer un procédé analogue au dosage pur et simple du mercure dans les divers produits mercuriels, chimiques ou galéniques.
Nous avons même été conduit à concevoir l’étude de cette partie analytique, plus immédiatement perceptible parce que s'appliquant toujours à ‘des quantités de métal de l’ordre de quelques milligrammes, comme une mise au point indispensable, préalable à toute application toxicologique, infiniment plus fine par suite de la réduction du matériel à évaluer.
Tout d’abord, il convient de poser nettement le problème en envisageant les différentes formes sous lesquelles le mercure pourra se présenter à nos investigations. Nous ne retiendrons pas le mercure métallique, puisque c’est la forme même à laquelle nous voulons parvenir pour le dosage final. Mais nous aurons à le considérer sous forme de dérivés, oxydes ou sels, mercureux ou mercuriques, de
LEO Te
complexes minéraux, de sels organiques, toutes formes où l’expérimentation se révèle facile parce que le mercure y possède toute sa personnalité analytique. Mais celle-ci se révèle considérablement moins marquée dans les combinaisons organiques qui sont de véritables complexes où les réactions du métal sont infiniment moins immédiates, quelquefois même tout à fait négatives. Sous une telle forme d’ailleurs, on considère habituellement deux groupes de dérivés : les semi-complexes, où le métal est uni par une seule valence à un atome de carbone, l’autre valence étant saturée par un reste minéral ou un reste d’acide organique appartenant généralement à la série aliphatique, et les complexes véritables où les deux valences se relient à deux restes carbonés, tels les diarylmercures.
Ces derniers composés sont d’ailleurs peu utilisés ct n’ont pas retenu plus longtemps notre attention. Par contre, les semi-complexes, parmi lesquels on compte un nombre important de produits médicinaux, nous ont préoccupé beaucoup plus, et c’est particulièrement en vue de déterminer leur teneur en mercure que nous avons consacré cette première partie.
En outre, nous devons mentionner les protéines mercurielles où le métal est dissimulé, mais dans lesquelles il se rapproche beaucoup de lPétat sous lequel il se présente dans les sels proprement dits, quant à la solidité de ses liaisons avec la molécule protidique.
Nous terminerons notre étude par le cas où le dérivé mercuriel, simple ou complexe, se trouve accompagné de matières inertes, comme C’est le cas dans les préparations galéniques pour lesquelles l'intérêt de notre procédé réside dans la suppression de la destruction de ces substances qui compliquent les dosages classiques applicables à un produit pur.