‹ Contribution à l'étude anatomo-clinique de la tuberculose primitive de la rateChapitre 6 sur 40 · HISTORIQUE · texte numérisé non relu

HISTORIQUE

« L'histoire de la tuberculose splénique, dit Besnier, est courte, bien que la lésion elle-même soit loin d’être rare. »

En effet, on ne relève aucune relation de cette maladie dans les publications des anciens auteurs. Contrairement à la règle ordinaire, la clinique a été devancée ici par l'anatomie pathologique :

C'est ainsi que l'on trouve des descriptions des tuberculoses spléniques dans l’anatomie pathologique de Cruveilher. A l'étranger, signalons les travaux de Virchow, Billroth, Carswel.

Plus tard, les travaux de Lancereaux vinrent donner un aperçu plus net sur le côté anatomique de la ques- Hion qui fut définitivement mise au point pac Cornil et Ranvier.

Tout au contraire, il faut arriver jusqu’à ces dernières années pour trouver des observations cliniques bien précises : encore, dans l’immensé majorité des cas, la cause de la maladie fut-elle une véritable trou vaille

d’autopsie. à

Cependant, il semble que Louis ait pressenti l’existence de la tuberculose splénique, comme il apert de son article paru en 1826 sur « Zes lésions de la rate. dans certains cas de mort qu'on ne peut expliquer. »

Quelques années après paraît le travail resté presque inconnu de Papavoine sur : Les tubercules considérés spécialement chez les enfants. Le premier de tous il insiste sur la fréquence de la tubereulisation splénique au cours d’autres localisations bacillaires.

Beaucoup plus tard, c’est le compte rendu de Verneuil à la Société Anatomique sur : « Les tubercules miliaires de la rate développés dans les corpuscules de Malpighi. >» Encore, dans cette relation, voit-on l’auteur douter de la nature véritable de la maladie.

La première description vraiment clinique et anatomique de la question se lit dans le Traité des Maladies des enfants, de Rilliet et Barthez.

Dans un autre ordre d'idées, Colin, en 1864, insiste dans les Études cliniques de médecine militaire sur la tuberculisation aiguë de la rate.

Plus près de nous, en 1873, nous avons le compte rendu de Liouville à la Société anatomique, sur : Un cas de tuberculose généralisée au forte, à la rate et au rein.

Mais, presque tous les anciens auteurs n'avaient en vue que la tuberculose secondaire telle qu’ils la relevaient au cours d’autopsies de pthisiques.

La notion de la tuberculose primitive de la rate est sortie des publications récentes sur la pathologie de cet organe: Dans leur article, paru dans la Revue de Gyné-

ue cologie et Chirurgie aoniiale de 1898,Quénu et Baudet ont considérablement élucidé la question, bien qu'ils l’envisagent surtout au point de vue chirurgical.

L'année suivante, en 1899, paraît l’importante relation de Moutard-Martin et Lefas à la Société médicale des hôpitaux de Paris. Dans leur compterendu, ils relatent une observation personnelle des plus probantes.

Au cours de la discussion soulevée par cet article, on entendit une communication de MM. Achard et Castaigne, puis de Rendu et Widal.

Tous ces faits sont d’ailleurs rapportés dans la thèse de Lefas, parue peu de temps après.

A l’étranger, la question a été très activement poussée, particulièrement par Romanow qui a publié une étude complète basée sur un nouveau cas.

En Italie, signalons une observation de Palumbo, dans le Policlinico; — notons enfin les travaux anatomopathologiques de l'Ecole allemande.

Actuellement, quoique toujours un peu obseure, la question a repris une ampleur encore plus grande, depuis que le professeur Dieulafoy a insisté sur Les difficultés du diagnostic entre la tuberculose de la rate et les tumeurs kystiques ou cancéreuses de cet organe.

Enfin les recherches hématologiques, l'étude des splénomégalies évoluant isolément, ou accompagnant une affection hépatique, permettent de donner une deseription clinique plus ferme, parce qu’établie sur. des bases’

scientifiques plus solides.

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