CADRE
conditions favorables, l’'anémie, dans la/splénomégalie primitive,peut n’apparaître que très tardivement et, de ce fait, lécaractère différentiel le plus important vien à faire défaut.
D'autre part, au cours de la splénomégalie primitive, les hémorragies sont beaucoup plus fréquentes que dans la tuberculose de la rate et, tandis que les épistaxis sobservent surtout dans cette dernière affeclion, les hématémèses sont habituelles dans la première.
Nous avons vu également qu'à la phase splénique de la tuberculose massive, les urines restaient ordinairement normales, tant au point de vue quantitatif que qualitatif. Dans la splénomégalie primitive au, contraire, on observe des variations importantes dans l’excrétion urinaire : le taux de l’urée peut être tantôt de 40 à 45 grammes (Lodi), tantôt de 11 grammes (Brühl) par
vingt-quatre heures.
Dans les cas de tuberculose de la rate où l’on ne constate pas d'anomalies à la numération des globules, le diagnostic différentiel devient extrèmement difficile, d'autant plus qu’en l'absence de toute opération ou autopsie, la nature véritable de l'affection décrite par Debove et Brühl n'apparait pas clairement. C’est en des circonstances aussi délicates que l’on se trouvera bien de recourir au séro-diagnoslic et à l'injection de tuberculine. +
Il nous reste maintenant à passer en revue toute une catégorie: d’affections, d’origine encore discutée, où
le symptôme primordial consiste en une grosse rate
COR du
avec hypertrophie hépatique extrèmement légère et sans altérations ganglionnaires appréciables.
Chez l'enfant où nous avons vu la fréquence de la tuberculose de [a rate, on doit se garder de confondre cette maladie avec l’anémie infantile pseudo-leucémique. Celle-ci est d'ailleurs facile à reconnaitre, grâce à l’examen du sang. On ne tirera en effet que peu de renseignements de l'examen clinique de la rate qui donne à peu près les mêmes caractères dans les deux maladies.
Au contraire, nous savons que dans la tuberculose splénique l'hyperglobubie est fréquente ; même dans les cas où elle fait défaut, on ne constate jamais d'anémie, au sêns véritable du mot. Dans l’anémie pseudoleucémique, l'examen du sang montre toujours de l’oligocythémie et de l’oligochromémie et révèle en outre :
Soit de la leucopénie avec prédominance relative des mononucléaires ;
Soit une légère leucocylose avec présence de quelques myélocytes et d’hématies nucléées, ainsi que l'ont décrit Luzet, Clerc et Weil.
C’est encore la numération des globules qui différencie la tuberculose de la rate de la splénomégalie avec anémie et myélémie : Il s’agitici, de cas ayant de grandes analogies avec la splénomégalie tuberculeuse. En effet, la rate peut descendre jusqu’à la crête iliaque; le foie s’hypertrophie légèrement, les ganglions, par contre, restent normaux. Mais la numération des glo-
bules montre une diminution constante et toujours très
marquée du nombre des hématies qui peuvent tomber au-dessous d’un million. En revanche, on note en général une leucocytose variant autour de 30 à 38.000. Enfin, phénomène typique, on observe d'abondantes hématies nucléées dont le nombre peut atteindre la proportion de 7 0/0. Tous ces faits ne sont jamais constatés dans la tuberculose de la rate.
Tels sont les signes qui nous permettent de reconnaître la tuberculose de la rate à son stade purement splénique. Abordons maintenant le diagnostic de la forme spléno-hépatique.
B. FORME SPLÉNO-HÉPATIQUE. — Nous signalerons, en passant, l’erreur possible avec la rate cardiaque : l’aus-
cultation du cœur suffit presque toujours pour éviter
. cette confusion.
Plus intéressant sera à différencier l'épithélioma primitif de la rate décrit sous le nom d'’épithélioma de Gaucher. Des observations récentes de Ramond et
Picou, Collier, Bovaird, Maudlebaum et Liebmann ont
montré que cette affection n'était pas exceptionnelle.
C’est là une maladie très difficile à distinguer de la tuberculose primitive de la rate. On y constate en effet une hypertrophie splénique considérable ; cette splénomégalie est régulière, totale et uniforme, ne présentant presque jamais les nodosités de la tuberculose massive. En outre, l’augmentation de volume du foie, modérée dans l'affection bacillaire, est considérable dans l’épithélioma, où l’on voit dans chaque hypocondre deux énormes tumeurs remplir presque toute la cavité abdominale. Enfin si l’ascite est rare dans la tubercu-
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