‹ Contribution à l'étude anatomo-clinique de la tuberculose primitive de la rateChapitre 32 sur 40 · partie du flanc gauche. Les autres organes, à part les veines · texte numérisé non relu

partie du flanc gauche. Les autres organes, à part les veines

du membre inférieur, ne présentent aucune altération notable.

Le cerveau et la moelle, légèrement congestionnés ne’ sont atteints d’aucune lésion macroscopiquement appréciable.

Les poumons sont indemnes de toute lésion tuberculeuse ancienne ou récente. Il existe à la base gauche un peu de pleurésie sèche au niveau de la plèvre diaphragmatique qui adhère à la base du poumon, Partout ailleurs, sauf au niveau des languettes antérieures, qui sont légèrement emphysémateuses, les poumons ne présentent aucune altération. ‘

Le cœur est un peu dilaté, il s'affaisse sur la table d’autopsie; il est abondamment rempli, dans les deux cavités, par des caillots noirâtres, ses valvules et ses orifices fonctionnent normalement ; il n’existe ni péricardite ni endocardite aiguë. Vide de tout caillot, il pèse 310 grammes,

Le tube digestif, examiné d'une extrémité à l’autre, montre, par places, une vascularisation exagérée, mais nulle part d'ulcérations ni de lésions tuberculeuses ou cancéreuses.

Le foie est gros, pèse “1.800 grammes : il est gorgé de sang et présente à la coupe l’aspect typique du foie muscade, Histologiquement d’ailleurs, ce n’est autre chose qu’un foie cardiaque avec stase sans sclérose. !

Les reins sont augmentés de volume et de poids : le droit pèse 180 grammes, le gauche 140, Ils sont l’un et l’autre fortement congestionnés, ils se décortiquent très bien. Histologiquement, lescapillaires sont distendus par des hématies qui n’ont pas diffusé dans le tissu interstitiel; les cellules des tubes contournés sont comme abrasées, se colorant très mal et sans réaction élective pour le noyau. En certains points, on trouve dans les tubes des boules épithéliales, dues sans doute à une

desquamation ‘des tubes contournés.

Les veines du membre inférieur sont des deux côtés oblitérées par des caillots très longs, Le système veineux, enlevé dans'son ensemble par segments, et mis dans du formol, n’est examiné que le surlendemain, On put constater alors la présence d'un caillot adhérent au niveau de la veine iliaque primitive, En rapport avec ce caillot existaient des lésions très nettes de la face externe de la veine qui était très épaissie, surtout par Sa paroi interne dont les végétations avaient pénétré le caillot. Du côté du cœur, il existait un prolongement libre du caillot. allant se terminer dans la veine cave inférieure en regard de embouchure de la rénale droite. Dans les veines des membres le caillot se continuait jusque dans la poplitée et se terminait à droite à la partie supérieure, à gauche à la partie antérieure de ce vaisseau, Des recherches, faites dans le but de découvrir le microbe générateur de cette phlébite, ont été mfructueuses.

La rate, volumineuse, pèse 1 kg. 250; elle n'est pas adhérente au péritoine ni aux organes voisins; cependant elle n’a pas quitté sa place dans la coupole diaphragmatique, qu’elle repousse méme légerement en haut. L'aspect extérieur de la rate est tout à fait spécial et ne ressemble en rien à celui qu’on constate au cours des cirrhoses du foie,

Ce qui frappe, au premier abord, c’est l'existence sur toute la surface de l'organe, d’une série de bosselures dont les plis volumineuses ont la grosseur d’une noix, tandis que les plus petites ont le volume d’un grain de millet. A la coupe d’une de ces bosselures, on constate qu’elles sont mollasses, non diffluentes, mais donnant beaucoup de suc par râclage ; leur couleur est d’un gris cendré, ne ressemblant en rien comme aspect à la substance caséeuse. La coupe totale de la rate montre

d’ailleurs que l'organe tout entier a l’aspect d’une des bosse-

lufes, avec cette particularité cependant que l’on note, en certains points, des travées qui semblent plus résistantes que le reste du tissu, si bien que la rate semble formée d’une série de lobules semblables à ceux que nous avons décrits, séparés les uns des autres par des bandes de-tissu plus résistant. Les ganglions situés au niveau du hile de la rate ont le même aspect grisâtre, ressemblant à s’y méprendre à des parties aberrantes de cette rate anormale.

L'examen histologique a porté sur les bosselures, sur les zones qui les séparent et sur les ganglions. Les coupes pratiquées dans les parties grisàtres, ainsi que celles qui ont porté sur les ganglions, présentent un aspect histologique un peu différent selon les points ; mais, d’une façon générale, on trouve partout des éléments mortifiés que les réactifs colorent

£ U très mal.

C’est le picro-carmin, après action pendant vingt-quatre heures qui nous a donné les meilleures élections ; 1l met bien en relief l’existence de fibrilles colorées en rose, réprésentant des tractus conjonctifs'; entre ces fibrilles, on voit des cellules arrondies sans noyau, mais remplies de granulations ; de place en place’ on trouve des débris de globules rouges infiltrés dans le tissu. Nulle part, dans ce tissu mortifié, on ne trouve de vaisseaux sanguins ni lymphatiques.

En somme, dans toutes les zones grisâtres de la rate et dans les ganglions, on a partout l'aspect général de la nécrose totale de coagulation. | 5

Dans les zones intermédiaires aux bosselures nous avons

trouvé, en de nombreux points, l'aspect histologique de la rate

normale : cependant nulle part les glomérules de Malpighi

n’apparaissaient htfement: Les tractus fibreux sont plus déve-

loppés qu'à l’état normal : il existe par places de larges zones

d'infiltration hémorragique récente ; les vaisseaux sont épaissis,

“mais non oblitérés. En multipliant les coupes, nous avons fini par trouver dans les bandes fatérfobulaires des follicules tuber- culeux typiques ; à l'intérieur ou à proximite des travées conjonctives qui dissocient les cellules spléniques se trouvent des RE cellules géantes avec de nombreux noyaux et nous avons pu y

colorer quelques rares bacilies par la méthode de Ziebhl.

OBSERVATIONS

Deuxième groupe d'observations.

B.— TYPE SPLÉNIGO-HÉPATIQUE.

Observation VI

Corex (Zransac. of the Pathol. Soc London, 1846, I, p. 276) (résumé) (cité par les différents auteurs sous le nom de Coby).

Un enfant cachectique, âgé de 1 an, entre à l’hôpital avec une très grosse hypertrophie de la rate ; il a également une voussure. L'enfant est d’un appétit vorace: sa mère, qui le | nourrit, est de constitution scrofuleuse. Un mois après son admission apparaît de l’ascite et de l’œdème des membres inférieurs ; ganglions inguinaux hypertrophiés : taches de purpura. Fréquents accès de syncope, Foie très gros. Mort huit mois après son admission.

Autopsie. — 500 grammes d’ascite séreuse jaunâtre. Rate de couleur foncée, tachetée d’innombrables pétéchies sous-capsu-

laires; elle pèse 11 onces et adhère au pancréas qui est dur

mais d'aspect normal. Gros foi: jaunâtre. Gares mésentériques hypertrophiés. Les reins Jaunâtres sauf les parties centrales congestionnées. Au microscope on voit de la graisse dans le \ rein et le foie. Péricarde renfermant 1 once 1/2 de sérosité, quelques ecchymoses, Poumons sans tubercules: quelques ecchymoses ; 200 grammes de sérosité dans chaque plèvre.

(L'auteur oublie de dire qu'il y a des tubercules dans la rate,

bien que le titre de son travail le comporte.)

Observation VII

Rexou gr Wipar. Splénoméqgalie tuberculeuse sans leucémie avec hyperglobulie et cyanose (Bull. Soc. médic. des Hôpit.

Séance du 2 juin 1899, page 529).

L'homme sujet de notre observation, gardien de la paix de son état, n'était ni paludéen, ni syphilitique, ni alcoolique; son père et sa mère vivaient encore et jouissaient d’une excellente santé, il y a quelques mois ; lui-même n’a jamais été malade, ni dans son enfance ni dans sa jeunesse. En 1883, il a été pris, dit-il, pendant un mois, de vomissements survenus sans cause, En 1885, il a eu une blennorrhagie bénigne dans ses symptômes ét son évolution et qui n’a pas été accompagnée de la moindre complication. En somme, le terrain excellent, vierge pour ainsi dire de toute tare.

En 1886, le malade a vu débuter quelques accidents qui l’ont amené à venir réclamer nos soins. A cette époque, l’hypochondre devient le siège d’une sensibilité vague, d’une gène, surtout lorsquele malade boucle son ceinturon. Le malade éprouve, en

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outre, de la pesanteur dans l'abdomen et ressent une douleur sourde et profonde au moment d'un effort brusque.

Peu à peu les phénomènes s’accentuent. Quand le malade monte un escalier, sa respiration devient courte et douloureuse et quelquefois il est pris d’un point de côté fugitif. En 1888 seulement il s'aperçoit qu’une grosseur s’est développée dans le côté gauche de l'abdomen, et que cette région est devenue douloureuse à la palpation. En outre, le ventre commence, à devenir tendu et son gonflement n’a aucune relation avec le moment du repas.La température reste normale et l'oppression n'est que passagère.

Depuis 1888, le malade a ressenti quelques poussées douloureuses et a souffert à plusieurs reprises de points de côté.

C’est pour un de ces points de côté qu'il entre à l'hôpital Necker, salle Saint-Charles, le 27 mars 1892. Il se plaignait avant tout, à son entrée, d’un point de côté intercostal, dont les douleurs, très pénibles pendant l'inspiration, s’irradiaient à gauche. La toux était sèche, rare et sans expectoration. L'examen de la poitrine décelait de la submatité au niveau du quart inférieur du poumon gauche, une respiration faible, entremélée à ce niveau de quelques räles sous-crépitants et de quelques frottements pleuraux, |

Il suffisait de découvrir le malade pour constater une voussure considérable au niveau du côté gauche de l’abdomen. Le ventre était divisé en deux régions bien distinctes : une droite, plate et même déprimée ; une gauche, surélevée et même bombée. Les deuxièmes côtes étaient même un peu écartées du côté gauche.

A la palpation, on sent une tumeur s'étendant du diaphragme

à la crête iliaque. Cette tumeur a la forme ovoïde, allongée, à

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