‹ Contribution à l'étude anatomo-clinique de la tuberculose primitive de la rateChapitre 14 sur 40 · PE UD · texte numérisé non relu

PE UD

offre ‘des différences de structure, les réactions secon-

daires, la congestion, la défense leucocytaire, la sclérose . sont de même nature chez l’homme et chez le cobaye,

mais non d'intensité semblable. Chez l’homme, l’évolu-

tion plus lente de l'infection, dans certaines formes

localisées au parenchyme splénique, permet aux lésions

secondaires de voiler les lésions primitives : ce sont

elles qui ont fait longtemps méconnaître la nature de

certaines splénomégalies chroniques. »

De cette longue étude de physiologie pathologique il résulte que le cadre des tuberculoses de la rate se trouve considérablement élargi. En dehors des différentes tumeurs parasitaires ou néoplasiques, à côté de l’agent de la syphilis, le bacille de Koch tient le premier rang dans la pathologie splénique. « Toutes ces observations récentes, dit Simon, permettent donc d'attribuer à la tuberculose un rôle beaucoup plus considérable qu’on ne le soupçonnait il y a quelques années. Il est propable qu’il est encore plus étendu et que certaines scléroses de la rate, de nature jusqu'ici inexplicable, sont en réalité dues au bacille de Koch. »

Nous allons, maintenant, donner un court aperçu étiologique de notre maladie, puis nous aborderons l'étude clinique. Nous nous efforcerons de mettre en évidence les symptômes particuliers qui, modifiant les signes généraux communs aux affections de la rate, pourront nous amener au diagnostic de tuberculose

splénique,

EE

ÉTIOLOGIE

Comme nous l'avons déjà vu, la tuberculose splénique est le plus souvent secondaire à une autre bacillose viscérale, articulaire ou osseuse. Mais, ce qui frappe surtout dans cette tuberculose secondaire, c’est qu'elle se voit en particulier chez des tuberculeux pulmonaires à l’époque des cavernes; exceptionnellement on l’a vue compliquer l’entérite tuberculeuse.Ce fait a suscité de multiples explications contradictoires ; en réalité les causes de ce phénomène sont encore ignorées.

En outre, la bacillose secondaire splénique est, avant tout, une maladie de l’enfance.« L’âge des sujets atteints, relate Besnier, est généralement peu avancé: deuxième enfance ou jeunesse, c'est-à-dire l'époque mème de la tuberculose aiguë ou multiple. Sur cinquante enfants morts tuberculeux, Papavoine a trouvé vingt fois des tubercules dans la rate, soit deux sur cinq. »

Et plus loin cet: auteur ajoute : «Chez l’adulte la proportion est beaucoup moindre et elle ne peut guère être établie numériquement que d’après la statistique

Sn.

de Louis qui déclare avoir trouvé des tubercules spléniques chez le quatorzième des sujets morts de phtisie pulmonaire. »

De même, d’après une statistique de Rülliet et Barlhez portant sur 312 malades, il résulte que 107 avaient

des tubercules de la rate, se répartissant ainsi :

Tubercules abondants. . . MAMAN Tubercules assez abondants. . . . 935 Tubercules peu abondants . . . . 57

En outre, sur 107 enfants dont la rate était tubereuleuse ces auteurs relèvent les rapports suivants d'âge et de sexe :

Garçons 18 - Filles 7 37 { Garçons 21 (Filles 16

De TANT AR2 ans 0

De’3 ans à 5 ans 4/20

s | ; Garçons 30 à 9 De 6 ans à 10 an LAPS Filles >

Æe QD ©

NZ Garçons De t4fans à 19/ans 02007010 lies

Il semble donc résulter de ces faits :

1° Que la maladie va en décroissant au fur et à mesure que le sujet avance en âge ;

2° Que l'affection frappe de préférence les jeunes garçons. |

La tuberculose primitive se recontre surtout chez les sujets adultes à peu près avec une fréquence égale pour l’un et l’autre sexe. Elle est plus rare, au contraire aux. âges extrêmes de la vie. Hess

C’est ainsi qu'on n’en a pu relever que trois cas au-

sept thentiques chez des enfants de 1 an (Coley),6 ans (Collier), 9 ans (Bruté).

Chez le vieillard où deux observations de Monneret, (homme de 67 ans), de Collet et Gallavardin (homme de 60 ans) nous ajouterons notre observation personnelle portant sur un homme de 57 ans.

L'âge le plus extrême qui ait été rapporté est celui d’un malade, vieillard de 80 ans, dont Romanow publia l'observation à la fin de 1902.

Chez l'adulte, c’est surtout entre 30 et 40 ans que se développe la maladie. Les cas qui ont été publiés furent pour quelques-uns d’entre eux vivement discutés : en effet, dans certaines de ces observations manquait le compte rendu de l’autopsie, ce qui rendait le diagnostic singulièrement hasardé, étant donnée l’obscu-

rité des signes physiques.

SYMPTOMATOLOGIE

Vouloir faire une description exclusivement clinique de la tuberculose de la rate est chose presque impossible à l’heure actuelle, du fait de la rareté des observations authentiques qui en ont été publiées.

Cependant il nous semble que l’on peut tracer les grands traits de cette affection ; le tableau que nous exposerons sera forcément un peu schématique. De plus, aucun des symptômes que nous signalerons n’est pathognomique.

C'est en se basant sur un certain nombre de faits cliniques que l’on arrivera à émettre un diagnostic de probabilité qui, grâce aux moyens de laboratoire dont nous disposons, pourra, en quelques cas, devenir un diagnostic à peu près certain.

La symptomatologie de la tuberculose de la rate se trouve exprimée par quatre ordres de faits d’importance variable que nous étudierons successivement. Ce

sont :

eg SAR

1° Les symptômes fournis par l'envahissement et l’hypertrophie du parenchyme splénique ;

2 L'examen clinique des organes sur lesquels reten- Lit la lésion de la rate, et en particulier l’examen du foie ;

3° L'étude des phénomènes généraux qui traduisent d'une part, l'infection tuberculeuse et, d'autre part, l'insuffisance splénique ;

4° Les procédés de laboratoire qui portent :

«) Sur les altérations sanguines ;

5) Sur la recherche de la spécificité tuberculeuse de la maladie.

Pour pallier à l'inconvénient d’un exposé trop schématique, nous nous baserons sur la prédominance de tel ou tel signe pour esquisser un certain nombre de formes cliniques.

Nous discuterons enfin, aussi minutieusement que possible,le diagnostic encore si délicat et si complexe, en raison des connaissances restreintes acquises à

l'heure actuelle.

Page 1