MALADIE
Comme dans beaucoup d’autres affections, on peut décrire à la tuberculose de la rate les formes aiguë, subaiguë et chronique.
Les formes aiguës sont relativement rares : on n’en connaissait autrefois dans la littérature médicale qu’un seul cas, celui de Scharoldt. La maladie en effet, évolua en moins d’un mois.
A côté de cette observation, il faut maintenant classer la nôtre, où le malade succomba au quarante-troisième jour.
La marche de la maladie est en effet absolumentidentique dans ces deux cas:c'est une fièvre élevée, un pouls fuyant et dicrote, une dyspneé intense, s’accompagnant d'un état général très grave. La lésion de la rate, facilement perceptible cependant, passe au second plan: la mort survient au milieu de l’adynamie et du délire. En somme, comme dit Bender, « ce sont des malades présentant les signes d’une granulie, à l’autopsie desquels on ne trouve de granulations que dans la rate. »
Les formes subaiguës sont de beaucoup les plus fré-
ENVI quentes. On peut en effet y ranger les observations de Coley, Moutard-Martin et Lefas, Achard et Castaigne, et l'observation toute récente d’'Olmer.
La durée moyenne de l’affection, dans ces cas, est de six à huit mois. Le début peut être marqué soit par des phénomènes généraux vagues : courbature, céphalée, vertiges : soit par l'apparition précoce de la splénomégalie. Parfois la maladie est grave d'emblée et presque dès sa phase initiale le patient est obligé de s’aliter. Dans la majorité des cas la température, n’est jamais très élevée sauf aux approches de la période terminale. Mais l’état général devient vite mauvais ; l’amaigrissement est précoce, la perte des forces rapide.
Ou bien encore, la maladie conserve une allure assez bénigne pendant les premiers mois, puis, subitement, les événements se précipitent, les symptômes s'aggravent etle malade succombe au milieu du même tableau clinique que dans la forme aiguë.
La forme chronique a été observée dans quatre cas ; la maladie est surtout alors représentée par la splénomégalie. Celle-ci reste en effet le seul symptôme dominant pendant un laps de temps très long qui, dans l’observation de Rendu et Widal, dura près de six ans. De même, chez le malade de Collet et Gallavardin, la tumeur datait de deux ans, peut-être même plus, puisque le sujet ne s’en était que fortuitement aperçu. Les symptômes fonctionnels peuvent ètre nuls et le malade en dépit de sagrosse rate, peut vaquer aisément à ses occupations. |
Après cette période de compensation survient la
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phase d’intolérance avec son cortège symptomatique : hypertrophie hépatique, douleurs, fièvre. Elle aboutit très rapidement au stade de cachexie terminale : en effet, nous voyons, d'après les diverses observations, qu'entre
le jour où le malade vient à l'hôpital et celui de la ter-
minaison fatale, il s'écoule à peine un ou deux mois.