‹ Contribution à l'étude anatomo-clinique de la tuberculose primitive de la rateChapitre 33 sur 40 · LÉ RE PRES · texte numérisé non relu

LÉ RE PRES

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grand diamètre vertical. Sa surface est lisse et sa consistance est dure et ligneuse. La région, même à la palpation, ne présente plus la moindre trace de sensibilité. Rappelons que quelques années auparavant, au moment où la tumeur commençait à se développer, la région était au contraire d’une sensibilité exquise spontanément ou à la pression. Peut-être ce symptôme, à cette époque, marquait-il le développement d’une péritonite

adhésive entre la rate et le diaphragme.

En avant, il suffit de déprimer la paroi ombilicale par la palpation pour toucher un bord net, mousse et arrondi, présentant vers le milieu de sa hauteur une encoche qui est évidemment le

hile de la rate.

La percussion dénote une matité s'étendant de la septième côte gauche à la crête iliaque du même côté, soit sur une hauteur de 30 centimètres. En arrière, la matité se confond avec celle du rein, Malgré la présence de cette tumeur abdominale énorme, on ne constate ni ascite, ni développement des veines collatérales. On note seulement un peu de varicocèle à gauche. Aucun symptôme cardiaque ni hépatique. Les digestions sont lentes et pénibles; depuis quelque temps, le malade est pris de vertige.

Le.malade a le teint rouge, vultueux, il n’a nullement le teint terreux et jaunâtre d’un paludéen.

L'examen du sang, pratiqué une première fois par M. Lion, décèle 6.200.000 globules rouges et 6.000 globules blancs par millimètre cube. Il y avait donc hyperglobulie et absence de

leucémie, Deux examens ultérieurs, pratiqués pendant le séjour

du malade à l'hôpital, ont fourni les mêmes résultats,

La composition de l’urine était à peu pres normale, Nous

avons noté cependant une légère quantité d’albuminurie. Voici

le résultat d’une analyse :

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Dès cette époque on porte le diagnostic d'hypertrophie essen- Lielle de la rate et l’on pense qu’au point de vue anatomique on est en présence d'une rate congestive et fibreuse, A la suite de quelques interventions locales, la rate diminue de 5 centimètres en hauteur et de 3 centimètres en largeur. Malgré la diminution de volume, la consistance de l'organe ne change pas et reste scléreuse.

La santé générale s'améliore suffisamment pour que le malade quitte l’hôpital et reprenne sa profession pendant près de deux ans environ.

Le 5 septembre 1894, le malade, exténué, entre de nouveau dans le service. Au moindre effort, il éprouve de l’essoufflement. La température, le jour de l'entrée, était à 3992 ; le lendemain, elle était normale. Le pouls est à 120.

La peau présent: une légère teinte subictérique marquée surtout à la face et au niveau des conjonctives. Elle offre en outre, dans, sa totalité, la coloration brunâtre des états cachectiques assez semblable à celle présentée par les individus qui ont absorbé du nitrate d'argent. Quelques taches blanchâtres et pig-

mentaires sont disséminées sur la face.

Le masque pigmentaire s'arrête net au niveau du cuir chcvélu. Les cheveux sont très minces, Sur toute la surface du corps et surtout au niveau des membres inférieurs et du flanc gauche on voit de nombreuses varicosités représentées par de petites veines bleuâtres. Absentes au niveau des mollets, elles sont très marquées au niveau de la face externe des jambes et de la face antérieure des pieds ; de grands lacis veineux serpentent sur la face postérieure des cuisses. On retrouve sur les parties latérales et dorsales du thorax quelques varicosités discrètes remontant même Jusqu'au niveau des clavicules. À gauche on note toujours l'existence d’un gros varicocèle.

Il nous faut maintenant insister sur les signes de cyanose présentés par le malade et sur les altérations de la muqueuse linguale.

La cyanose est des plus marquées au niveau de la face, des doigts, des orteils, et d’une façon générale au niveau de toutes les extrémités.

Les pommettes, surtout la gauche, sont bleuâtres, violacées et leur coloration tranche nettement avec la teinte jaunâtre du reste de la face.

Le bout du nez, les deux oreilles, les lèvres, le gland présentent cette même coloration violette Intense, qui disparaît facilement à la pression, pour se reproduire immédiatement après.

Les doigts présentent la même teinte violette marquée surtout au niveau des e xtrémités. La face inférieure des phalanges est violacée dans sa totalité et la face unguéale présente une teinte cyanique tout à fait caractéristique. Les doigts ne sont pas en spatule, la face palmaire des annulaires est pourtant un peu

augmentée de volume. La peau est mince au niveau de ces

faces palmaires, brillante, et se plisse facilement sur les os

sous-jacents.

Les extrémités sont chaudes au toucher.

Les orteils présentent la même teinte cyanique. Les phalangés du gros orteil, surtout celles des second et troisième orteils,

sont un peu augmentées de volume.

L'examen du sang, pratiqué par M. Vaquez, donne les résultats suivants : globules rouges : 5.250.000 ; globules blancs : 4.500. Les globules rouges sont angmentés de volume; mesurés par la méthode de M. Malassez, ils donnent 8,7. Pas de globules à noyau, pas de modification dans :a quantité proportionnelle des

diverses espèces de leucocytes.

Depuis six mois le malade présente sur la langue, les gencives et les lèvres des altérations d’un caractère tout particulier.

Ces altérations sont survenues, dit-il, à la suite d’une grippe et au moment où son état général commencait à s’aggraver. La

langue est douloureuse au point que le malade ne peut plus

avaler d’aliments ou de liquides un peu irritants ; elle est

tuméfiée, complètement décapée, vernissée, lisse, écarlate, et

on ne voit plus à sa surface de saillies papillaires ; elle est sèche el noirâtre sur la ligne médiane. Sur les bords de la langue, on remarque de petites ulcérations superficielles et quelques ragades ; sur sa moitié postérieure,on observe des ragades profondes

longitudinales et surtout transversales.

Le bord libre de la lèvre supérieure est rouge et fissuré.

Quand on soulève cette lèvre, les dents apparaissent déchaussées:

et les gencives suppurantes et fongueuses. Sur la face interne de cette lèvre sont semées quelques ulcérations blanchâtres, gros

ses comme une tête d’épingle. La face interne de la lèvre infé-

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