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rieure ne présente pas d’ulcérations, mais de la rougeur et des fuliginosités.
En examinant l'abdomen, on est frappé par la vue d’une saillie très proéminente dans tout le flanc gauche. A la palpation on peut circonscrire facilement cette tumeur, qui est formée par la rate elle-même. Sa consistance est dure, ligneuse. L’organe apparait à la palpation multilobulé et surtout formé de deux lobes principaux : l’un supérieur, ayant le volume d’une tête de fœtus ; l’autre inférieur, s'étendant jusqu’au voisinage de la ligne inguinale ; ces deux lobes semblent séparés par un vaste sillon ; leur surface n’est pas complètement lisse; elle est légèrement bosselée.
La rate remplit une grande partie de la moitié gauche de l’abdomen; elle descend dans l’abdomen et son bord se tient d’abord à deux ou trois centimètres environ de la ligne blanche. Plus bas, ce bord arrive à toucher l’ombilic, puis il descend en fuyant en dehors pour s'arrêter en bas au milieu de la ligne inguinale. En arrière, la percussion décèle une matité qui remplit toute la région lombaire et le tiers inférieur du thorax du côté gauche,
D’une façon générale, la rate depuis deux ans, sembie avoir augmenté de volume, puisqu'au lieu de s’arrêter à la crête iliaque, elle descend jusqu’à la ligne inguinale,
Notons que l’organe n’est douloureux ni à la pression, ni même à la malaxation. On peut par des mouvements saccadés mobiliser quelque peu l’organe dans sa totalité.
Nous n’avons jamais pu percevoir de bruits de souffle à l’aus-
cultation de la rate.
Le foie dépasse le rebord des fausses côtes de un à deux tra-
vers de doigt. Le lobe gauche surtout semble augmenté de
ue
volume et le malade éprouve une douleur intense à la pression de la région hépatique.
On ne décèle pas la moindre trace d’ascite. La région thoracique anférieure donne un son normal à la percussion. A a base gauche, en arrière ,on perçoit la matité que nous avons signalée. A l'auscultation, on perçoit quelques sibilances discrètes disséminées en avant. En arrière et à gauche, on entend une respiration bruyante, entremêlée de frottements et derâles, à l'union du tiers inférieur et du tiers moyen, On entend également des râles dans presque toute l'étendue du poumon droit.
Au cœur, on n'entend pas le moindre bruit anormal. Les artères sont souples et le pouls esthien frappé et régulier.
Du côté de l'appareil digestif, pas de vomissement, pas de diarrhée, pas de constipation,
On prescrit au malade de la liqueur de Fowler, et comme alimentation du lait, de la limonade, des bouillons et des potages.
Les jours suivants, l’état du malade reste stationnaire.
Le 8 septembre, la température s’élève à nouveau et monte jusqu’à 39°7, Le pouls est fort et bat 120 fois à la minute, La langue paraît plus tuméfiée, surtout à la pointe. La voix est aigre, lemalade parle difficilement et accuse une faiblesse générale excessive, Les râles de la base gauche ont augmenté d’intensité et s'étendent à presque toute la hauteur du poumon.
Les matières fécales sont fortement colorées.
Le 9 septembre, le malade est devenu très dyspnéique.
On compte #4 respirations à la minute, Le pouls bat 124 fois La cyanose des extrémités est toujours aussi intense, un œdème
violacé très marqué apparaît sur la face dorsale des pieds ; on ,
entend des râles nombreux aux deux bases ; le foie paraît un
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peu abaissé,et il est toujours très douloureux à la pression, on ne trouve pas trace d'ascite.
La rate n’est toujours pas douloureuse : la langue est presque noire, sèche et fendillée. Les dents et les gencives sont recouvertes de fuliginosités. On note du myosis. Lesurines sont rares et présentent à la chaleur un léger trouble qui persiste. après l'addition d'acide acétique.
Le 16 septembre, la dyspnée augmente encore d’intensité (48 respirations à la minute) ; le pouls est toujours petit et le malade ne peut plus du tout parler.
Le 17 septembre, il succombe à 8 h. 1/2 du matin.
Aurorsie, — Elle est faite le 18 septembre 1894, vingt-six heures après la mort. A l’ouverture de l’abdomen,on ne trouve pas trace d’ascite. La tumeur splénique remplit presque toute la moitié gauche de la cavité abdominale. Elle est recouverte par le grand épiploon très épaissi et parcouru à sa surface par de grosses veinules très dilatées ayant les dimensions d’une plume d’oie. Les veines présentent en certains endroits, surtout vers la partie inférieure du mésentère, un développement tel qu’on pourrait les comparer à des varicocèles.
Rate, — A son extrémité inférieure, la rate ne présente pas d’adhérences. Par contre son extrémité supérieure adhère au diaphragme par des brides larges et anciennes. De même, la face externe de la rate adhère aux fausses côtes par des brides fibreuses de sorte que l'on éprouve de grandes difficultés à séparer et à dégager la rate des adhérences qui l'entourent. C'est surtout au niveau de la face antérieure que l’adhérence avec le grand épiploon est très intime, et il faut une minutieuse et longue dissection pour arriver à séparer le grand épiploon de la
tumeur splénique.
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Toute la partie postérieure de la rate est de même entourée Sp d’adhérences moins épaisses, il est vrai, que celles qui entourent les autres parties de lorgane.
Le rein gauche est complètement aplati par la tumeur, et
la portion d’intestin comprise dans les adhérences fibreuses est
A refoulée vers l’épine iliaque du côté droit,
D? La rate, détachée de toutes ses adhérences, pèse 3 kg 780, ne 5 Son diamètre vertical mesure 30.centimètres, son diamètre ay
‘14 transversal mesure 18 centimètres et sa circonférence 47 cent.
Les trois quarts supérieurs du bord antérieur, ou plutôt, de
la face antérieure, sont recouverts d’une plaque fibreuse de
! ÿ couleur blanc Jaunàtre.
Pa, La face postérieure est parcourue par une large bande vertix f Le: cale, fibreuse, située presque sur la ligne médiane, et par trois Mar | Ë d
autres bandes fibreuses également qui la sectionnent en autant
de lobules,
Dans les espaces laissés par ces bandes fibreuses, la surface de la rate apparaît hérissée de bosselures faites de tissu splénique et de petites saillies lardacées ressemblant à de petites lentilles.
A la coupe la tumeur présente une dureté fibreuse. Le fond est noir et la couleur est celle du tissu splénique. L’ongle s’enx. fonce difficilement et la surface de coupe ne saigne pas.
Sur le fond noir de la coupe sont disséminées des plaques ; caséeuses Jaunâtres, dont la couleur varie suivant les régions, Beaucoup de ces masses sont sinueuses et même polycycliques, 310 présentant trois ou quatre centimètres de longueur sur un centimètre de largeur ; d’autres sont plus longues encore et d’autres enfin ont la dimension d’une tête d’épingie. Entre ces deux extrêmes, on trouve toutes les dimensions intermédiaires, Au
voisinage du hile, on trouve des masses caséeuses énormes,
En résumé à la périphérie de l'organe, on observe des plaques blanchâtres, tantôt se présentant sous la forme d’épais placards fibreu x, tantôt se réduisant à une simple pellicule fibreuse. De ces plaques périphériques partent des bandes de sclérose d'âge différent, qui sillonnent tout le parenchyme. En certains points, le tissu splénique semble transformé en tissu fibreux. En d’autres régions il est farci de masses volumineuses formant parfois de véritables blocs. Notons que certaines de ces masses caséeuses présentent un centre ayant l'aspect feuille morte, tandis que la partie périphérique est caséeuse.
Ganglions. — Dans l'épaisseur du grand épiploon et en différentes régions du mésentère on note la présénce d’un grand nombre de ganglions, dont le volume varie entre celui d’un petit pois et celui d’une amande. Ces ganglions présentent à la coupe une coloration noirâtre.
Foie. — Le foie déborde les fausses côtes d’un travers de
doigt ; son lobe gauche surtout paraît augmenté de volume, I
pèse 2.680 grammes.Sa coloration est jaunâtre et 1l présente en certains points des stries foncées. La coupe est dure, l’ongle s’enfonce difficilement dans le parenchyme. La surface de section est graisseuse et de coloration jaunâtre,
Les sinus de la veine porte, la veine cave, et les veines sushépatiques sont dilatés. L’artère hépatique paraît normale,
Au niveau du hile sont massés des ganglions hypertrophiés formant un petit paquet et dont les dimensions varient entre celles d’un petit pois ef celles d’une noisette.
La vésicule biliaire est distendue par une bile noire, épaisse; on né trouve pas de calculs.
Estomac. — Il est ratatiné et en dislocation verticale. Aucune
lésion de la muqueuse ni des parois.
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Intestin, — La muqueuse de l'intestin est hyperhémiée, On note une symphyse spléno-intestinale entre la partie inférieure de la rate et le colon transverse.
Pancréas. — Le pancréas est disloqué par la tumeur, il forme en arrière une masse aplatie. La tête est hypertrophiée et dure ; à la coupe, on note la présence de quelques noyaux caséeux ayant la forme d’un petit pois.
Reins. — Le rein droit augmenté de volume, est mou, un peu violacé et présente des granulations tuberculeuses dans l'épaisseur de son parenchyme.
Le rein gauche est complètement aplati et réduit de volume. On y observe de petits kystes et les mêmes granulations tuberculeuses,
Les uretères, la vessie et les testicules sont normaux.
Poumons. — Le poumon gauche est diminué de volume ; il est splénisé dans ses trois quarts supérieurs et présente au som- : met des lésions de broncho-pneumonie jaune.
Le poumon droit, augmenté de volume, est splénisé dans toute son étendue, et présente les mêmes lésions de bronchoneumonie, probablement d'origine tuberculeuse.
La muqueuse du larynx, remplie de mucosités, paraît très hyperhémiée.
Langue. — La langue, noire et augmentée de volume, présente sur ses bords des ulcérations, et, de chaque côté de la base, des ganglions hypertrophiés. | “
Cœur. — Rien dans le péricarde.
Le ventricule gauche est hypertrophié, on remarque en outre de l'infiltration du bord de la valvule mitrale, Aucune lésion des orifices.
Aorte saine,
Cervèau el moelle épinière. — Rien.
Moelle des ds. — Couleur chocolat. Consistance gélatineusé, (ranglions lymphatiques périphériques. — Absolument nor-
Maux au niveau des aines, des aisselles et du coude.
EXAMEN HISTOLOGIQUE (pratiqué par M. F. Bezançon).
Rate, — La capsule est extrémement épaissie, transformée en un véritable tissu fibreux, d’aspect hyalin.
De sa face interne partent de grosses bandes de tissu fibreux qui s’enfoncent dans le tissu splénique sous-jacent.
Ces bandes délimitent des vastes espaces de tissu rougeâtre, semés de place en place de gros blocs blanchâtres, d'aspect caséeux, Ë |
Dans les grosses bandes de tissu fibreux, hyalin, on aperçoit des masses arrondies, caséeuses, prenant mal la matière colorante ; dans certaines de ces masses, on ne voit aucun élément cellulaire ; dans d’autres on distingue encore quelques cellules épithélioïdes déformées et même quelques cellules géantes ; dans quelques-unes, enfin, on voit la cellule géante, comme creusée directement en plein tissu fibreux, avec lequel elle semble se continuer directement, sans que l'on puisse distinguer autour d'elles ni cellules épithélioïdes, ni cellules embryonnalres.
Dans les espaces intermédiaires aux bandes fibreuses, le tissu splénique a perdu toute sa structure normale,
C'est à peine si l'on distingue quelques vestiges des corpuscules de Malpighi. à
Ceux-ci, en effet, ont été envahis par ie processus tuberculeux, et sont remplacés par ces gros blocs blanchâtres, d'aspect caséeux, dont nous avons signalé plus haut la présence dans le tissu splénique.
Cette disparition des corpuscules de Malpighi, par suite de
Rat MA
leur envahissement par le processus tuberculeux, est la règle dans la tuberculose de la rate, comme l’a montré M. F. Bezançon dans sa thèse, ;
Ces blocs caséeux sont tantôt arrondis, tantôt à contours polycycliques, par suite de la fusion de plusieurs tubercules voisins, [ls sont formés soit d’une masse nécrosée dans laquelle on ne voit aucune forme cellulaire, soit d’une masse centrale caséeuse, avec, à la périphérie, quelques débris de noyaux et de cellules épithélioïdes. Les cellules géantes y sont toujours en très petite quantité.
Quant à la pulpe splénique, elle est aussi profondément modifiée.
La lésion primordiale consiste dans un épaississement de la trame réticulée, dont les fibrilles sont épaisses, d'aspect fibreux ; entre ces fibrilles, on ne trouve plus de leucocytes, mais seulement des globules rouges ou du pigment sanguin, de telle sorte que toute la région de la pulpe est remplacée par un üssu fibroïde aréolaire gorgé de sang, presque angiomateux.
Sur certains points la sclérose est plus avancée, les travées s'épaississent, se rapprochent et tout élément figuré disparaît de
° leur intervalle ; on a alors l'aspect d’une sclérose diffuse pénicillée, rayonnant souvent autour d’une plaque ou d’une bande de tissu fibreux d'aspect hyalin. De larges territoires peuvent être le siège de cette sclérose diffuse, au niveau de laquelle on ne distingue plus rien que le squelette épaissi de la rate.
La région de la pulpe est enfin le siège d’une autre lésion bien distincte des gros tubercules caséeux.
De place en place on voit de fines granulations qui ont tous les Caractères du follicule tuberculeux. Ce follicule est consti-
tué, tantôt par un amas de cellules épithélioïdes semées de quel-
ques cellules géantes tantôt par des cellules géantes et des cellules épithélioïdes encefclées par une bande circulaire du tissu
conJonctif adulte. En certains points, le sang a envahi le folli-
cule et l’on voit à son centre quelques cellules géantes, à sa péri--
phérie une bande sciéreuse et du sang épanché dans l'intervalle.
Dans certains cas même on ne trouve au milieu d’un vaisseau qu’une cellule géante.
.L’examen bactériologique pratiqué par la méthode Ziehl et Kühne-Borrel n’a permis sur aucun point de déceler de bacilles de Koch.
Les ganglions du mésentère présentent un mélange de lésions en tout comparables à celles de la rate; nous y trouvons, en effet, à côté de masses caséeuses et de plaques de sclérose hyaline, un grand nombre de follicules tuberculeux jeunes, siégeant surtout dans la région folliculaire.
Foie. — Le foie présente surtout un mélange des lésions de dégéñérescence graisseuse, siégeant de préférence au centre du lobule et de lésions tuberculeuses. Celles-ci consistent en follicules tuberculeux élémentaires siégeant soit dans l’espace porte, soit dans le centre du lobule. Ces follicules sont souvent, comme dans la rate, entourés d’un cercle de sclérose. Il n’y a sur aucun point de masses caséeuses.
Rein. — Nous retrouvons dans le rein le double processus de sclérose et de lésions tuberculeuses signalé dans les autres viscères. Dans un grand nombre de glomérules de Malpighi, on voit le bouquet glomérulaire transformé en une masse fibreuse et hyaline ; la sclérose est aussi très marquée autour des artérioles de l'organe.
Les tubes contournés sont dilatés leur épithélium est nécrosé,
déchiqueté.